On se réveille après cette nuit bien fraîche et on se dirige vers le petit-déjeuner, bonnet vissé sur la tête et manteau de ski sur le dos.
Comme on le disait précédemment, il n’y avait pas de douche dans l’hôtel. À la place, les “douches” étaient en fait des thermes d’eau chaude situés dans le village. On s’y rend donc pour profiter de cette alternative assez incroyable : des bassins d’eau à 38 °C, d’où la vapeur s’élève dans l’air glacé du matin. Le contraste est fou, surtout avec le soleil qui commence à se lever. C’est un moment vraiment unique.
Après ça, on se prépare à repartir… mais le sort en décide autrement. Avec le froid, le diesel a un peu gelé et Celso refuse de démarrer. On insiste pendant près de deux heures, jusqu’à réussir enfin grâce à des pinces de batterie et l’aide de guide local.
Et on reprend la route, toujours sur cette magnifique route des lagunes, qui nous réserve encore des paysages spectaculaires.
Puis direction le Chili, vers la chaleur… et ça fait un bien fou. On est désormais à San Pedro de Atacama, et on a enfin ressorti les shorts et les t-shirts.
La route des lagunes, c’est cette piste mythique qui part du Salar de Uyuni, et file jusqu’au Chili. On nous l’avait recommandée à de nombreuses reprises par d’autres voyageurs, tous unanimes sur une chose : les paysages y sont incroyables. Et franchement, ils ne mentaient pas. On a vraiment l’impression de traverser une autre planète. À chaque virage, on en prend plein les yeux.
Le seul bémol, c’est l’altitude. Et qui dit altitude dit froid, surtout la nuit. Pour essayer de le combattre, on décide de passer la soirée dans un hôtel. Mais ici, “hôtel” est un grand mot : perdu au milieu de nulle part, sans électricité, sans chauffage et sans eau courante… donc pas de douche non plus.
Malgré tout, ça nous permet de nous mettre à l’abri du froid. La nuit, il fera jusqu’à -11 °C. On finit donc par se coucher, les étoiles plein les yeux, déjà impatients de continuer la route le lendemain.
Après une nuit entrecoupée par le froid qui parvenait à s’infiltrer jusque dans nos duvets, nous nous réveillons sans difficulté pour assister au lever du soleil. Et quel spectacle, encore une fois ! Les premières lueurs illuminent l’immensité blanche du Salar.
Après avoir admiré ce magnifique réveil de la nature, nous sortons de nos sacs de couchage, faisons une toilette de chat express, replions la tente et nous préparons à repartir. Mais une petite surprise nous attend : Celso refuse de démarrer. Le froid a mis la batterie à rude épreuve durant la nuit. Pas de panique, nous insistons plusieurs fois et, fidèle à lui-même, Celso finit par reprendre vie.
Nous prenons alors la direction de l’île Incahuasi, une véritable curiosité au milieu du Salar. Cette île rocheuse, couverte d’immenses cactus, semble surgir de nulle part au cœur de cette étendue de sel. Nous en profitons pour prendre notre petit-déjeuner sur place. Le soleil commence enfin à réchauffer l’atmosphère, ce qui nous permet de rester dehors sans avoir les mains et les pieds gelés.
Après quelques clichés, nous reprenons la route pour poursuivre la traversée du Salar, avec un arrêt photo touristique incontournable. Nous espérons que vous appréciez nos photos autant que nous avons pris plaisir à les réaliser, car nous nous sommes vraiment amusés à les mettre en scène !
Finalement, vers 13 heures, nous atteignons l’autre extrémité du Salar. Première mission : nettoyer soigneusement Celso. Avec tout ce sel accumulé, impossible de faire l’impasse. Le sel est particulièrement agressif pour la carrosserie, alors un bon rinçage au jet d’eau s’impose avant de reprendre la route.
Nous mettons ensuite le cap vers la frontière chilienne en empruntant la célèbre route des Lagunes. Mais avant cela, nous décidons de faire une halte dans un hôtel afin de récupérer de la nuit précédente, qui n’avait rien de vraiment reposant. Avec des températures annoncées autour de -5 °C, nous préférons jouer la prudence.
Malheureusement, nous découvrons rapidement qu’ici, le chauffage semble être considéré comme une option ! Heureusement, les couvertures étaient épaisses et nombreuses, car la température dans la chambre ne devait pas dépasser les 10 °C. Une nouvelle nuit fraîche nous attendait, mais au moins nous étions à l’abri du vent.
Nous reprenons la route en direction d’Uyuni pour découvrir le Salar une seconde fois, mais cette fois-ci en compagnie de Celso. Les températures ne plaisantent pas : les nuits sont négatives, alors nous avons décidé de passer une nuit sur deux à l’hôtel. Le but est de profiter de l’aventure, pas de mourir de froid !
À notre arrivée, nous réservons une nuit dans un hôtel entièrement construit en blocs de sel. Les murs, les meubles, une grande partie de la décoration : tout est fait en sel. C’est complètement fou ! Apparemment, posséder ce type d’établissement est même considéré comme un signe de richesse tant sa construction est coûteuse.
Après une bonne nuit de repos, nous avons plusieurs objectifs avant de nous lancer sur le Salar : remplir notre bouteille de gaz, faire quelques courses et acheter une nouvelle carte SD, car les nôtres commencent sérieusement à manquer d’espace. Malheureusement, nous ne parvenons pas à remplir notre bouteille de gaz faute d’un adaptateur compatible avec le système bolivien. Au Pérou, cela devrait normalement être plus simple.
Nous prenons finalement la route du Salar vers 15 heures. L’excitation est à son comble, mais nous ressentons aussi une légère appréhension. Devant nous s’étend un immense désert blanc où tous les repères semblent disparaître. Nous craignons un peu de nous perdre, mais tout se passe finalement très bien. Grâce aux cartes et aux nombreuses traces laissées par les véhicules qui empruntent les principaux axes, l’orientation reste relativement facile.
