Au réveil, Bérénice ne se sent pas bien : tous les symptômes d’une intoxication alimentaire. Chaud, froid, mal au ventre, mal à la tête, épuisée, avec une diarrhée pour accompagner le tout. Elle prend ce qu’il faut et comate sur le siège passager.
Ça tombe mal, car c’est le jour où nous devons aller au camping La Bonita, dont la propriétaire est Kika. C’est une personne qui nous a beaucoup aidés tout au long du voyage, car elle est administratrice d’un groupe WhatsApp (« Famille Amsud ») regroupant plus de 700 voyageurs sur le continent. Sa spécialité ? Elle est marocaine, et avec son mari, ils proposent des plats traditionnels de chez eux, notamment du tajine et du couscous. On nous avait prévenus qu’il fallait commander 24h à l’avance pour qu’ils aient le temps de tout préparer… Vous vous doutez bien qu’avec Bérénice incapable d’avaler quoi que ce soit, cela tombe très mal !
Mais dans notre malheur, un autre souci s’ajoute : nous nous retrouvons immobilisés plus de 4 heures sur la route. Lors d’un exercice militaire, une mine mal désamorcée a explosé, tuant un soldat et faisant plusieurs blessés. Le temps que les autorités maîtrisent la situation, les heures ont défilé. Kika nous a alors conseillé de nous arrêter avant de rejoindre son camping par mesure de sécurité, pour éviter de rouler de nuit.
On cherche un peu en panique un endroit où dormir. On finit par trouver une finca sur iOverlander, avec des commentaires qui datent de plusieurs années. On tente notre chance, et le propriétaire nous accueille avec une immense gentillesse. Il nous confie que cela faisait plus d’un an qu’il n’avait pas vu de voyageurs… Quel dommage, car le lieu est tellement paisible ! On dort au milieu de ses plantations de caféiers et de manioc.
Le lendemain, nous partons direction chez Kika, et cette fois-ci, c’est la bonne ! Elle nous accueille les bras ouverts et nous conseille de visiter le village autochtone de Silvia, situé juste à côté, d’autant plus que c’est le jour du marché typique. On va s’y promener et on déguste un café qu’on nous avait recommandé. Bérénice va mieux et elle est ravie de pouvoir enfin déguster le fameux couscous préparé par Anouar, le mari de Kika. On passe la soirée avec des voyageurs suisse-allemands et Kika, c’était vraiment très sympathique !
De retour au point de départ où nous avions laissé Celso. Après 26h de bus, on s’accorde une bonne nuit et nous reprenons la route dès le lendemain.
On commence par faire une boucle à travers des villages typiques entourant un volcan, recommandée par la propriétaire du camping. À savoir : la Colombie compte plus de trente volcans, dont 18 sont considérés comme actifs. Les villages sont très mignons et colorés, comme à leur habitude.
Les locaux sont très gentils et curieux. Nous avons fait la rencontre de Luis, qui venait rendre visite à son frère. On a échangé nos contacts et il nous a invités chez lui, du côté de Carthagène. Luis est tellement adorable qu’il appelle et envoie des messages à Arnaud tous les jours… Un peu insistant !
On s’arrête dans une finca pour passer la nuit. Vu qu’en Colombie il est fortement déconseillé de conduire de nuit, nous arrivons sur les coups de 17h (le soleil se couchant à 18h). On se lance alors dans la préparation d’une pâte à crêpes, et elles étaient délicieuses !
Avant-dernier jour sur Carthagène, on en profite pour partir à la recherche de souvenirs pour Danaé et c’est l’occasion de se balader à nouveau dans ces ruelles si colorées et si typiques de Carthagène. On tombe même par hasard sur un spectacle de rue où des danseurs s’agitent frénétiquement, c’est original.
On fait une halte dans un restaurant de sushis, ça tombe bien, on aime tous les trois ce plat. L’après-midi, on part à la chasse aux magnets. Une fois les aimants colorés en poche, on se dirige vers un café. Vous commencez à comprendre qu’une journée en Colombie sans un bon café colombien n’a pas la même saveur (ils sont tellement bons). On trouve même un véritable croissant et une chocolatine exactement comme en France, quel plaisir ! C’était dingue, ça change du flan coréen du début du séjour. On est heureux d’être nés français et d’avoir pu goûter à ces merveilles gustatives dès notre tendre enfance.
Le soir, on rejoint Alice, Axel, Aline, Grégoire et deux amies à eux pour partager un moment autour de quelques bières. Ce sont des voyageurs que l’on avait rencontrés sur la route et ils sont à Carthagène pour expédier leur compagnon de route, retour à l’envoyeur. Le lendemain, journée chill à la plage pour se reposer.
Ça y est, c’est l’heure du grand départ pour Danaé. Ça aura été deux superbes semaines à arpenter la Colombie, qui est pour l’instant un vrai coup de cœur, c’est un pays où tout est fluide ça nous change des expériences précédentes avec nos paternels respectifs. Pour nous, c’est retour à Ipiales, tout au sud de la Colombie, pour retrouver notre cher et tendre Celso et retrouver la vie de sans domicile fixe qui nous plaît bien finalement. La vie en Airbnb est fort agréable et surtout bien moins fatigante, mais bon, c’est moins l’aventure 😉
Excursion aux îles du Rosaire sur la journée pour aller explorer ces joyaux de la nature entourés d’eaux turquoise. Les Caraïbes, ça fait rêver, n’est-ce pas ? Nous embarquons sur un bateau à 7 h 30 du matin en direction de l’ancienne maison du pharmacien le plus riche de l’histoire de la Colombie, Pablo Escobar. Et là, le bateau qui fait des siennes, on avance à deux à l’heure alors que tous les autres bateaux nous doublent un à un. On voit l’équipage s’agiter dans tous les sens. On se dit qu’il y a quelque chose qui cloche. En effet, c’est un faux départ. Opération changement de bateau au beau milieu de l’eau et c’est reparti.
Une fois arrivé chez Pablo, on en profite pour faire un premier plouf et aller voir l’avion submergé de Pablo Escobar qui est enfoui sous l’eau. Malheureusement, à cause du temps nuageux, nous ne parvenons pas à l’apercevoir, mais ce n’est pas grave car l’eau est vraiment chaude, c’est un vrai bain. Pour la petite anecdote, le soi-disant crash de cet avion pile devant la maison de Pablo Escobar est une histoire montée de toute pièce. Il est présenté comme le crash de l’avion du célèbre narcotrafiquant qui transportait la fameuse marchandise blanche. Finalement, il n’en est rien : c’est un avion qui a été déposé dans les fonds marins par l’État colombien pour créer un spot de snorkeling pour les touristes. Vous comprendrez par la suite que cette excursion est très empruntée et s’apparente malheureusement à du tourisme de masse.
Seconde étape de la journée, nous avions le choix entre la visite de l’aquarium (coût supplémentaire) ou le snorkeling. On opte pour le snorkeling. Un des guides se munit de morceaux de crevettes et arrose tout autour du bateau pour attirer les poissons, vous commencez à comprendre dans quoi nous nous sommes embarqués. Nous étions les seuls gringos sur le bateau, étonnamment. Tous les Colombiens enfilent leur gilet de sauvetage (pas très pratique pour aller observer les poissons au fond de l’eau, enfin bon). On remercie les piscines Tournesol de la France et nous partons à la recherche des poissons caribéens pendant que les Colombiens pataugent autour du bateau. On observe de magnifiques poissons de toutes les couleurs. Le snorkeling, ça creuse, alors il est grand temps de prendre l’almuerzo (déjeuner).
On regrimpe sur le bateau et direction une île pour se reposer sur les transats et déguster un excellent plat typique, le poisson, accompagné de son riz coco, une tuerie. Ensuite, on nous propose soit une île pour faire la fête sans plage, soit une plage tranquille. On fait le second choix. On dépose tout de même les « fêtards » avant d’y aller et là, nous voyons des jet-skis, un îlot bondé et très bruyant. On est loin de la plage paradisiaque. On arrive ensuite à la fameuse plage tranquille qui n’est finalement pas plus tranquille que celle d’avant : il y a de la musique, pas un morceau de plage pour poser sa serviette, on se fait alpaguer à tout bout de champ, même dans l’eau, pour nous proposer du jet-ski ou de la bouée tractée. Ce n’est pas vraiment de la détente et on remet le couvert sur une autre île.
