ACHAT D'UN VÉHICULE POUR L'AMÉRIQUE DU SUD

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Préparer un road trip en Amérique du Sud, c’est accepter d’entrer dans un projet qui dépasse largement le simple fait de voyager. Les paysages sont immenses, les pistes sont parfois exigeantes, les frontières ont chacune leurs règles, et le véhicule devient votre maison, votre liberté. Très vite, deux questions s’imposent à tous ceux qui rêvent de traverser le continent : acheter un véhicule en Amérique du Sud ou acheter en France puis l’expédier par bateau ?

Article publié le : 

03/12/2025

Temps de lecture : 

12 minutes

voiture au port

Table des matières

Acheter un véhicule en Amérique du Sud

L’achat d’un véhicule directement sur place est une solution qui séduit beaucoup de voyageurs. C’est souvent présenté comme la manière la plus simple de se lancer, surtout si vous ne souhaitez pas engager les frais du shipping depuis l’Europe. Sur le papier, l’idée est séduisante : arriver, acheter, aménager si besoin, et partir.

Dans la réalité, les choses peuvent être beaucoup plus complexes, car tout dépend du pays dans lequel vous achetez. Le Chili et l’Argentine sont les deux pays les plus connus pour cette démarche, mais chacun a ses propres règles, ses délais et ses limitations. Le Chili est souvent considéré comme le point d’entrée le plus flexible, grâce à une structure administrative relativement moderne, une disponibilité de véhicules correcte et la possibilité encore existante pour les étrangers d’acheter et d’immatriculer un véhicule à leur nom. L’Argentine, quant à elle, impose davantage de contraintes administratives, mais offre souvent des prix plus bas sur les modèles courants.

L’expérience prouve que l’achat sur place fonctionne bien pour les voyageurs qui souhaitent improviser, rester plusieurs mois dans un même pays ou suivre un itinéraire large sans forcément sortir de la zone Mercosur. Mais cela demande une bonne dose de patience administrative, surtout lorsque les papiers doivent être certifiés, légalisés, parfois traduits ou validés devant notaire.

Acheter un véhicule en Europe et l’envoyer en Amérique du Sud

L’autre option consiste à acheter votre véhicule en Europe un 4×4, un van, un pick-up ou un camping-car puis à l’expédier par bateau vers un port sud-américain (Montevideo, Zarate, Cartagena, etc.). Cette solution attire les voyageurs qui souhaitent partir avec un véhicule parfaitement connu, entretenu selon les normes européennes, aménagé selon leurs propres besoins et dont l’historique mécanique est clair.

Envoyer son véhicule implique un shipping, soit en RoRo, soit en conteneur. Les deux solutions ont leurs avantages, leurs risques et leurs particularités. Le RoRo est plus abordable, mais le véhicule n’est jamais totalement sécurisé. Le conteneur est plus cher, mais protège le véhicule et son contenu. À cela s’ajoutent les frais de port, les frais de douane, l’assurance maritime et les taxes éventuelles selon le port d’arrivée.

Partir avec son propre véhicule apporte un sentiment de confiance difficile à remplacer : vous connaissez sa mécanique, ses bruits, ses réactions, ses forces, ses faiblesses. Vous partez avec un aménagement pensé pour vous, avec des outils que vous maîtrisez et un espace où chaque modification a été réfléchie. Pour un voyage long, c’est un confort incomparable.

Les détails de l'achat d'un véhicule en Amérique du Sud comment cela fonctionne ?

Beaucoup de voyageurs pensent qu’acheter un véhicule en Amérique du Sud est simple, rapide et économique. La réalité est plus nuancée. En pratique, seuls deux pays permettent réellement à un étranger d’acheter un véhicule et de voyager ensuite avec : le Chili et l’Argentine. Les autres pays du continent rendent les démarches presque impossibles ou trop risquées.

Même si ces deux pays offrent des possibilités, chacun fonctionne selon un cadre légal bien particulier, avec des restrictions qu’il faut absolument comprendre avant de se lancer. Ce sont précisément ces détails administratifs, souvent oubliés qui peuvent faire la différence entre un voyage fluide et un parcours semé d’embûches.

Acheter un véhicule au Chili

Le Chili est souvent présenté comme le meilleur pays d’Amérique du Sud pour acheter un véhicule en tant qu’étranger. Et c’est vrai… mais seulement en partie. Le Chili est séduisant parce qu’il est stable, bien organisé, et qu’il dispose d’un marché automobile large et accessible. Santiago regorge de 4×4, de vans aménagés et même de véhicules appartenant à d’anciens voyageurs.