Nous revisitons quelques lieux emblématiques que nous n’avions pas forcément pris le temps d’explorer lors de notre précédent passage avec les parents de Bérénice. Nous faisons notamment un arrêt aux Escaliers du Paradis puis au célèbre monument du Dakar. Impossible de passer devant sans immortaliser Celso à ses côtés ! Mais le moment fort de la journée reste sans aucun doute le coucher de soleil sur le miroir d’eau.
Le spectacle est tout simplement sublime et irréel. Face à ces couleurs et à ces reflets infinis, nous réalisons à quel point nous avons de la chance de vivre une telle expérience à notre âge, avec notre propre véhicule.
Après ce fabuleux coucher de soleil, nous déplions rapidement la tente et préparons un repas simple. Le froid tombe vite sur le Salar et la météo annonce jusqu’à -6 °C durant la nuit. Une fois le dîner terminé, nous nous réfugions dans notre tente, bien emmitouflés dans nos duvets, prêts à affronter cette nouvelle nuit au cœur de cet incroyable désert de sel.
Finito pipo, l’Argentine pour de bon. Nous passons la frontière et entrons en Bolivie en direction de Tupiza, l’une des rares villes de la région à ne pas être bloquée par les manifestations. Nous nous installons dans un camping pour les deux prochains jours, car autour de Tupiza se trouvent de superbes canyons à explorer… et le plus fun, c’est qu’on peut les découvrir à cheval.
Nous contactons un ranch, et nous voilà le lendemain partis pour un tour privé de cinq heures. Au programme, quatre sites incroyables : le Cañón del Duende, la Puerta del Diablo, la Valle de los Machos et le Cañón del Inca. C’était absolument magnifique.
Bérénice avait pour monture Caribe, un grand cheval blanc, et Arnaud était avec Whisky, un cheval marron. Petit moment inattendu : le cheval de Bérénice, habitué aux randonnées plus sportives, est parti au galop sans prévenir. Surprise générale, mais tout s’est très bien terminé.
Après ces cinq heures de balade, on rentre rincés : mal aux fesses et au dos, mais totalement conquis. Nous retrouvons ensuite le camping et Celso.
Avec un nouvel objectif en tête : débloquer la porte arrière du 4×4. Le matin même, impossible de l’ouvrir, sans comprendre pourquoi. On persévère, et on finit par y arriver (sans même penser à démonter l’aménagement intérieur pour y accéder de l’intérieur…). En réalité, le problème venait de notre barre LED, restée coincée dans la rainure de la porte : en la refermant, le système s’était bloqué par sécurité.
Un peu de dégrippant WD-40, quelques coups bien placés, et la porte finit par s’ouvrir comme par magie. Quelle journée de hauts et de bas… mais au final, tout va bien.
Nous partons faire une balade autour du Cerro de los Siete Colores, une promenade qui permet de se dégourdir les jambes. C’est très joli, mais nous sommes un peu déçus, car pour accéder au sentier il faut payer, alors qu’au final, la vue est quasiment la même que depuis le village. Tant pis, cela nous a tout de même permis de nous promener.
Après cette balade, nous reprenons la route en direction de la frontière entre l’Argentine et la Bolivie, en faisant plusieurs arrêts dans les petits villages que nous traversons. Le principal s’appelle Humahuaca, et nous en profitons pour nous balader dans le centre et manger dans notre dernier restaurant en Argentine, car la frontière approche rapidement.
Nous prenons notre temps, car nous sommes dimanche, et décidons finalement de partir seulement le lendemain. Nous trouvons donc un spot assez tôt dans la journée et profitons du temps pour prendre une douche au soleil, faire un apéro et même nous accorder un petit film, puisque nous captions le réseau. Car le lendemain, c’est bye-bye l’Argentine.
Après une nuit au chaud, nous voilà repartis avec une surprise : Celso ne veut plus coopérer. Impossible de passer la marche arrière, et pour avancer, il faut garder le pied au plancher. On ne panique pas et on se dit que cela vient sûrement du filtre à diesel. Le carburant en Amérique du Sud est de mauvaise qualité, donc cela correspondrait bien au problème. De plus, les symptômes de Celso sont similaires à ceux que nous avions eus il y a cinq mois, lorsque nous avions dû changer le filtre à diesel.
Nous trouvons donc un garage qui accepte de nous remplacer le filtre à diesel, et nous repartons avec, cette fois, toute la puissance retrouvée.
Nous empruntons ensuite la mythique Route 40 en direction des Grandes Salines, un lac de sel situé en Argentine. Moins impressionnant que le salar d’Uyuni, mais cela reste un endroit à voir. La route de ripio est terrible et, une fois arrivés aux salines, impossible d’y accéder sans guide. Nous jugeons que cela ne vaut pas la peine, sachant que nous allons refaire le salar d’Uyuni, et nous continuons notre route vers Purmamarca, un village situé dans la région de Jujuy, entouré de montagnes aux multiples couleurs, dont le célèbre Cerro de los Siete Colores.
Nous visitons le village avec étonnement, car il tourne uniquement autour du tourisme : des marchands, des boutiques de souvenirs et énormément de touristes. Nous partons ensuite chercher un spot pour la nuit, proche du village, afin de pouvoir découvrir le Cerro de los Siete Colores le lendemain. Nous trouvons un spot très sympa, qui nous a demandé de traverser une rivière au pied des falaises.
Cette troisième journée était clairement moins sympa que les deux précédentes.
On se réveille après une nuit très fraîche, entrecoupée par le froid, et on émerge assez tard dans la matinée à cause du froid. Arnaud avait repéré sur iOverlander un village qui proposait des douches chaudes, donc on se dit qu’on va éviter la douche froide et foncer là-bas.
Sauf qu’une fois arrivés, rien ne se passe comme prévu. On demande pour les douches, on nous renvoie vers le camping du village. On s’y rend, mais le camping est complètement vide, fermé, il n’y a pas un chat. On retourne alors à la mairie pour demander si quelqu’un peut ouvrir, ils nous disent que oui, pas de souci, quelqu’un va venir. On retourne donc au camping, on attend une vingtaine de minutes… mais personne n’arrive.