Il est l’heure de rentrer au port avec la musique à fond sur le bateau, of course. Quand je dis à fond, c’est vraiment à fond, la pauvre enceinte crache tout ce qu’elle peut. En rentrant, on aperçoit même le port commercial où Celso prendra son envol.
Concernant cette excursion, notre point de vue est partagé car nous avons passé une excellente journée, on s’est bien amusé et l’eau était magnifique malgré les nuages, mais il faut avouer qu’ils ont saccagé ce lieu pour promouvoir le business.
Aujourd’hui, on repart sous le soleil de Carthagène pour découvrir le château de San Felipe de Barajas. C’est un vaste édifice qui domine la ville et qui offre une super vue sur tout Carthagène.
On en profite pour en apprendre un peu plus sur l’histoire du château, construit par les Espagnols au XVIIe siècle pour protéger la ville et son port des attaques ennemies. Il a notamment joué un rôle important dans la défense de Carthagène grâce à son emplacement stratégique et à son impressionnant système de fortifications.
Depuis les hauteurs, on peut même apercevoir le port commercial, d’où Celso partira dans un mois, un mois et demi. On profite donc de prendre de la hauteur pour avoir droit à de bons courants d’air et pouvoir admirer la ville de Carthagène toute entière.
Il y a également plein de petits tunnels qui permettaient aux soldats de circuler et de faire passer les armes et les munitions sans que les ennemis puissent les voir de l’extérieur.
Par la suite, on se dirige vers le couvent de Santa Cruz de la Popa, qui est également un édifice perché en hauteur et qui offre une vue imprenable sur tout Carthagène. Là encore, ça nous permet d’avoir un peu d’air, car plus on prend de la hauteur, plus il y a de courants d’air.
Le lieu est très beau et très typique de la Colombie. Avant d’entrer dans le couvent, on en profite même pour goûter quelques fruits. Une bonne mangue et une bonne pastèque, ça régale !
Après midi tranquille au frais de l’appartement, car demain, c’est parti pour une excursion en bateau à la découverte des îles paradisiaques autour de Carthagène
Nous sommes enfin arrivés à Carthagène ! Arrivée fluide en avion la veille. C’est enfin le jour J pour découvrir cette magnifique ville située tout au nord de la Colombie, au bord des Caraïbes.
Petite donnée : ça sera la dernière ville que l’on fera avec Celso, car c’est depuis Carthagène qu’il partira en container direction la France.
Pour débuter ce séjour à Carthagène, on se dirige vers le quartier de Getsemaní, un quartier absolument typique et qui fait partie du centre historique de la ville. Et comme vous pouvez le voir sur les photos, on en prend plein les yeux ! Les couleurs sont magnifiques. Ça représente vraiment bien la Colombie, avec les balcons colorés, les ruelles historiques, les églises un peu partout… Bref, c’est magnifique.
Mais ce qui nous choque par-dessus tout, c’est la chaleur et surtout l’humidité. Il est assez difficile de déambuler dans les ruelles en journée, car il fait tout simplement trop chaud et beaucoup trop humide. Mais bon, malgré tout, on prend du plaisir à découvrir chaque ruelle et toutes ses couleurs.
On décide finalement de faire une petite halte dans un café pour profiter de la climatisation, parce qu’on commençait à voir des étoiles !
Le soir, on se dirige vers un quartier connu pour ses petits stands et ses repas à prendre sur le pouce, et là, on découvre une toute autre ambiance. Il y a beaucoup plus de monde dans les rues maintenant que la chaleur s’est calmée. Tout le monde est vétu de blanc comme si un thème avait été imposé par la ville. Le quartier est rempli d’animations et on sent que la fièvre qui monte lorsque la nuit tombe.
Il y a plein de petites ruelles avec des bars dansants, de la musique et beaucoup de monde. Franchement, l’ambiance est super ! On en profite pour goûter des arepas, qui sont des de galettes fourrées. C’est une spécialité d’ici et on se régale.
On se pose ensuite sur un petit muret dans la rue, tels de vrais Colombiens, pour profiter de l’ambiance et terminer cette première journée à Carthagène.
Ça y est, c’est le moment de retourner sur nos pas vers Bogota. Mais avant tout ça, on a prévu un petit stop stratégique. À l’aller, nous n’avions pas pu nous arrêter aux mines de sel de Nemocon à cause du retard de la location de la voiture. On prend la route et, plus on avance, plus le temps se gâte. En arrivant aux mines de sel de Nemocon, il pleut comme vache qui pisse, alors on décide de temporiser et d’aller acheter des cartes SIM Claro, car les cartes SIM que nous avions achetées lorsque nous sommes arrivés en Colombie étaient des cartes SIM de charlatans (marque Kalley Movil), impossibles à recharger…
Une fois bien équipés, l’averse s’étant calmée, on se dirige vers le musée des mines de sel de Nemocon. Notre casque vissé sur la tête et une bonne bouffée d’air d’huile essentielle, c’est parti pour descendre à plus de 80 mètres de profondeur. Dans les catacombes, des murs de sel nous entourent, on pénètre dans une grotte avec un couloir de bassins de sel qui n’a rien à envier au miroir d’eau de Bordeaux. Nous avançons petit à petit et découvrons de magnifiques parois salées et bassins de sel éclairés. Entre jetée de pièces pour exaucer un vœu, église souterraine et cœur rouge gravé dans le marbre, on découvre des caves uniques où même un film a été tourné : « Los 33 ».
On repart heureux de cette magnifique découverte en direction de l’hôtel. On terminera cette belle journée autour d’un délicieux plateau de sushis, prêts à s’envoler vers Carthagène le lendemain pour retrouver le soleil, la chaleur et les maillots de bain.
Nous avons pris la route vers la Cascada Manchego à Aratoca.
Avant cela, nous faisons une petite halte à Curíti pour déjeuner au sein d’un restaurant typique colombien que Bérénice avait trouvé. Servis par Bertha, nous avons déjeuné local.
Le ventre bien rempli, nous rejoignons la voiture direction la Cascada Manchego. Nous stationnons chez un particulier, et rencontrons un local sur ce même parking qui sera notre guide pour atteindre la cascade via la forêt, les habitations et les caféiers.
Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant ce joyau naturel et sauvage : la Cascada Manchego et ses bassins bleus se jetant dans le Canyon de Chicamocha. Ce dernier, formé par l’érosion du fleuve Chicamocha et considéré comme l’un des canyons les plus vastes et les plus profonds au monde avec une longueur de 227 km et une profondeur moyenne de 2000 mètres.
Après quelques plongeons et brasses tels des champions olympiques, nous regagnons notre logement colonial à Barichara pour ce qui sera notre dernière nuit dans le plus beau village de Colombie.
Nous quittons Villa de Leyva pour rejoindre Barichara, considéré comme le plus beau village de Colombie.
Après 2 heures de voiture nous avons un contretemps sympathique : un camion s’est renversé sur la route, ce qui nous a valu 2 heures à l’arrêt. Nous qui souhaitions déjeuner local, nous avons finalement mangé des sandwichs dans la voiture, préparés avec les moyens du bord.
Arrivés à Barichara, nous avons pris possession de notre appartement colonial aux murs blanchis à la chaux avec des toits de tuiles rouges typiques. Nous décidons d’aller boire un café et prendre un goûter sur la place principale avec une gourmandise quelque peu déroutante : le Tokki (flan de leche).
Le lendemain matin, départ pour le Camino Real. Ce dernier est un ancien sentier pavé de pierres de plus de 5 km à parcourir à pied, mêlant petites descentes et montées, qui relie Barichara à Guane. Le tracé original a été créé par le peuple Guane, une ethnie indigène, et servait d’axe de circulation principal pour le commerce et les déplacements entre les colonies indigènes. Après cette petite marche matinale, nous méritions bien un petit café colombien.
Nous sommes ensuite montés à bord d’un tuktuk pour rentrer sur Barichara. Nous avons fait découvrir au conducteur quelques musiques françaises.
Pour l’après-midi nous avons opté pour une activité plus calme : peinture de terres colorées. Nous avons donc fait parler nos âmes d’artistes à travers une toile et des magnets.