Mais avant d’imaginer repartir fièrement au volant d’un véhicule chilien, il faut comprendre la réalité administrative.

Pour acheter un véhicule au Chili, il faut obtenir un RUT (Rol Único Tributario), équivalent d’un numéro fiscal. On lit partout que le RUT permet d’acheter un véhicule. C’est vrai. Mais cela ne signifie pas que vous devenez propriétaire dans le sens où l’entendent les voyageurs européens.

Le RUT vous donne le droit :
✔ d’acheter un véhicule,
✔ de l’immatriculer,
✔ de circuler au Chili
✔ et d’effectuer certaines démarches administratives.

En revanche, il ne vous donne pas les droits complets d’un résident chilien. Vous n’êtes pas considéré comme un citoyen ni comme un contribuable classique. De ce fait, la propriété enregistrée reste administrative, mais pas absolue. Cela crée des limitations lorsqu’il faut sortir du pays.

De plus l’obtention d’un RUT au Chili est souvent présenté comme une formalité simple, mais dans la réalité, la démarche peut être bien plus complexe pour un voyageur étranger. Le RUT n’est pas délivré automatiquement : il faut fournir plusieurs justificatifs, passer par le Servicio de Impuestos Internos (SII), et surtout trouver un parrain chilien, appelé «mandatario», qui accepte de se porter garant administrativement. Ce n’est pas toujours évident, car cette personne engage sa responsabilité en cas de problème.

Face à la difficulté de trouver un mandatario local, certains voyageurs se tournent vers des sociétés spécialisées qui proposent, moyennant paiement, de devenir votre parrain chilien pour obtenir le RUT. Ces services facilitent clairement les démarches, car ils connaissent le fonctionnement du SII, préparent l’ensemble des documents et garantissent une adresse administrative valable. En revanche, cette solution a un coût non négligeable et ne remplace pas totalement la complexité du système chilien.

Lorsque vous quittez le Chili avec un véhicule immatriculé localement, vous circulez avec une autorisation temporaire de sortie. Cette autorisation n’est jamais définitive. Elle est généralement valable 90 jours, parfois 180 jours, selon le poste frontalier et l’agent qui traite votre dossier.

Cela signifie une chose essentielle : Vous devez revenir avec votre véhicule au Chili avant l’expiration du délai.

Beaucoup de voyageurs l’ignorent et découvrent la règle en pleine frontière, parfois avec un véhicule qu’ils ne peuvent ni vendre ni importer ailleurs. Cette obligation d’un retour régulier au Chili est une contrainte lorsqu’on planifie un long voyage traversant plusieurs pays.

Pour un tour du continent, cela peut devenir un casse-tête. Il faut parfois faire un détour de plusieurs milliers de kilomètres uniquement pour renouveler l’autorisation chilienne.

Acheter un véhicule en Argentine

L’Argentine est le deuxième pays le plus mentionné pour acheter un véhicule. Les prix y sont généralement plus bas qu’au Chili, surtout pour les modèles courants. Le pays possède une immense culture automobile, beaucoup de mécaniciens talentueux et une grande disponibilité de pièces détachées.

Mais administrativement, l’Argentine est nettement plus complexe que le Chili.

Contrairement au Chili, l’Argentine n’autorise pas les étrangers de passage à immatriculer un véhicule à leur nom, ce qui rend l’achat direct impossible pour un non-résident. Pourtant, beaucoup de voyageurs parviennent à acheter un véhicule sur place en passant par une procuration notariale, la fameuse carta poder. Ce document, signé devant un notaire, vous autorise à conduire le véhicule, à l’utiliser librement et à voyager dans d’autres pays du contient avec, alors que la carte grise reste au nom d’un Argentin.

Cette solution fonctionne et est largement utilisée, mais elle présente des risques importants. Le propriétaire officiel reste la personne inscrite sur les papiers, ce qui signifie que vous dépendez entièrement de sa bonne volonté. Si elle change d’avis, elle peut juridiquement récupérer le véhicule ou compliquer une éventuelle revente.  En cas d’accident grave, la responsabilité peut devenir complexe à établir, ce qui ajoute une forme d’incertitude difficile à gérer lorsqu’on investit plusieurs milliers d’euros dans un véhicule.

À cela s’ajoute une autre contrainte, la sortie du territoire argentin n’est jamais définitive. Chaque passage de frontière donne droit à une autorisation temporaire, souvent limitée à 90 jours, parfois 180 jours, mais sans aucune garantie, car tout dépend de l’agent présent au poste de douane. Une fois cette période écoulée, vous devez impérativement revenir en Argentine avec le véhicule pour renouveler les documents. Cette obligation peut bouleverser certains itinéraires et impose de garder un œil constant sur les dates, sous peine de se retrouver dans une situation administrative compliquée.