On repart donc frustrés, un peu énervés, et surtout toujours pas lavés. À ce moment-là, on aime bien dire que notre barre de Sims était clairement dans le rouge. On fait un petit stop un peu plus loin pour une toilette de chat rapide et on reprend la route, mais la journée est déjà bien entamée.
Il est déjà 14h quand on continue la mythique route 40, une piste en ripio. Et là, on commence rapidement à prendre de l’altitude : 3000, 4000, puis 4500 mètres. On sent aussi que Celso perd clairement en puissance, surtout à bas régime. La route est sinueuse, parfois exposée, avec des passages de rivière et beaucoup de vide sur les côtés, donc il faut rester concentrés. Mais malgré ça, les paysages sont absolument incroyables.
On en prend plein les yeux tout au long de la montée, jusqu’à atteindre un col à 4800 mètres d’altitude, probablement notre plus haut passage avec la voiture jusqu’ici. On s’arrête pour quelques photos… mais à peine sortis, c’est une tornade de vent, littéralement à décorner les bœufs. On ne traîne pas trop dehors, on rigole de la situation, on prend quelques clichés et on redescend dans la vallée.
On arrive ensuite à San Antonio de los Cobres, où on décide de s’offrir un peu de confort après cette journée compliquée. On prend une nuit en hostel pour pouvoir se laver et surtout dormir au chaud, parce qu’ils annonçaient -4°C au minimum, donc clairement pas une nuit pour camper.
Mais même là, petite galère supplémentaire : dans notre chambre, la douche n’est pas chaude. On signale le problème au propriétaire, très gentil, qui nous propose d’utiliser une autre chambre où l’eau est chaude. Mission finalement réussie.
On retient surtout que rien n’est simple sur la route, et que quand une journée commence mal, elle a tendance à s’acharner… mais au final, on s’en sort bien. Douche chaude, nuit au chaud, et on est prêts à repartir le lendemain vers le nord de l’Argentine, en direction de la frontière bolivienne.
On repart de notre spot et on continue la route de la boucle sud de Salta. Cette fois-ci, direction le parc national Los Cardones, un parc connu pour ses cactus géants et ses paysages assez uniques, entre grands canyons façon western, terre rouge et champs de cactus à perte de vue. L’ensemble donne un décor vraiment splendide. On profite bien de la traversée du parc, en prenant le temps d’admirer les points de vue.
À midi, on fait une pause dans un petit village du coin pour se sustenter avec quelques empanadas. Franchement, elles sont excellentes, parfaites pour casser la croûte avant de reprendre la route.
L’après-midi, on continue la boucle en longeant une rivière, à la recherche d’un spot pour la nuit. Et là, Bérénice, en tant que copilote, repère un endroit qui semble intéressant. Habituellement on s’aide de l’application IOverlander, mais cette fois-ci on se la tente en autonomie.
Et grosse surprise : non seulement on trouve un spot incroyable pour passer la nuit, mais on tombe aussi sur une grotte abandonnée, ancien site classé UNESCO, avec des peintures ancestrales encore visibles. Le tout est entouré de cactus, en plein canyon, complètement isolé du monde. Le soleil est encore là, on profite à fond de ce lieu hors du temps, et clairement chapeau à Bérénice pour cette trouvaille.
La nuit est en revanche très froide, on dort moyen… mais honnêtement, les paysages et ce qu’on a découvert valent largement le coup.
On est de retour en Argentine après nos deux semaines à explorer la Bolivie avec les parents de Bérénice. Le trajet en bus depuis Santa Cruz jusqu’à Salta s’est globalement bien passé, même s’il a été long : deux jours au total. On avait une escale d’une journée à Tarija en Bolivie, ce qui nous a permis de couper le voyage et surtout de nous reposer un peu, parce que le premier bus n’était vraiment pas des plus confortables. Le deuxième, en revanche, était beaucoup plus agréable et on a dormi comme des loirs.
On est ensuite bien contents de retrouver Celso et notre camping chez Franck à Salta. On décide d’y rester une nuit pour souffler, faire le point sur tout ce qu’il faut remettre à jour courses, essence, lessive et repartir sur de bonnes bases.
Le lendemain, on se remet en route pour attaquer la boucle sud de Salta, une route bien connue des voyageurs qui promet des paysages absolument splendides. On en avait déjà parcouru une partie auparavant, mais sans vraiment prendre le temps de s’arrêter, sachant qu’on reviendrait. Cette fois-ci, on profite vraiment : on traverse de grands canyons de terre rouge, c’est magnifique.
Dans l’après-midi, on s’offre une pause un peu différente avec la visite d’une bodega perdue au milieu de nulle part, en pleine campagne argentine. L’endroit est super sympa, et on en profite pour goûter différents vins, notamment du Malbec et du Cabernet Sauvignon. Honnêtement, le vin argentin, surtout le Malbec, est assez puissant et ce n’est pas forcément à notre goût, mais ça valait le coup de visiter cette bodega.
Et pour finir la journée, on se trouve un spot tranquille juste après la bodega. On profite du soleil, on se régale, et ça fait vraiment du bien de retrouver cette vie de nomade.
Après une nuit un peu compliquée pour Arnaud et Bérénice à cause d’un lit pas vraiment confortable, nous prenons le petit déjeuner avant de nous préparer pour notre excursion dans l’Amazonie.
Nous faisons alors la connaissance de notre guide. À 58 ans, il est le président des guides du village et vit ici depuis près de 50 ans. Originaire de Potosí, il parle espagnol et quechua, avec un accent très marqué qui rend parfois les échanges complexes mais cela ne nous empêche absolument pas de passer un bon moment.
Armé de sa machette, il ouvre parfois le passage entre les racines et la végétation dense, autant pour faciliter le chemin que par sécurité.
Nous partons pour une randonnée à travers la jungle jusqu’à une cascade. Sur le trajet, nous découvrons plusieurs piscines naturelles dans lesquelles nous décidons de nous baigner. L’eau est glacée, mais cela ne nous empêche pas de sauter dedans, rire et profiter du moment.