J’espère que vous avez aimé cette douce plume de la part de Danaé Lemire qui a mis sa pierre à l’édifice au blog Intuma.
Voici le programme pour nos deux semaines à trois : la visite de la capitale, un roadtrip d’une semaine, puis la découverte de Cartagène et de ses environs. La visite de Bogota étant validée, nous passons au roadtrip ! Pour l’occasion, Danaé, la cousine de Bérénice, a loué une voiture. Mais petit coup de stress : nous ne la récupérons qu’à 14 h au lieu de 10 h. Un poil énervés par ce retard qui écourte notre journée et nous prive de la visite de la cathédrale de sel, nous relativisons et adaptons notre programme.
Cap direct sur Villa de Leyva, notre camp de base pour les deux prochains jours. Sur la route, nous faisons une halte dans une crèmerie française. Résultat : du gouda fumé et du morbier dans le sac ! La propriétaire, installée en Colombie depuis 48 ans, nous alerte gentiment : il ne faut surtout pas conduire de nuit car cela reste dangereux. Même après toutes ces années, elle rencontre encore des soucis. Message reçu, nous ne traînons pas et rejoignons notre logement avant de finir la journée dans un super restaurant où nous nous régalons.
Le lendemain matin, nous attaquons par la Casa de Terracota. Surnommée « la plus grande céramique du monde », cette maison en terre cuite de 500 m² a été cuite directement sur place par l’architecte Octavio Mendoza pour montrer comment transformer la terre en architecture vivante. Petite anecdote : l’architecte y habitait vraiment au départ ! Mais l’édifice est vite devenu victime de son succès. Exemple typique de son quotidien : alors qu’il prenait sa douche, il voyait régulièrement des têtes de touristes curieux le regarder à travers la fenêtre ! Privé de toute intimité face à cet afflux de visiteurs, il a fini par capituler, déménager et céder sa maison au public.
Nous poursuivons ensuite avec la découverte de Villa de Leyva, célèbre pour sa Plaza Mayor pavée et ses façades coloniales blanchies à la chaux.
L’après-midi, direction Ráquira, la capitale artisanale de la région. Ce village ultra-coloré puise sa tradition de la poterie dans le savoir-faire ancestral des indigènes Muiscas, qui exploitaient déjà l’argile locale bien avant l’arrivée des Espagnols. Agrémentée d’une pause bien méritée pour savourer des jus de fruits frais et de bons cappuccinos !
Vous allez vous dire que nous avons fait un saut dans le temps, mais en l’espace de quatre jours, nous avons avalé près de 1 300 km et plus de 30 heures de route ! Un rythme intense, mais nous avions un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte : l’arrivée de la cousine de Bérénice à Bogota pour deux semaines de vacances ensemble.
Après un passage de frontière sans histoire vers la Colombie, nous nous posons dans un camping proche de la frontière et nous profitions d’une journée pour gérer les formalités habituelles d’entrée dans un nouveau pays : retrait de cash, cartes SIM et gros nettoyage du 4×4. Le devoir accompli, nous laissons notre compagnon à quatre roues au repos et sautons dans un bus direction Bogota. Vingt-et-une heures de trajet plus tard, nous voilà enfin réunis à l’aéroport !
Nous attaquons le séjour par un jour et demi d’exploration dans la capitale. Au programme : la place principale, ses ruelles colorées et ses petits artisans. Malheureusement, la magie n’opère pas. Entre la saleté et un sentiment d’insécurité pesant nous avons même assisté en direct à un vol de téléphone à l’arraché en moto, nous ne sommes pas tombés sous le charme. Certains quartiers sombrent rapidement entre drogue, prostitution et violence, et nous n’avons pas vraiment retrouvé la chaleur colombienne dont on nous avait tant parlé. Le soir, les rues se vident et les restaurants ferment tôt, un contraste saisissant avec toutes les autres capitales sud-américaines que nous avons traversées. Mais nous ne sommes pas inquiets pour autant ! Nous savons pertinemment que la Colombie nous réserve de magnifiques surprises, que ce soit à travers ses paysages, ses villages pittoresques ou la richesse de sa culture.
Réveil tranquillement à 8h, petit déjeuner à la lodge, et c’est parti sur les chapeaux de roues pour se rendre dans une communauté locale. Bon… ça commence quand même un peu cata.
On est à peine partis que le moteur de la pirogue lâche. Donc nous voilà à finir le trajet à la rame ! Au final, on fait un petit stop en attendant qu’un autre bateau vienne nous chercher. Et franchement, c’était plutôt une bonne surprise, puisqu’on en profite pour aller voir un arbre géant accompagné de sa liane.
L’arbre centenaire n’avait même pas encore fini de grandir et pourtant, il était déjà bien bien grand. Et juste à côté, il y avait cette fameuse liane qui nous tendait les bras. Donc forcément, on s’est amusés à se prendre pour Tarzan.
Chacun son tour, on s’est lancé dans le grand bain, et franchement, c’était assez fun. Une petite activité improvisée qui nous aura bien occupés pendant qu’on attendait notre nouveau bateau.
On repart direction la communauté pour rejoindre Nelly, qui va nous apprendre tout le savoir-faire autour du manioc.
Et là, c’est toute une petite chaîne de fabrication qui commence. On va d’abord ramasser le manioc, puis le peler, le râper, et ensuite l’essorer pour enlever tout le jus. Ça permet d’obtenir une sorte de poudre qui va faire office de farine, avec laquelle on va pouvoir créer une pâte. Et cette pâte va finalement devenir une grande crêpe. On passe un très bon moment avec elle et surtout, on se régale !
Et avant tout ça, on avait même eu droit à un petit apéritif avec des bananes séchées, des chips de banane et tout plein d’autres condiment. On teste même une autre spécialité locale type eau de vie, ça arrache vraiment et qui serait apparemment aphrodisiaque. Donc quand on en consomme trop, il vaut mieux avoir une chambre juste à côté… On repart de chez Nelly le ventre bien plein et plutôt content de notre expérience
Et là, on nous emmène voir le chamane. Et ça sera probablement l’une des activités qu’on aura le moins aimé de toute l’excursion. Tout simplement parce que c’est quelque chose qu’on ne partage pas et dont on ne se sentait pas vraiment être la cible. Du coup, ça nous a donné l’impression que c’était une fraude.
Et le soir, on repart pour refaire le sunset qu’on avait tant adoré la veille, direction la Laguna Negra. Et de nouveau, des couleurs magnifiques. Je crois que les photos parlent d’elles-mêmes. Sur la route, on aura même la chance de voir un dauphin rose dans l’eau ! On croisera également deux toucans. C’est sûrement un de nos oiseaux préféré.
On arrive sur la lagune, et c’est parti pour un peu de paddle, des plongeons, de la baignade et surtout un sunset encore une fois mémorable.
Mais une fois la nuit tombée, changement d’ambiance : cette fois-ci, on part à la recherche des caïmans. Malheureusement, on ne verra quasiment que leurs yeux à chaque fois avec la lampe torche. Mais bon, on n’était pas non plus trop tristes, parce qu’on avait déjà eu la chance d’en voir de magnifiques et de super près au début de notre voyage, dans le nord de l’Argentine. Et finalement, on croise quand même un boa au bord de la rivière. Donc on ne reviendra pas complètement bredouille !
Le lendemain, c’est déjà l’heure du départ. Réveil à 5h30 pour essayer d’assister au lever du soleil. Bon… ça sera un vrai flop. Tout est complètement nuageux et, en plus, la journée s’annonce plutôt pluvieuse. Mais on arrive quand même à observer quelques autres oiseaux avant de rentrer.
Et voilà, c’est déjà l’heure de replier les bagages, de dire au revoir à la lodge et de repartir retrouver notre cher Celso. Cette fois-ci, direction la fameuse frontière Équateur-Colombie.
Alors là, clairement, c’est un peu sur un coup de tête qu’on décide de partir en Amazonie.
On avait rendez-vous le 20 à Bogotá, mais en regardant toute la route qu’il nous restait à faire et toutes les étapes qu’on avait encore avant, on s’est dit que ça serait quand même beaucoup plus judicieux de profiter à fond de l’Équateur et de prendre ensuite un bus pour aller jusqu’à Bogotá.