Les détails du shipping d'un véhicule vers l'Amérique du Sud

Beaucoup de voyageurs longue durée choisissent finalement l’option du shipping. Si le budget est plus élevé au départ, la fiabilité mécanique, la qualité de l’aménagement et la tranquillité d’esprit compensent largement la différence.

Le RoRo : économique mais moins sécurisé

Le RoRo permet d’embarquer le véhicule directement dans le bateau sans conteneur. Le coût est plus faible, mais certains voyageurs rapportent des vols ou des dégradations pendant la traversée. Cela dépend aussi du port de départ et d’arrivée.

Roro shipping

Le conteneur : la solution la plus sûre

Le conteneur protège le véhicule, ses accessoires, l’aménagement et tout le matériel. Il est scellé et généralement beaucoup plus sûr. Le coût est plus élevé, mais pour un voyage de plusieurs mois, l’investissement a du sens. À noter que, pour réduire les coûts, certaines compagnies proposent de partager le conteneur avec un autre voyageur.

La solution préféré des long travellers reste d’expédier son véhicule depuis l’Europe, parce que l’on part avec un véhicule maîtrisé, entretenu, testé, avec un historique clair, et souvent bien mieux équipé que les véhicules achetés sur place.

Notre choix et pourquoi ?

Pour notre projet, nous avons décidé d’expédier notre propre véhicule depuis Fos-sur-Mer jusqu’à Montevideo via Wave Logistics. Ce choix s’est imposé naturellement après de longues réflexions. Nous voulions partir pour un long périple sans faire de boucle, traverser plusieurs pays et avancer librement sans avoir à revenir dans un pays de départ uniquement pour des raisons administratives. Nous nous sommes tournés vers cette société de shipping car leur équipe parle couramment français et espagnol, ce qui a considérablement facilité les échanges.

Expédier notre propre 4×4 nous permettait également de ne pas perdre de temps sur place à chercher un véhicule disponible, de comparer des modèles ou de gérer des formalités souvent longues au Chili ou en Argentine. Préparer le véhicule en France nous offrait la possibilité de l’aménager exactement comme nous le souhaitions, d’installer les équipements indispensables pour vivre dix mois sur les routes sud-américaines et surtout de tester l’ensemble avant le départ. Nous pouvions également faire une révision mécanique complète, dans un garage de confiance, pour limiter au maximum les galères une fois sur le continent et garder tout notre temps pour profiter pleinement du voyage.

Nous sommes convaincus que le bon déroulement d’un long road trip se joue en grande partie avant même de prendre la route. En envoyant un véhicule que nous connaissions parfaitement, nous partons avec une sérénité incomparable et une vraie liberté dans la construction de notre aventure.

Conclusion : quel solution choisir pour ton projet ?

La meilleure solution est celle qui correspond à votre projet.
Si vous partez quelques mois, que vous souhaitez improviser, que vous aimez la flexibilité et que vous êtes à l’aise avec l’administration locale, acheter sur place peut être parfait. Si vous partez longtemps, si vous souhaitez un véhicule fiable, si vous voulez un aménagement durable et si vous préférez voyager en sécurité, alors acheter en Europe pour ensuite expédier votre véhicule est une option extrêmement solide.

L’Amérique du Sud offre mille manières de voyager. Le véhicule que vous choisirez et la manière dont vous l’obtiendrez influencera profondément votre expérience. Prenez le temps de réfléchir, de comparer, de vous informer. Et surtout, choisissez la solution qui vous offrira la plus grande liberté.

FAQ : Acheter un véhicule pour voyager en Amérique du Sud

Oui, dans certains pays comme le Chili ou l’Argentine, mais les démarches varient énormément selon les lois locales.

Pour un long voyage, expédier son propre véhicule est souvent plus fiable. Pour un voyage court, acheter sur place peut suffire.

Entre 2 500et 3000 € en conteneur, un peu moins en RoRo

Oui, avec un TIP obtenu dans chaque pays. (3 mois autorisé par pays)

Acheter un véhicule simple en Amérique du Sud peut coûter moins cher, mais la qualité mécanique peut varier. Le shipping est plus cher mais plus fiable.

Image de Arnaud Dargier de Saint Vaulry

Arnaud Dargier de Saint Vaulry

Créateur et rédacteur du blog Intuma

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