Tout au long de la marche, notre guide nous explique la biodiversité qui nous entoure, les plantes locales et la vie dans cette région reculée. Nous traversons également plusieurs rivières et profitons d’une immersion totale dans cette nature sauvage.
Malheureusement, nous ne croisons aucun animal. Apparemment, il est pourtant possible d’apercevoir des singes-araignées dans les environs. Ce sera pour une prochaine fois.
Nous retournons ensuite au camp pour déjeuner. Le repas, préparé par une adorable dame du village, nous fait un bien fou après cette matinée d’aventure.
Mais il est déjà temps pour nous de repartir vers Santa Cruz de la Sierra, puisque les parents de Bérénice doivent prendre leur vol retour pour la France le lendemain.
Et qui dit retour à la voiture, dit refaire le parcours du combattant… dans l’autre sens.
Cette fois-ci, hors de question de traverser la rivière pieds nus. Les pierres nous avaient suffisamment détruit les pieds à l’aller, alors nous gardons nos chaussures malgré l’eau.
Une fois de retour à “Grenouille”, notre fidèle voiture de location, nous prenons la route vers Santa Cruz avec une longue liste de missions à accomplir avant de rendre le véhicule : trouver un Airbnb, nettoyer entièrement la voiture qui, après plusieurs jours d’aventure était dans un état catastrophique, remettre de l’essence, regonfler les pneus, faire quelques courses et passer chez Entel, l’opérateur téléphonique local car nous n’avions plus aucun réseau.
Pour gagner du temps, nous séparons le groupe en deux et terminons toutes ces tâches seulement vers 20h.
Comme si la journée n’avait pas été assez mouvementée, nous décidons également de lancer des lessives… avec une machine à laver complètement incontrôlable.
Je pense que personne n’oubliera la scène où Sylvie se retrouve à retenir la machine pendant l’essorage pour éviter qu’elle ne traverse littéralement l’appartement et termine au sous-sol tant elle vibrait dans tous les sens.
Une fois prêts, nous descendons dîner dans le restaurant situé au pied de l’immeuble. Sur le papier, l’endroit semblait très prometteur niveau marketing… mais la réalité était bien différente.
Les plats étaient extrêmement gras, servis en quantités gigantesques, comme si nous n’avions pas mangé depuis une semaine. Fait rarissime : absolument personne n’a réussi à terminer son assiette.
Nous rentrons finalement à l’appartement pour préparer le grand départ du lendemain avec un petit pincement au cœur pour Bérénice à l’idée de voir ses parents repartir.
Ce matin-là, nous nous réveillons avec un magnifique lever de soleil sur le lac, visible directement depuis les grandes baies vitrées de notre cabane.
Nous quittons Corani en direction de Villa Tunari, sans imaginer une seule seconde ce que cette journée allait nous réserver. Grâce à Arnaud, cette simple étape va rapidement se transformer en une aventure complètement improbable, au point où personne, en se levant ce matin-là, n’aurait imaginé traverser une rivière pieds nus en pleine Amazonie bolivienne.
Avant ça, nous faisons tout de même une pause à Villa Tunari pour déjeuner au marché central. Un repas complet, local et délicieux pour à peine 1,50 € : difficile de faire mieux.
Nous profitons également d’être en ville pour faire le plein d’essence. Coup de chance : la station-service affichait “fermée” et ne servait plus les habitants à cause des restrictions, mais acceptait encore les voyageurs.
C’est ensuite qu’Arnaud déniche sur IOverlander un hôtel complètement atypique, perdu aux portes de l’Amazonie bolivienne. Mais pour y accéder, rien n’est simple.
Notre interlocuteur nous donne d’abord rendez-vous à un point précis où un homme doit nous attendre pour nous indiquer la suite du chemin. Une fois sur place, cet homme nous envoie vers une autre personne censée nous aider à traverser une rivière. Arrivés à la rivière, un troisième contact nous attend finalement pour assurer la dernière partie du trajet en 4×4.
À ce moment-là, on comprend qu’on est vraiment partis dans quelque chose de totalement hors du commun.
Nous commençons par emprunter une piste off-road avec “Grenouille”, le surnom que nous avons donné à notre voiture de location. Puis vient le moment le plus improbable : traverser une grosse rivière… pieds nus avec nos sacs à dos de backpakeur, car aucun véhicule classique ne peut passer.
De l’autre côté nous attend un énorme 4×4 V6, prêt à nous emmener au bout du parcours, au cœur d’une zone reculée, sauvage et quasiment inaccessible.
Après cette véritable chasse au trésor grandeur nature, nous arrivons enfin à l’hôtel. Et nouvelle surprise : nous dormons tous les quatre dans la même chambre, composée d’un lit double et de deux lits simples.
L’endroit est totalement ouvert sur la nature : pas de fenêtres, pas de volets, seulement des moustiquaires autour des lits. Nous avons presque l’impression de dormir à la belle étoile, en plein milieu de la jungle. Ici, pas d’eau chaude non plus, l’établissement fonctionnant selon un modèle d’écotourisme.
Dans le prix de la nuit est incluse une excursion guidée d’une demi-journée dans l’Amazonie prévue pour le lendemain.
Le soir, nous mangeons directement sur place puisque les repas sont compris, puis nous terminons la soirée autour de quelques parties de cartes. Sans réseau, sans distractions, perdus au milieu de nulle part, l’ambiance est assez unique.
Pour résumer cette journée totalement imprévue : c’était complètement fou.
Nous gardions encore l’espoir que la situation se calme et que nous puissions finalement remonter jusqu’à La Paz. Mais au fil des jours, les tensions restaient toujours aussi fortes. Nous décidons donc de reprendre la route vers Santa Cruz de la Sierra, puisque c’est là-bas que les parents de Bérénice doivent prendre leur vol retour pour la France. À l’origine, ils devaient rejoindre Santa Cruz depuis La Paz avec un vol intérieur, mais les circonstances en auront décidé autrement.
Après une bonne nuit de sommeil à Cochabamba, nous repartons vers 9h, sans véritable plan pour les jours suivants. Nous savons simplement qu’il faut impérativement être à Santa Cruz le 15 mai.