Et donc on se dit : bon bah, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire en Équateur ?
Et là, l’Amazonie nous a tendu les bras.
On avait eu pas mal de contacts avec d’autres personnes qui l’avaient déjà faite, notamment, la Team Fred, nos copains suisses finalement. Et donc on décide de se rendre dans la réserve de Cuyabeno, en Équateur, pour passer trois jours en pleine Amazonie.
On s’est dit que ça serait quand même vraiment dommage de passer à côté. Parce que bon, on n’est quand même pas tous les jours en Amérique du Sud ! Donc on a profité, et franchement, on ne regrette absolument pas.
Pour commencer, on se rend avec Celso jusqu’au point de départ. Et là, on embarque dans une longue pirogue à moteur pour deux bonnes heures de trajet à travers la forêt amazonienne, direction notre lodge : Caimán Lodge.
Un bon pied de nez au voyage, puisque finalement, des caïmans, on n’en verra presque pas ! Tout simplement parce que ce n’est pas la saison.
Mais bon, clairement, ça ne nous empêchera pas d’en prendre plein les yeux.
Pendant ces deux heures de pirogue, on fait plein d’arrêts pour observer les animaux. Et franchement, dès le premier trajet, c’est déjà festival !
On aura notamment la chance de voir deux anacondas verts, des singes ouistitis, des singes aux mains jaunes, des singes capuccino, des singes saki… Bref, franchement, pour un premier jour, on voit déjà plein d’animaux et c’est vraiment cool, avec nos jumelles nous sommes de vrais aventuriers.
On arrive ensuite à la lodge, on prend un bon petit repas, et l’après-midi, c’est reparti pour un tour en bateau, direction la Laguna Negra.
L’objectif : profiter du coucher de soleil et, surtout, se baigner en plein milieu de l’Amazonie.
On sait que tout autour de nous, il y a plein d’animaux, notamment des dauphins roses, des caïmans et plein de poissons. Mais bon, le coin est suffisamment safe pour qu’on puisse se baigner tranquillement.
Et avec le sunset qui commence à tomber, c’est vraiment magnifique.
On profite donc d’une petite baignade au milieu de la Laguna Negra avec le soleil qui descend tranquillement sur la forêt amazonienne. Franchement, on ne pouvait pas rêver mieux pour commencer ces trois jours.
Mais la journée n’est pas encore terminée !
Cette fois-ci, on part dans l’Amazonie… de nuit.
Et là, changement d’ambiance totale. On part à la recherche des arachnides et de tout un tas d’autres insectes qui sortent une fois la nuit tombée.
On verra notamment une tarentule qui jouait à cache cache avec nous, une araignée lobo et une araignée bouton.
Bref, franchement, une première journée bien bien remplie, avec énormément de découvertes et déjà plein de souvenirs, on a adoré.
Pour notre deuxième jour à Quito, nous en profitons le matin pour mettre à jour le blog, enregistrer le podcast et préparer la newsletter. Suite à cela, Arnaud regarde le match de l’Olympique Lyonnais.
Ensuite, nous prenons un taxi direction le marché artisanal. Nous sommes un peu déçus, car il est ultra-touristique : tous les marchands proposent la même chose et l’authenticité a disparu au profit de produits importés. Heureusement, nous dénichons un peu plus loin un véritable artisan qui fabrique lui-même son chocolat et son café, aux côtés de sa femme qui vend ses créations en crochet. Nous nous attachons tout de suite à ce couple de petits vieux charmants. Après une adorable dégustation qu’ils nous ont proposée, nous leur achetons du chocolat.
Nous nous promenons ensuite vers le quartier de la Floresta, réputé pour son street art et ses couleurs. Alors que la nuit tombe, nous ne sommes pas vraiment emballés par le quartier, très moyen par rapport à ce qui était vendu sur le papier. Nous tombons alors par hasard sur une galerie d’art et décidons d’y entrer. Les hôtes nous accueillent chaleureusement et nous présentent leurs œuvres très colorées. Bilan : nous craquons pour un tableau que nous exposerons à notre retour en France ! Cela nous fait au moins trois tableaux achetés depuis le début du voyage.
Pour finir cette journée, nous nous arrêtons dans un restaurant de sushis super sympa. Sans être les meilleurs, ils étaient très bons. Enfin, nous reprenons un taxi pour rentrer tranquillement au camping.
Après un bref arrêt à Baños de Agua Santa, nous reprenons la route en direction de Quito, la capitale de l’Équateur. Sur le trajet, nous faisons une halte stratégique car oui il fallait régler LE gros dossier des deux dernières semaines : recharger notre bouteille de gaz. Mission enfin accomplie avec succès, On espère que c’était la dernière fois du voyage.
Arrivés à Quito, nous posons nos affaires dans un camping géré par Andy, un propriétaire canadien particulièrement prévenant. À peine la tente montée, il nous commande un taxi pour nous expédier au cœur du centre historique.
Notre première étape est la basilique du Vœu National, et quelle claque ! Nous avons la chance incroyable d’y arriver au moment où il n’y a personne : la monumentale bâtisse est à nous tout seuls. Avec son architecture qui rappelle vivement Notre-Dame de Paris et ses vitraux qui inondent l’intérieur de lumières colorées, le spectacle est magique. En sortant, nous tombons sur une exposition consacrée à la venue du pape Jean-Paul II en 1985, avec sa fameuse papamobile.
Nous poursuivons notre exploration à travers les différentes cathédrales. Toutes sont d’une beauté, ornées d’or et sculptées dans les moindres détails. L’effort architectural et le sens du détail à Quito sont tout simplement bluffants pour ses monuments.
Pour clore cette belle journée, nous nous accordons une pause bien méritée dans une brasserie locale autour d’une bière fraîche et de quelques tapas à partager. Et comme on nous a vivement déconseillé de flâner dans les rues de Quito une fois la nuit tombée par sécurité, nous reprenons prudemment un taxi pour regagner notre camp de base.
Après plus de 7 h de route, soit 1 h de plus qu’annoncé sur le GPS, nous arrivons à Cuenca, une ville au style architectural colonial. Nous sommes bluffés par sa propreté : aucun déchet ne traîne par terre, ce qui est d’ailleurs le cas partout sur les routes que nous avons empruntées. Il y fait bon vivre. Nous nous promenons dans la ville et nous arrêtons dans une panadería (boulangerie) qu’on nous avait conseillée. On en ressort avec trois miches de pain (une complète, une aux céréales et une ciabatta) et des croissants. Les pains sont franchement bons ; pour les croissants, bon, il y a encore du boulot !
Nous séjournons dans un camping où nous sommes très bien accueillis. Nous discutons beaucoup avec le propriétaire et lui racontons notre mésaventure avec la police. Il nous dit alors amusé : « Ils ne savent plus réfléchir à cause de leurs bottes et de leur casquette !« Il nous offre ensuite des légumes de son potager, on est trop contents.
Nous passons une nuit plutôt mouvementée avec Arnaud qui nous fait un épisode de somnambulisme et qui, dans son escapade nocturne, trouve le moyen de cacher les clés du véhicule… à l’intérieur de la voiture. Un vrai bonheur au réveil quand la mémoire flanche !
Bref, sur ce réveil atypique, nous repartons en direction de Baños de Agua Santa, une étape qu’on nous avait conseillée, située entre les paysages andins et l’Amazonie. On en profite pour tester les thermes sous un temps pluvieux, et qu’est-ce que ça fait du bien !
Fini la farniente et la côte pour un bon bout de temps. Nous plions bagage et passons la frontière péruvo-équatorienne à Huaquillas. Le passage se fait en toute fluidité. Une fois dans le pays, nous rejoignons un spot conseillé quelques kilomètres plus loin : un coin en pleine nature dans une réserve protégée, avec un mirador offrant un superbe coucher de soleil au-dessus des arbres.
Nous poursuivons notre chemin vers Cuenca, mais non sans affronter les fameux policiers corrompus. La route est parsemée de points rouges sur iOverlander et nous avons fini par trinquer. On nous arrête et on nous verbalise pour la fissure sur notre pare-brise, qui date pourtant de 6 mois. Bien que déjà arrêtés plusieurs fois par le passé, nous n’avions jamais été confrontés à ce type de problème. Ils nous demandent 490 dollars d’amende, le changement du pare-brise et le gardiennage payant du véhicule au commissariat. À force de négocier, ils finissent par céder au bout de 20 minutes, nous rendent nos papiers et nous laissent partir sans nous soutirer d’argent, mais ce fut un épisode très stressant.
Nous nous arrêtons à mi-chemin pour le déjeuner dans une ferme de truites réputée. Nichés à plus de 4 000 m d’altitude avec à peine 10 degrés, nous troquons notre tenue du matin (shorts et tongs) contre des baskets, un pull et un jean. Mais qu’est-ce que le poisson était bon et frais !
En quittant Lima à bord de notre cher Celso, l’objectif était simple : flâner 3 ou 4 jours sur la côte nord du Pérou pour se requinquer et retrouver ces airs de Sud-Ouest qui nous manquaient tant.
Après quatre bonnes journées de route, nous voici arrivés à Máncora pour décompresser. On pose notre bivouac dans un camping au bord de l’océan et, instantanément, on se sent comme à la maison. Quel bonheur de simplement « ne rien faire » : pas de tente à monter ou démonter, pas de kilomètres à avaler, pas de courses à prévoir. Juste nous, la planche de surf, les couchers de soleil, une bonne liseuse et une sortie en mer au petit matin.
Un vrai havre de paix… et un moment magique : Bérénice a vu des baleines pour la toute première fois. Un instant hors du temps au milieu de l’océan, sublimé par la rencontre avec un banc de dauphins et leurs petits, qui nous ont même offert un spectacle de sauts.
Côté mécanique, Celso pète la forme ! Un simple changement d’ampoule de feu de croisement grillée, et le voilà prêt à reprendre la route.
Après toutes ces folles aventures, il est temps de prendre la route du retour vers Lima. Sur le trajet, on repère une étape qui donne envie : la ville de Churín, réputée pour ses bains thermaux. Parfait pour se détendre et dérouler les muscles après tant d’heures de piste !
Enfin… sur le papier. Parce qu’il nous aura fallu 10 heures de route pour parcourir à peine 300 km ! Je vous laisse imaginer la vitesse moyenne et l’état des routes. Arrivés à Churín, on cherche notre hébergement, baptisé « Palace Hotel » que l’on avait réservé à l’avance cette fois ci. On s’attendait à une prestation un minimum correcte, mais vous commencez à connaître le Pérou : à chaque jour suffit sa peine !
À notre arrivée, coupure d’électricité générale dans toute la ville. Les chambres sont plongées dans le noir complet et seules quelques lumières de secours éclairent les couloirs. Dans les rues, c’est le capharnaüm total : la ville est complètement bloquée, ça klaxonne de partout. On renonce au parking sécurisé de l’hôtel et on garera la voiture plus loin pour finir à pied.
Une fois les clés en main, petite découverte architecturale locale : le parking de l’hôtel se situe au sous-sol… mais n’a pas de plafond ! Résultat : à chaque étage, les couloirs donnent directement sur le parking avec les effluves de gasoil qui remontent. Une pépite de plus à ajouter au livre de souvenirs.
On pose les bagages, une courte sieste, puis on sort découvrir la ville. C’est le jour de la Fête Nationale, le rues sont animé. Avec la coupure de courant, les commerçants ont sorti les groupes électrogènes et les bougies (un classique apparemment bien rodé). La lumière finit par revenir et la chasse au restaurant commence !
C’est là que le marathon culinaire s’amorce. On vise une pizzeria : complète. On tente un deuxième resto qui affiche des pizzas à la carte : on nous sert en fait des « pizzas frites ». On passe notre tour ! Troisième essai dans un resto péruvien classique : on demande un premier plat, épuisé. Un deuxième, épuisé. Un troisième, épuisé… Ils auraient pu nous donner la liste de ce qu’il restait dès le début ! Exaspérés, on quitte les lieux. Par chance, en repassant devant la première pizzeria, une table vient de se libérer. Soulagement ultime, on peut enfin manger avant de filer au lit.
Le lendemain matin, pas d’eau chaude à la douche, évidemment ! Mais bon, on ne râle pas trop puisqu’on est censés aller se tremper dans les sources thermales. Sauf qu’en sortant de l’hôtel, un bouchon interminable paralyse toute la ville. Les parkings des termes sont saturés et les différents sites sont noir de monde. À la base, on venait pour se détendre… voyant la foule, on renonce et on trace directement vers Lima.
Arrivés à destination, on retrouve enfin notre Airbnb. Et là, miracle : tout se passe à merveille ! On en profite même pour faire tourner des lessives. Le fil de tricot de Chantal transformé en étendoir fait des merveilles, c’est du solide.
Pour notre dernière soirée avec les parents d’Arnaud, on décide de retourner dans un resto de sushis qu’on avait adoré avant leur arrivée (recommandé par des amis suisses). On prend un taxi, tout le monde est réjoui… et en arrivant devant : porte close ! Décidément, on aura été vernis jusqu’au bout. Heureusement, la chance tourne enfin : un autre resto de sushis dans la même rue nous accueille, et c’est un régal absolu.
On termine ce séjour sur une super note, réunis autour de la table, avant que les parents ne s’envolent le lendemain vers Arequipa pour poursuivre leurs deux semaines de voyage qu’on leur souhaite un peu plus calmes que les deux dernières !
De notre côté, on repart la tête pleine d’anecdotes inoubliables. Une sacrée aventure !
Après notre nuit mémorable, on se réveille dans cet « hôtel d’exception », El Jardin de son nom. On nous avait promis le petit-déjeuner au réveil, parfait pour être prêts avant notre excursion fixée à 8h45. On se présente donc sagement à 7h30… pour s’entendre dire que le petit-déjeuner n’est servi qu’à partir de 8h. Évidemment ! À la réception, c’est le désert absolu, à part deux ados qui passent le balai nonchalamment. Bref, un établissement à fuir de toute urgence. On tranche : on file en ville pour se prendre un café et un bout de croissant en express.
Entre-temps, pour ne pas se faire avoir deux fois, on réserve un Airbnb pour le soir même. Enfin ça… affaire à suivre !
Direction Tingo María pour rejoindre l’agence. La veille, on nous avait vendu : une marche dans la rivière au cœur de la forêt tropicale, des paysages à couper le souffle et une redescente festive en boudins, le tout en petit groupe de 15 personnes. Retenez bien ces détails, car nous sommes au Pérou et, vous vous en doutez, rien ne va se passer comme prévu.
On prend un colectivo pour rejoindre le point de départ. En arrivant sur place : surprise ! Il n’y a pas 15 personnes, mais environ 500 touristes massés pour la journée. Notre petit groupe intime ? On apprend qu’on est finalement 40, encadrés par trois guides complètement dépassés par les évènements. L’organisation est affligeante. Alors qu’on était arrivés les premiers, les guides hurlent dans tous les sens sans que rien n’avance, et on se retrouve à s’élancer les derniers après plus d’une heure et quart d’attente. Chacun récupère son « équipement » : une vraie chambre à air de tracteur à porter sur l’épaule et des gilets de sauvetage qui pue le vomi !
Le début de la marche se fait sur du goudron (on cherche encore le côté sauvage), puis on arrive enfin à la rivière. Et là, l’organisation « locale » reprend le dessus. On a 3 boudins pour 12 personnes, que les guides rattachent entre eux avec des cordes. L’objectif : traverser la rivière 8 fois pour atteindre les cascades.
L’expérience prend aussi une tournure gentiment machiste. Quand Chantal et Bérénice s’approchent pour porter les boudins, on leur sort un « Ah non non, pas pour vous ! ». Une fois les embarcations attachées, consigne inverse : seules les filles ont le droit d’être dans les boudins, pendant que les garçons doivent se taper la traversée à pied dans le courant pour tirer et guider l’attelage…
On arrive enfin sur le lieu de la pause déjeuner, au pied des cascades, au milieu des 500 autres visiteurs. Mention spéciale tout de même aux paysages, franchement magnifiques : d’immenses falaises, un canyon verdoyant et une végétation luxuriante. On déguste notre repas traditionnel emballé dans une feuille de bananier encore chaude (le meilleur tupperware écologique du monde !) : du riz et du poulet, du classique mais très bon.