Sur la route, nous découvrons un petit lac nommé Corani. Certes, nous ne verrons finalement pas le lac Titicaca, mais ce lac entouré de montagnes verdoyantes nous offre malgré tout un décor magnifique.
Tout autour du lac se trouvent de petites cabanes en bois à louer. Nous nous arrêtons devant l’une d’elles, typique et pleine de charme, pour demander s’il reste une disponibilité pour le soir même. Par chance, les propriétaires ont justement une cabane libre.
Nous décidons donc de poser nos sacs ici pour la nuit.
Les propriétaires nous recommandent ensuite un restaurant spécialisé dans la truite élevée directement dans le lac. Pour y accéder, ils nous appellent un petit bateau afin de traverser jusqu’à l’autre rive, où se trouve le restaurant, juste en face de notre cabane.
Une journée totalement improvisée, comme souvent dans ce voyage : quelques heures plus tôt, nous étions sur la route sans savoir où dormir, et nous voilà finalement à traverser un lac en bateau pour déguster un plat typique bolivien face à un paysage incroyable.
Nous partageons un énorme “pique” version poisson : un mélange généreux de frites, de truite, de fromage et de légumes. Un vrai régal, encore meilleur avec la terrasse donnant sur le lac et le beau temps qui nous accompagne toute la journée.
En fin d’après-midi, nous repartons en expédition dans le village voisin pour trouver de quoi manger le soir. Après plusieurs recherches, nous revenons avec du riz, du poulet, des oignons, quelques bières et des bananes.
Le poulet étant prévu pour le barbecue, nous devons aussi trouver du bois. Nous finissons par acheter quelques bûches chez un habitant du coin. Comme souvent ici, chaque petite tâche devient une aventure.
Entre le bois humide, l’altitude et le froid, allumer le feu se transforme rapidement en véritable combat. Nous essayons à la fois de lancer le barbecue et le feu de cheminée, mais rien ne prend correctement. Après presque trois heures d’efforts, nous abandonnons finalement l’idée du barbecue pour terminer la cuisson… directement dans la cheminée de la cabane.
Encore une première pour nous.
Au final, nous réussissons quand même à manger avant de nous écrouler dans un énorme sommeil après cette journée aussi improbable qu’inoubliable.
La situation ne semblait pas s’apaiser, bien au contraire : elle empirait de jour en jour. Toutes les routes menant à La Paz étaient désormais complètement bloquées par les manifestants. Nous avons donc pris la décision de modifier notre itinéraire et de faire une croix sur La Paz ainsi que sur le lac Titicaca.
Nous partons alors très tôt le matin en direction de Cochabamba, une ville située au centre de la Bolivie, reliant La Paz à Santa Cruz de la Sierra. Sur le site gouvernemental bolivien, les routes bloquées sont répertoriées en temps réel. Au moment de notre départ, un seul barrage était indiqué sur notre trajet. En arrivant sur place, impossible de passer : un véritable mur composé de pierres, de terre, de ferraille et de branches d’arbres bloquait totalement la route.
Nous tentons de négocier avec les manifestants, mais ils ne veulent rien entendre. Certains deviennent même menaçants, armés de lance-pierres. Hors de question pour autant d’abandonner. Bérénice trouve alors un itinéraire alternatif grâce à l’application IOverlander. Mais ce détour n’est pas gratuit : les habitants des chemins de traverse avaient installé des barrières de fortune avec des tonneaux et réclamaient de l’argent pour laisser passer les véhicules.
Nous essayons de discuter, mais très vite nous comprenons que la négociation est perdue d’avance. Nous payons donc pour pouvoir continuer notre route. Deux passages de ce type seront nécessaires avant de réussir à contourner le barrage principal.
Après plus d’une heure de détour, nous retrouvons enfin la route principale, soulagés et persuadés d’avoir passé le seul blocage du trajet. La route grimpe alors à plus de 4 500 mètres d’altitude sur une simple double voie. C’est assez fou de se dire qu’on peut atteindre une telle altitude avec un accès aussi “facile”, surtout quand on compare avec les routes de montagne en France.
Mais notre soulagement est de courte durée. Quelques kilomètres plus loin, nous tombons sur le début d’un nouveau barrage en cours de construction. Des paysans jetaient des pierres sur la voie rapide, créant une situation particulièrement dangereuse. Steeves a dû freiner brusquement pour éviter un accident.
Cette fois, impossible de négocier : les manifestants nous ignorent totalement malgré plusieurs tentatives. Sans perdre de temps, Bérénice reprend son rôle de cartographe improvisée et repère un chemin de terre permettant de contourner la zone. Nous faisons alors demi-tour… en sens inverse sur la voie rapide. Une première pour nous tous.
Le chemin alternatif s’avère particulièrement technique pour notre véhicule : route étroite, virages en épingle, traversées de rivières et fortes pentes. Pendant que tout le monde stressait à bord, Steeves, lui, semblait presque s’amuser au volant.
Finalement, nous arrivons à Cochabamba après 6h30 de route au lieu des 3h30 prévues initialement. Comme nous étions partis à l’aube, il n’était que 13h à notre arrivée, ce qui nous laissait encore l’après-midi pour profiter un peu de la ville.
Nous récupérons un Airbnb réservé le matin même pendant le trajet, déposons nos affaires, puis Arnaud et Steeves profitent de la piscine sur le rooftop avant de partir explorer la ville.
Nous visitons notamment le Christ de la Concorde qui, anecdote surprenante, est plus grand que celui de Rio de Janeiro. Nous découvrons ensuite le centre-ville, sa place principale, puis terminons la journée dans un bar à tapas tenu par un expatrié espagnol.
Après cette journée intense, nous rentrons épuisés à l’appartement, déjà plongés dans les réflexions sur la suite de notre aventure.
On quitte Uyuni avec des étoiles plein les yeux, direction Oruro.
En arrivant, on profite du coucher de soleil pour prendre le téléphérique et franchement… le spectacle était magnifique. Un ciel orange incroyable, encore un moment où on en prend plein les mirettes.