En revanche, niveau écologie, les habitudes locales piquent un peu les yeux. Une fois les groupes repartis, la plage se retrouve jonchée de sacs en plastique. Il n’en fallait pas plus pour faire bondir Chantal ! Même sans parler un mot d’espagnol, elle s’est fait parfaitement comprendre en recadrant les gens un par un pour qu’ils ramassent leurs déchets. Je vous laisse imaginer la scène !
Après ce bon repas face aux cascades, on s’attendait enfin à avoir un peu de fun pour la redescente sur nos chambres à air. Mauvaise pioche. À chaque rapide un peu agité, les guides faisaient descendre les filles des boudins pour faire passer l’obstacle au groupe à pied sur le bord, avant de remonter les filles dessus 50 mètres plus loin. Bref, la descente à sensations vendu la veille s’est transformé en copie conforme de l’aller.
En fin d’après-midi, retour à la civilisation. On se dit qu’au moins, la galère du logement est derrière nous grâce au Airbnb réservé le matin. Que nenni ! L’hôte n’a pas donné signe de vie de la journée et nous n’avons aucune information sur le check-in. On se retrouve donc au téléphone pour joindre le service client. Heureusement, ils gèrent : remboursement intégral immédiat + un coupon de réduction de la valeur de la nuit. Mention spéciale à Airbnb toujours un service client au top !
Mais le problème reste entier : où va-t-on dormir ? Après avoir essuyé de nouveaux refus en faisant le tour des hôtels, on décide d’aller au restaurant pour se requinquer et pour trouver une solution. Arnaud ne lâche rien et continue de chercher sur son téléphone entre deux bouchées. Et bingo ! Il déniche un hôtel un peu plus loin auquel il reste deux chambres.
Cette fois, c’est le grand luxe par rapport à la veille : boisson d’accueil, vraie chambre pour chacun, douche chaude qui fonctionne, toilettes opérationnelles et petit-déjeuner inclus le lendemain. On s’endort comme des masses pour une nuit réparatrice bien méritée. Un peu de confort, franchement, ça fait un bien fou !
Après cette nuit tout de même reposante… autant vous dire que nos fameuses couvertures loup et lion nous ont bien servi ! Cela dit, on a passé la nuit collés au milieu du matelas, le lit étant une vraie cuvette, ça crée des liens.
Au réveil, nous voilà prêts à reprendre la piste pour enfin atteindre le parc national de Tingo María. La route ? Toujours la même histoire que la veille : des trous, de la piste, des éboulements et des véhicules qui doublent n’importe comment. Il faut être chaud chaud chaud et garder ses nerfs face à l’incomparable conduite péruvienne, qui nous surprend toujours !
À l’approche de Tingo María, on fait une halte dans un petit village réputé pour ses cascades et ses bassins naturels. Et après toutes ces heures de secousses, on en avait grandement besoin. La météo change du tout au tout : après avoir frôlé les températures négatives au glacier, on passe enfin en mode short-tongues avec un bon 28°C qui fait un bien fou. On se fait une Padilla (barbecue) sur place avant de partir explorer les cascades d’Honolulú.
En entrant sur le site, on croise une foule de Péruviens qui font le chemin inverse. Bonne nouvelle : la vague de visiteurs s’en va, ce qui signifie qu’on va avoir les bassins rien que pour nous ! On profite à fond de ce cadre tropical pour se détendre. Bon, l’eau reste fraîche, mais ça vivifie et ça fait un bien immense.
Après deux bonnes heures à profiter du lieu, on part en quête d’un logement pour la nuit. Sauf qu’on avait zappé un « détail » d’une importance capitale : c’est la Fête Nationale au Pérou, un pont de 4 jours où tout le pays voyage ! Tous les établissements sont pris d’assaut et réservés depuis des semaines, alors que nous, on débarque la fleur au fusil.
La galère commence. On enchaîne une dizaine d’hôtels à pied, essuyant refus sur refus. L’inquiétude commence à monter à l’idée de devoir dormir dans le RAV4… jusqu’à ce qu’un hôtelier nous oriente vers une adresse un peu en dehors de la ville qui aurait encore une chambre quadruple. On ne cherche même pas à comprendre : on saute sur l’occasion !
Mais quelle n’est pas notre surprise en arrivant sur place…
Une chauve-souris nous accueille dans la chambre. Il y a quatre lits dont un qui est aussi dur que le carrelage (celui d’Arnaud), le robinet du lavabo ne marche pas, la chasse d’eau refuse d’évacuer, la douche est évidemment froide et arbore fièrement de superbes crottes de chauve-souris. Cerise sur le gâteau : tarif Fête Nationale oblige, la chambre coûte une petite fortune pour le pays.
Mais bon, pas le choix, on fait avec les moyens du bord ! On s’endort tant bien que mal, car demain, une excursion nous attend entre rivière et forêt tropicale.
Pour revenir sur l’épisode du mariage : figurez-vous qu’en rentrant du restaurant vers 22h30, la fête battait encore plus son plein qu’au départ… alors que les hôteliers nous avaient garanti une fin à 20h ! En voyant notre nuit de sommeil se raccourcir et notre réveil très matinal du lendemain, on a fini par piquer une vraie crise. Voyant que nos plaintes ne changeaient rien, on a sorti les grands moyens : on a remballé nos affaires, prêt à plier bagage et partir.
Cette menace a immédiatement poussé les propriétaires à couper court aux festivités. Et franchement, il était temps. Les invités étaient complètement imbibés et partis pour danser jusqu’à 5h du matin, toujours sur leurs superbes musiques… On a du nous traiter de gringos mais nous avons payé pour dormir !
Le lendemain matin, après avoir réussi à extirper notre voiture bloquée par un voisin de parking, vous aurez compris que rien n’est simple au Pérou, cap sur le glacier Pastoruri, perché à 5 000 mètres d’altitude.
Sur la piste, on fait une chouette rencontre : Charlotte et Nicolas, un couple de Français qui réalisent un voyage de noces à vélo à travers toute l’Amérique du Sud. On s’arrête taper la discute, petit selfie souvenir, échange d’Instagram, puis on reprend chacun notre route.
La piste pour accéder au glacier est chaotique, mais les paysages sont déjà irréels entre moutons, chevaux et vaches au milieu de nulle part. On gares le RAV4 à 4 800 m pour terminer les 200 derniers mètres de dénivelé à pied. Le souffle manque cruellelement à cette altitude, mais tout le monde, parents compris, arrive au sommet ! Là-haut, c’est magnifique : le glacier vient se jeter dans une lagune, sous un grand ciel bleu. Cerise sur le gâteau, nous sommes absolument seuls au monde. Ce n’est qu’en redescendant au parking qu’on croise des dizaines de bus touristiques qui débarquent d’un coup. Un timing parfait !
Après ce moment magique, il est temps de faire de la route. On vise la région du parc national de de Huascaran, ce qui implique pas mal d’heure de route même s’il n’y a pas beaucoup de kilomètres. La piste est défoncée : trous, éboulements, route goudronnée puis plus du tout sans compter le style de conduite très spontané des locaux… La concentration doit être maximale.
À la recherche d’un logement dans un coin très reculé, on fait appel à notre fidèle application iOverlander. On tombe sur un hôtel au commentaire lunaire : un voyageur y racontait qu’à 5h du matin, pensant entendre des travaux, il s’était retrouvé face au propriétaire entré dans sa chambre. Après l’avoir plaqué au sol par réflexe, le proprio s’était écrié « Pardon je me suis trompé ! » et un peu après « Je suis gay ! » avant que le client ne prenne la fuite en courant…
L’ambiance était posée ! Finalement, cet établissement n’existait plus. On s’est rabattus sur un autre hôtel, agrémenté des fameuses couvertures à motif tigre pour Chantal et Bertrand et motif Loup pour Bérénice et Arnaud. Aucun restaurant n’étant ouvert dans le village, on a improvisé le dîner grâce à une petite épicerie locale. Une journée encore bien haute en couleur dont on se souviendra longtemps !