Petite anecdote sympa : le téléphérique est de la marque Poma et les cabines ont été fabriquées à Veyrins-Thuellin, en Isère, pas très loin de chez nous 😅
Le soir, on se fait une bonne pizza avant de réfléchir à la suite du voyage. Car en ce moment, la Bolivie traverse une grosse période de grèves et de blocus. Les routes autour de La Paz sont toutes bloquées, et c’était justement notre prochaine étape.
On décide donc de changer nos plans et de repartir progressivement vers Santa Cruz, en espérant que la situation se calme.
On reste finalement une journée de plus à Oruro pour souffler un peu : lessive, essence, courses, retrait de cash… une journée simple mais utile avant de reprendre la route.
La Bolivie est magnifique, mais clairement, elle nous donne un peu de fil à retordre !
Le Salar d’Uyuni, toi qui nous a tant charmés.
Le Salar d’Uyuni fait clairement partie de nos plus gros highlights du voyage. Je crois que les photos parlent d’elles-mêmes. Ce fut une journée incroyable, avec des paysages totalement irréels.
On embarque le matin à 10h30 pour une journée qui restera gravée dans nos mémoires.
Premier stop : le cimetière de trains. La région d’Uyuni est connue pour ses nombreux minerais. À l’époque, ils utilisaient des trains à vapeur pour acheminer les ressources depuis les montagnes alentours. Avec le temps, les réparations sont devenues trop coûteuses, alors ils ont été remplacés par des trains à combustion. Aujourd’hui, ces vieilles locomotives servent principalement d’attraction touristique.
On reprend ensuite la route vers les zones de production de sel. On découvre toutes les étapes : du séchage jusqu’à la mise en sachet finale. Tout est encore fait de manière artisanale. On apprend aussi qu’ils utilisent des blocs de sel pour construire des bâtiments ou même des meubles. C’est un matériau très noble ici, qu’on retrouve notamment dans certains hôtels 5 étoiles.
Au passage, Steeves perd ou se fait voler sa casquette Lexus et se retrouve contraint d’acheter une magnifique casquette locale 😅 Je vous laisse admirer ça sur les photos.
Puis vient l’heure du déjeuner. On part se perdre au beau milieu du Salar et notre guide nous dresse la table dans ce décor complètement fou. Honnêtement, on n’a jamais mangé dans un endroit aussi idyllique. On se régale autant avec les yeux qu’avec l’assiette.
Après ce bon repas, direction un petit sanctuaire de statues construites en briques de sel. Ça fait une chouette balade digestive et quelques photos sympas.
On reprend ensuite la route pour les fameuses photos de touristes. On se prend complètement au jeu et on rigole bien. Une vidéo de ce moment fun est sur les réseaux de Bérénice… ça vaut le détour 😅
Puis arrive enfin le moment du coucher de soleil. On se dirige vers la partie du Salar recouverte d’eau pour découvrir ce fameux effet miroir naturel.
Et là… la claque.
C’est absolument somptueux. Les couleurs sont folles. Le guide nous prépare un petit apéro pour profiter du moment. Le temps semble complètement suspendu. C’est, de loin, l’un des plus beaux couchers de soleil qu’on ait vus depuis le début du voyage.
On rentre à Uyuni avec des souvenirs plein la tête… et les visages bien rouges aussi 😅 Le soleil tapait fort ce jour-là.
Pour finir cette journée parfaite, on retourne au restaurant de brochettes de la veille parce qu’on avait adoré. Et franchement… c’est toujours aussi bon.
Notre arrivée sur Uyuni se fait après une route absolument magnifique. On traverse des paysages de toutes les couleurs : des canyons, des montagnes andines, de la terre ocre… c’est un vrai rêve éveillé. On aperçoit pour la première fois du voyage de véritables lamas sur le bord de la route. On fait quelques arrêts pour profiter de ces paysages à couper le souffle.
On arrive à Uyuni en début d’après-midi et on découvre une ville qui vit principalement pour le salar d’Uyuni. On ressent immédiatement toute la culture bolivienne.
On déjeune puis on s’attelle l’après-midi à réparer la voiture de location, car cela fait trois jours que, lorsque l’on freine, il y a un bruit de raclement. On pense d’abord que c’est dû à un caillou coincé dans le système de freinage. On trouve un mécanicien en demandant aux locaux et il s’occupe de nous directement. Il démonte la roue et là, surprise générale : les plaquettes sont complètement finies. Il était grand temps de les changer.
Et oui, en Bolivie, on peut louer une voiture et se retrouver à changer les plaquettes soi-même en plein milieu du voyage. On fait le tour des boutiques pour trouver les bonnes plaquettes : bingo. On les ramène au mécano qui les installe. Tout se passe bien, mais un boulon de la roue refuse de se revisser. On repart alors faire le tour des boutiques de pièces mécaniques et on finit par trouver ce qu’il faut.
On revient, ça fonctionne, et là il faut remettre du liquide de frein. Rebelote, on retourne dans les boutiques, et cette fois c’est tout bon. On envoie la facture totale au loueur de voiture et on repart sur de bonnes bases pour la fin du voyage.
Arnaud en profite pour être en ville et se faire une petite coupe de cheveux avant de profiter de Uyuni by night. Demain c’est la grande excursion au Salar et on a très hâte.
On termine notre journée à Sucre par un restaurant gastronomique bolivien. Au programme : 10 plats accordés avec 5 verres de vin. On se régale et surtout on découvre plein de spécialités locales. Bon… ça reste différent d’un gastro français, mais l’expérience était vraiment sympa.
Le lendemain, direction Potosí. Sur la route, on s’arrête voir un superbe pont avec un petit château, un endroit assez inattendu au milieu du trajet.
En arrivant à Potosí, on remarque tout de suite que l’ambiance est différente de Sucre. La ville paraît plus pauvre, avec beaucoup de maisons non crépies, mais il y a une vraie vie dans les rues et une bonne atmosphère.
On décide alors de partir explorer le marché central et le centre-ville. Et là, surprise : c’est jour de fête. La ville célèbre les 200 ans de son école, donc fanfare, musique et défilés animent les rues.
On goûte quelques spécialités locales, avec un bon choripán pour le midi accompagné d’une glace.
Puis retour au Airbnb pour se poser un peu, parce qu’à 4000 mètres d’altitude, on sent clairement que les organismes travaillent 😅
Journée consacrée à la découverte de Sucre, une ville au charme colonial qui nous a immédiatement séduits par son atmosphère paisible et ses façades blanches impeccablement entretenues.
Nous commençons la matinée par le marché central, véritable cœur vivant de la ville. On y trouve absolument de tout : fruits exotiques, légumes, viandes, épices, mais aussi des vêtements, des produits du quotidien et même quelques stands de fournitures en tout genre. L’ambiance est animée, les odeurs se mélangent et les vendeurs interpellent les passants dans une atmosphère typiquement bolivienne. Nous en profitons pour goûter un jus de fruits frais préparé directement devant nous. Le marché propose également de nombreux petits stands pour manger sur place, mais le jus nous avait déjà bien calé pour la matinée.
Nous poursuivons ensuite notre balade dans les rues du centre historique. Au fil des ruelles, nous découvrons de magnifiques bâtiments coloniaux, des églises et de nombreuses façades colorées parfaitement restaurées. Ce qui nous frappe le plus, c’est l’entretien irréprochable des bâtiments : tout semble propre, repeint et soigneusement conservé, donnant à la ville un charme très élégant.
Notre promenade nous mène jusqu’au Parque Simón Bolívar, un agréable espace vert apprécié des habitants, avant de rejoindre la célèbre Plaza 25 de Mayo, véritable centre névralgique de la ville entouré de bâtiments historiques et de cafés.
Pour le déjeuner, impossible de passer à côté d’un sandwich au chorizo, l’un des snacks typiques du coin. Simple mais délicieux, et surtout incroyablement abordable : à peine 2 euros pour un repas généreux.
Nous terminons la journée par la visite du Museo San Felipe de Neri, un ancien couvent offrant de superbes points de vue sur les toits blancs de Sucre et une atmosphère calme qui contraste parfaitement avec l’animation du marché du matin.
Réveil à 6h30 pour un départ à 8h depuis notre Airbnb : une grosse journée de route nous attend. Le GPS annonce déjà 7 heures de trajet, sans compter les petites péripéties du voyage.
Après une heure et demie de route, à l’entrée d’un village, nous sommes arrêtés : la route principale est fermée à cause d’une fête locale. On assiste alors à un défilé d’écoles, avec des uniformes plus élégants les uns que les autres, accompagné d’une fanfare. Résultat : une trentaine de minutes perdues… mais finalement, cela nous aura surtout permis de profiter un peu plus de la culture locale.
Au fil des kilomètres, les paysages deviennent de plus en plus arides. Nous nous éloignons progressivement de l’Amazonie bolivienne, tandis que la température grimpe jusqu’à atteindre 35°C. Après 5h30 de route, nous arrivons enfin à Sucre… avec une belle surprise à l’entrée de la ville : une grève des transports bloque complètement les accès avec des camions en travers de la route.
Le seul moyen d’atteindre notre logement ? Zigzaguer façon Mario Kart : sens interdit, trottoirs, passages improvisés et un bon mode 4×4 activé. Une entrée en ville mémorable !
Une fois installés, nous repartons aussitôt pour admirer le coucher de soleil depuis un mirador. Malheureusement, nous arrivons avec seulement 30 secondes de retard… mais nous avons tout de même pu profiter des dernières lueurs du soleil sur la ville.
Aujourd’hui, objectif : le parc national Amboró. Sauf que petit détail oublié… il faut obligatoirement un guide et on a pas prévu ça 😅
On se met donc en mission dès le matin pour en trouver un à Samaipata. Après quelques pistes (station essence, moto taxis…), on finit par demander à un café sur la place centrale. La patronne nous sort plusieurs cartes de visite, on tente un numéro… et jackpot : Simon est dispo dans 20 minutes.
Franchement, on ne galère pas tant que ça. Un peu à l’arrache, mais ça fait partie de l’aventure, et on aime bien ce côté débrouille.
On part avec lui direction le parc, après une bonne heure de piste. Heureusement qu’il fait beau, parce que la route est déjà bien abîmée… avec la pluie, ça aurait été mission impossible avec notre 2 roues motrices.
On arrive à l’entrée et c’est parti pour 3 heures de rando en pleine jungle. On découvre un environnement incroyable, avec notamment Los helechos Gigantes, ces fougères géantes qui peuvent monter jusqu’à 6 mètres. Simon nous partage plein d’infos, on apprend énormément.
On termine par un mirador avec une vue magnifique sur toute la région. Clairement, la Bolivie est bourrée de ressources.
De retour à Samaipata, on teste un petit resto au-dessus du marché : ambiance locale, plein de stands… et une addition imbattable. 12€ à 4, boissons comprises, difficile de faire mieux.
On enchaîne avec quelques courses dans le marché central pour le barbecue du soir (asado en préparation 🔥), puis une après-midi chill : sieste, blog, repos… ça fait du bien.
Le soir on se régale. Et demain… 7 heures de route direction Sucre.
On commence la journée comme il se doit : un petit-déj de roi dans un café juste à côté de l’appart. Gaufres, brioche perdue, fruits… clairement, on se régale. Ça met dans le mood direct.
Ensuite, direction la place du 24 Septembre, le cœur de Santa Cruz. C’est un peu le passage incontournable de la ville, avec une belle ambiance et des monuments très sympas. On prend le temps de s’y balader, de profiter, c’est simple mais efficace.
L’après-midi, changement total de décor : cap sur le parc régional des Lomas de Arena. Et là… la route annonce la couleur. Boue, sable, flaques… pas vraiment le terrain de jeu idéal pour notre 2 roues motrices (la grenouille). Mais Steeves gère ça comme un chef et on avance sans se planter.
Le garde du parc nous conseille quand même de s’arrêter avant la fin de la piste et de terminer à pied. Bonne décision : en voyant un 4×4 bloqué dans une énorme flaque, on se dit qu’on a bien fait 😅
On arrive finalement aux dunes, et là… gros coup de cœur. Une ambiance à la Dune du Pilat, sans l’océan, mais avec des paysages magnifiques. Soleil, vue incroyable, petit moment chill… et initiation au maté pour Steeves et Sylvie.