Aujourd’hui, on met les randonnées entre parenthèses et on quitte Huaraz en direction de Chavín de Huántar, une étape réputée pour son site archéologique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Mais avant même d’arriver sur place, la route en elle-même est un spectacle à part entière. On grimpe jusqu’à un col niché à 4 500 m d’altitude avant d’emprunter le fameux tunnel qui relie les deux vallées. À bord de notre Toyota RAV4, on en prend plein les yeux. On s’accorde quelques arrêts photo indispensables, notamment devant une magnifique lagune entourée des sommets enneigés de la Cordillère Blanche, mais aussi au pied d’une grande statue de Jésus encore un, ils sont décidément partout au Pérou !
On arrive à Chavín de Huántar sur les coups de midi. N’ayant rien réservé à l’avance, on tente notre chance dans un hôtel dégoté sur notre fidèle application iOverlander. L’accueil est extrêmement chaleureux, et pour cause : un mariage se prépare dans la cour intérieure ! On assiste même à l’arrivée des mariés tout juste sortis de l’église, marquant le début des festivités pour toute l’après-midi.
De notre côté, après une pause repas, on file visiter le fameux site archéologique. Et franchement, c’est assez impressionnant : le lieu remonte à plus de 2 500 ans avant J.-C. Sans guide physique, on teste une nouvelle formule en utilisant un audio-guide généré par intelligence artificielle, et le résultat est carrément convaincant. On apprend plein de choses passionnantes sur les croyances andines et leurs trois animaux sacrés le serpent, le faucon et le jaguar tout en explorant un réseau de galeries souterraines bien préservé. Une belle immersion culturelle !
En fin d’après-midi, retour à l’hôtel, et là, c’est une autre ambiance… Le mariage bat son plein et, au Pérou, le simple vitrages la norme dans tous les bâtiments. Résultat : c’est comme si la fête se déroulait directement au milieu de notre chambre. Pour couronner le tout, la fanfare joue littéralement la même mélodie en boucle depuis trois heures.
On nous avait promis que la musique s’arrêterait à 20h. Il est actuellement 20h01, les cuivres résonnent toujours autant et les invités dansent dans une sorte de transe frénétique. On croise fort les doigts pour que la fête se termine avant l’extinction des feux… Sinon, la seule option sera d’aller les rejoindre sur la piste pour tenter d’apprivoiser cette mélodie divine !
Ça y est nous y sommes, direction la fameuse Laguna 69, le trek incontournable autour de Huaraz. Petite particularité pour cette sortie : nous avons été obligés de passer par une agence touristique pour pouvoir accéder au parc national. Ce n’est pas vraiment dans nos habitudes, mais on s’est pliés aux règles.
Le réveil pique fort : 3h45 du matin, la tête dans le gaz, pour un départ prévu vers 4h30. Chose assez atypique au Pérou, le bus d’excursion vient te chercher directement au pied de ton logement, comme un taxi. On passe donc une bonne partie du début de matinée à faire le tour de la ville pour ramasser tout le monde avant de lancer vraiment les 3 heures de route. La piste secoue pas mal, mais à l’approche du départ, les paysages deviennent déjà spectaculaires avec des premières lagunes d’un bleu saisissant.
On commence la randonnée direct à 3 900 m d’altitude. Avec le timing imposé par le groupe et le bus pour le retour, on ne peut pas trop flâner. Assez vite, deux rythmes se créent : Bérénice et Arnaud partent devant, tandis que Chantal et Bertrand avancent à leur rythme. Le manque d’air se fait fort sentir pour Chantal, et Bertrand reste avec elle pour l’épauler.
Le parcours est superbe : on croise des rivières, des vaches en liberté, des paysages grandioses… Mais sur les 13 km et 800 m de D+ au total, ce sont vraiment les 2 derniers kilomètres qui sont hardcore. À plus de 4 400 m, la pente parait de plus en plus raide et les organismes ont du mal.
Au bout de l’effort, c’est la claque. La Laguna 69 est exactement comme sur les photos : d’un bleu presque irréel, avec une cascade qui vient se jeter dedans. On dirait presque qu’ils ont versé du colorant ! On s’installe pour casser la croûte face à ce spectacle unique en espérant voir arriver les parents. Après discussion avec le guide, on comprend qu’ils sont raisonnablement restés au niveau de la première lagune, le souffle manquant trop à Chantal. Bertrand aurait pu terminer la randonnée mais le temps aurait manqué pour arriver au sommet.
On entame la descente en espérant les retrouver en forme en bas. Tout se passe comme sur des roulettes et on se rejoint vers la fin du parcours pour débriefer nos émotions de la journée.
Il ne reste plus qu’à affronter le trajet retour en bus, particulièrement long ou la chaleur et le manque d’air sont présent. Une journée décidément placée sous le signe du manque d’oxygène ! On est bien contents de retrouver l’appartement, sa douche, et de filer au lit dès 21h. Rideau pour tout le monde. Une sacrée journée qui nous laisse des étoiles plein les yeux, prêts pour la suite de l’aventure.
Aujourd’hui, c’est le grand jour : première randonnée au Pérou et premier vrai test d’acclimatation pour les parents d’Arnaud !
Pour cette entrée en matière, on vise la Laguna Wilcacocha, une rando réputée idéale pour habituer l’organisme à l’effort en altitude sans trop se détruire puiser dans nos forces dès le début. Un petit tour de chauffe avant les choses sérieuses !
Le départ s’annonce déjà épique… En essayant d’atteindre le point de départ en voiture, on se trompe de chemin. Après quelques manœuvres en marche arrière dignes de Fast and Furious sur des pistes en terre, on réussit enfin à trouver le point de départ de la randonnée. C’est parti pour 600 m de D+ sur 7 km au total.
La montée commence et l’altitude se fait vite ressentir, surtout pour Chantal qui manque pas mal de souffle face au manque d’oxygène. Mais elle s’accroche comme une chef ! Petit à petit, à notre rythme, on grimpe jusqu’au sommet, tous super fiers du chemin parcouru. Là-haut, la récompense est au rendez-vous : une pause au soleil face à une vue imprenable sur la Cordillère Noire, absolument magnifique.
Pour la redescente, on choisit l’option tranquillité. On emprunte la piste en gravier (qui, pour la petite histoire, permettait en fait de monter tout en haut en voiture !) beaucoup moins pentue et plus douce pour les genoux.
Sur le chemin du retour, on s’arrête dans un petit resto typique tenu par une mère et sa fille super gentilles. On se régale de spécialités locales pendant que l’on voit l’orage s’approcher à grand pas. Pas de temps à perdre, on remet le cap sur l’appartement pour se mettre à l’abris !
Le soir, pas de carabistouille : au lit de bonne heure ! Demain, un réveil très très tôt (3h45) nous attend pour attaquer le gros morceau : la fameuse Laguna 69.
Aujourd’hui objectif Huaraz le temple de la randonnée au Pérou. Cette ville se situe proche de la cordillère blanche. La ville est entourée de sommet enneigé et se trouve à 3000m de haut. L’oxygène manquant se fait déjà sentir pour les parents de Arnaud il va falloir s’acclimater !
Au programme petite visite du centre ville de Huaraz et renseignement au centre touristique sur les randos qui nous attendent dans les prochains jours.
Demain petite mise en jambe en toute tranquillité avec le trek Laguna Wilcacocha en guise d’acclimatation à l’effort en altitude.
On quitte Lima pour enfin démarrer le périple avec les parents de Arnaud. Direction l’aéroport pour aller chercher la voiture de location.
Passage obligé par la circulation tumultueuse de Lima. On saute dans le taxi et c’est parti pour un apprentissage malgré nous de la conduite péruvienne. On arrive tant bien que mal à l’aéroport non sans sueur froide. On récupère notre super Toyota Rav-4 et c’est parti pour Barranca en empruntant la route Panaméricaine qui remonte jusqu’à l’Alaska en Amérique du Nord.
On commence directement dans le vif du sujet. La route principale est bloqué par des gros blocs de bétons ça nous rappelle les blocages de la Bolivie. Alors on ne se décourage pas on prend des chemins de traverses. Il faut bien s’accrocher ça secoue ! Ça y est nous sommes bien au Pérou les routes sont défoncés et les habitations sont faites de briques et de broques.