Puis vient le moment de reprendre la route direction Samaipata… et là, c’est une autre histoire. Un camion bloqué en travers, une route défoncée après la pluie, un énorme embouteillage… bref, une vraie ambiance “route de l’extrême”. On finit par rouler de nuit (pas l’idéal), mais on arrive entiers.
Et pour conclure cette grosse journée : burger et croque-monsieur en ville. Parfait pour recharger les batteries avant l’excursion du lendemain dans le parc national Amboró et sa jungle amazonienne.
Réveil à 7h, et pourtant on est loin d’imaginer la journée qui nous attend…
On se prépare et premier combat du jour : réussir à trouver un Uber qui n’exige pas du cash alors qu’on a déjà payé via l’appli. Finalement, on retombe sur le même chauffeur que la veille, plutôt drôle. Entre-temps, Bérénice reçoit un message de sa mère : ils ont atterri et attendent de passer les contrôles. Petit stress de les rater, mais on arrive à temps à l’aéroport… et même avec 20 minutes d’avance.
Puis vient le moment : on aperçoit d’abord Steeves, puis Sylvie… et là, c’est l’émotion. Les retrouvailles, les câlins, tout y est. Les photos parlent d’elles-mêmes.
Ensuite, direction Europcar pour récupérer la voiture… et là, début des galères. Carte de crédit obligatoire pour la caution, sauf qu’on n’en a pas. Gros moment de panique. Et puis, éclair de génie : Arnaud se souvient d’Antonio, un Bolivien rencontré… dans un sauna la veille (oui oui 😅), qui nous avait dit de ne pas hésiter à le contacter.
On l’appelle, il nous oriente vers un loueur qui accepte le cash. Sur le papier, ça semble simple… en réalité, c’est une autre histoire. Il faut trouver du liquide, Antonio insiste à faire un transfert en dollars pour qu’il nous donne des pesos avec un meilleur taux… sauf que la transaction crypto ne fonctionne pas. Direction la banque, où une de nos cartes est bloquée. On doit retirer avec plusieurs cartes, bricoler comme on peut.
Entre deux galères, on achète des cartes SIM… 2 sur 3 ne fonctionnent pas. Le tout dans un marché local, accompagnés par le loueur qui est venu nous chercher directement à l’aéroport.
Bref, après plus de 8 heures de galère, on finit enfin par récupérer une voiture et rejoindre l’Airbnb. Petite douche rapide… puis on repart déjà au marché pour comprendre pourquoi nos cartes SIM ne marchent pas.
Une journée longue, intense… mais mémorable 😅
Après deux jours de bus dont 22 heures passées presque sans interruption à bord nous finissons enfin par arriver à Santa Cruz de la Sierra. L’arrivée n’est pas de tout repos : sans carte SIM ni argent liquide, la situation se complique rapidement. Ici, on comprend vite que tout fonctionne essentiellement en cash, ce qui peut devenir un vrai casse-tête.
Heureusement, entre persévérance, un peu de chance et le fait qu’Arnaud parle très bien espagnol, nous réussissons à commander un Uber l’un des rares à accepter un paiement sans espèces qui nous conduit jusqu’à notre Airbnb.
Nous arrivons avec un jour d’avance sur les parents de Bérénice, attendus le samedi matin. Après ces deux jours éprouvants, on prend le temps de souffler. Cette expérience nous confirme d’ailleurs une chose : le backpacking, ce n’est clairement pas la manière de voyager qui nous correspond le mieux… et on est d’autant plus reconnaissants d’avoir Celso avec nous.
On s’accorde donc une journée off bien méritée : un peu d’administratif, beaucoup de repos, et même quelques moments de détente à la piscine et à l’espace bien-être de l’immeuble avec sauna et hammam. On termine la journée tranquillement devant un film avant d’aller se coucher tôt.
Demain, réveil matinal : on a prévu une surprise pour les parents de Bérénice en allant les récupérer à l’aéroport, alors qu’ils pensent simplement nous retrouver à l’Airbnb.
Aujourd’hui, on quitte Cafayate et on reprend la route direction Salta. L’échéance approche : on va bientôt retrouver les parents de Bérénice en Bolivie, alors on branche le câble et let’s go les kilomètres sans caler.
La route entre Cafayate et Salta est absolument splendide. On traverse des paysages incroyables, avec des parois montagneuses aux couleurs changeantes, presque irréelles par moments. Et au milieu de tout ça, petite scène inattendue : un troupeau de chèvres en plein milieu de la route. Typique, et parfait pour les souvenirs du voyage.
On arrive à Salta en fin de journée et direction la gare routière pourfendre nos tickets. On s’attendait à quelque chose d’un peu compliqué, mais finalement tout se fait assez simplement. Après quelques allers-retours entre compagnies, on finit par trouver notre billet : Salta à Tarija, en bus cama, donc avec sièges type lit. Confort validé. Ensuite, il faudra enchaîner avec un second bus jusqu’à Santa Cruz de la Sierra, où on retrouvera les parents de Bérénice.
Une fois les billets en poche, on se rend dans le camping où Celso séjournera pendant nos deux semaines en Bolivie. Sur place, on tombe sur des gens très sympas, et surtout un couple d’Australiens qui voyagent avec un Toyota Land Cruiser HDJ78 (Troopy), exactement le genre de véhicule qui nous fait rêver. On échange un bon moment avec eux, et ça nous donne des idées pour un prochain projet.
pays visités
mois sur la route
aventuriers
kilomètres parcourus
Tu veux suivre notre périple en direct ?
Abonne-toi à notre newsletter et reçois chaque semaine les actus, galères et paysages du bout du monde.
Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience et personnaliser nos services. Vous pouvez gérer vos préférences, mais certaines fonctionnalités pourraient être limitées sans votre consentement.
Abonne-toi à notre newsletter pour suivre nos toutes dernières actualités de voyage.