Pour couronner le tout on se fait arrêter par la police corrompue qui veut nous soutirer 600 soles (150€) car nous avons mis le clignotant droit au lieu des feux de détresse pour se ranger sur la bas côté, une vaste blague. Arnaud tient tête au policier et au bout de 15 minutes, on parvient à repartir avec le permis de conduire de nouveau dans la poche et surtout le portefeuille toujours plein. On vous racontera cette super anecdote dans le podcast de lundi prochain.
Le soir nous arrivons au Airbnb et on file vite se dégourdir les jambes pour profiter du coucher de soleil sur l’océan pacifique. Objectif le christ rédempteur pour profiter d’une vue panoramique sur la ville de Barranca. Au retour on s’arrête prendre une bière le long de la plage et on termine tranquillement la soirée à l’appartement.
Pour notre deuxième journée à Lima, nous décidons de retourner à Barranco. La veille, nous n’avions pas eu pleinement le temps de l’explorer. Nous prenons le temps de flâner dans un petit marché local, d’admirer les magnifiques fresques de street art qui colorent les murs et de voir le célèbre Pont des Soupirs (Puente de los Suspiros).
Ensuite, direction le centre historique en taxi pour découvrir la Plaza de Armas. Nous tombons au meilleur moment : pour les besoins d’un défilé, le centre-ville est exceptionnellement fermé aux voitures. Une chance incroyable qui nous permet de profiter de l’architecture coloniale dans une ambiance piétonne et très agréable. Pour la pause déjeuner, nous nous installons dans un restaurant afin de reprendre des forces et, surtout, de visionner devant la finale de la Coupe du monde.
Malheureusement, cette belle journée s’est terminée par une grosse fausse note… C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons découvert que notre carte SD avait rendu l’âme. Impossible de récupérer les fichiers : toutes les photos de cette seconde journée à Lima sont définitivement perdues. Il ne nous reste plus qu’à graver ces précieux souvenirs dans nos mémoires ! Heureusement on a la solution, Chantal a fait quelques clichés avec son iPhone on se sert et on court acheter une nouvelle carte SD. Un dimanche à Lima un magasin est ouvert, on en profite.
Après une pause à Paracas, il est temps pour nous de reprendre la route en direction de Lima. La date d’arrivée des parents d’Arnaud approche à grands pas ! Une fois sur place, nous laissons Celso en sécurité dans un parking gardé, en lui disant « à dans 14 jours ». Nous posons ensuite nos sacs à dos dans notre Airbnb avant de flâner dans les rues de Lima pour faire quelques petites emplettes.
Puis vient l’heure tant attendue de l’arrivée des parents d’Arnaud… et quel périple pour les récupérer à l’aéroport ! Le trafic dans la capitale est d’une densité absolue. Nous avions pourtant prévu de l’avance, mais c’était sans compter sur les bouchons : résultat, nous sommes arrivés une heure après leur atterrissage… Adieu l’effet surprise ! Heureusement, la défaite logistique a vite laissé place à l’émotion de voir Arnaud dans les bras de ses parents.
Le lendemain, réveil matinal pour Chantal et Bertrand (merci les 7 heures de décalage horaire !). Nous démarrons la journée par la découverte du quartier de Miraflores. Au programme : le parc John Kennedy, le parc central de Miraflores (où nous tombons face a un rassemblement de carte panini coupe du monde pour ceux qui ont la réf) et l’église de la Virgen Milagrosa. Nous poursuivons notre balade par un petit marché central, avant de rejoindre le célèbre Parque del Amor (le parc de l’amour) en bord de côte. C’est magnifique, d’autant plus que la chance est avec nous : le soleil est au rendez-vous sous un grand ciel bleu.
Nous mettons ensuite le cap sur Barranco, le quartier artistique de la ville. Une surprise nous attend en arrivant : nous tombons pile au moment d’un défilé de village ! Après avoir profité de cette ambiance festive, nous nous posons dans un bar-restaurant pour manger et regarder la petite finale de foot France-Angleterre. Bon… on ne va pas s’éterniser sur le score.
Après cette nouvelle « défaite » de la journée, retour au Airbnb pour une fin de soirée tranquille, des souvenirs plein la tête.
Après les immenses dunes de Huacachina, direction la côte pour découvrir la magnifique réserve nationale de Paracas. Cette fois-ci, on troque les skis et le snowboard contre… un scooter ! Pour nous c’est la meilleure façon d’explorer cette incroyable zone protégée.
Au fil des kilomètres, les paysages sont tous aussi magnifique les uns que les autres. D’un côté, les immenses falaises qui bordent l’océan pacifique et de l’autre le désert de sable qui semblent ne jamais finir.
On prend le temps de s’arrêter aux différents miradors pour admirer ces paysages uniques avant de faire une pause bien méritée dans un petit restaurant de fruits de mer. Au menu : un délicieux ceviche suivi d’un poisson accompagné de riz. Un vrai régal !
L’après-midi, on reprend la route en scooter jusqu’à une plage presque déserte. L’endroit est paradisiaque et on profite pleinement de ce moment hors du temps. Arnaud ne résiste pas à l’envie d’aller piquer une tête dans l’océan. Après des mois passés entre montagnes, glaciers et températures glaciales, retrouver la chaleur de la côte et pouvoir se baigner est un vrai bonheur.
Pour terminer cette superbe journée, on s’offre un cocktail en bord de plage avant de rejoindre notre spot pour la nuit. Face au coucher de soleil sur l’océan, on prépare un bon petit repas comme on les aime, comme à l’ancienne. Car depuis le trek on s’est laissé un petit peu aller. Et ça fait plaisir de cuisiner car on aime ça.
Après plusieurs heures de route, nous arrivons à Huacachina, une véritable oasis naturelle nichée au cœur d’un immense désert de sable. Entourée de dunes à perte de vue, cette petite lagune bordée de palmiers et de bâtiment est un endroit unique et aussi très touristique. C’est la première fois de notre vie que nous découvrons un paysage comme celui-ci, et le dépaysement est total après tout ce temps en montagne et dans le froid.
Notre arrivée coïncide avec le match de la France contre le Maroc. Installés tranquillement au camping, nous suivons la rencontre dans un bar et une nouvelle fois, les Bleus s’imposent largement. De quoi lancer parfaitement notre séjour !
Le lendemain, place à l’aventure. Nous embarquons à bord d’un buggy à travers les immenses dunes de sable. Sensations fortes garanties ! Au programme également : ski pour Arnaud et snowboard sur le sable pour la rideuse de la bande Bérénice. On adore la sensation c’est presque comme sur la neige. Nous qui étions déçu d’avoir rater la saison de ski en France, on aura quand même pu gouter à la sensation de glisse au Pérou.
Pour clôturer cette journée mémorable, direction une auberge de jeunesse où l’ambiance est fort sympathique. Une battle de justdance est en place, on s’éclate. On y passe une soirée incroyable entourés de voyageurs venus des quatre coins du monde.
Huacachina restera sans aucun doute l’une de nos plus belles surprises du Pérou.
« Bah voilà le Machu Picchu ! Je vous l’avais dit que j’aurais mon ticket ! »
Bagages bouclés, on décide d’honorer ce trek jusqu’au bout : l’ascension finale vers le site se fera à pied. Le bus était une option, mais on a préféré l’alternative économique (et sportive). Arrivés au pied de la montagne, ce sont 1,7 km d’escaliers incas qui nous attendent, soit environ 45 minutes de montée. Petit détail amusant : les marches sont tellement hautes qu’on se demande comment les Incas faisaient. Quand on voit la taille moyenne des Péruviens aujourd’hui, on se dit que ce n’est absolument pas adapté à leur morphologie !
C’est au début de cette montée qu’on a notre petite surprise du jour. Le garde du site contrôle nos billets et tique sur l’horaire. Il nous annonce, très calme, que notre créneau de 8h correspond à l’entrée en haut du site, et non en bas… Autant dire qu’on a déjà 45 minutes de retard.
On grimpe donc à un rythme d’enfer, débarrassés de nos gros sacs à dos qu’on a pu laisser en consigne dans un restaurant au pied de la montagne. Finalement, notre erreur de calcul se transforme en coup de génie : arrivés au sommet, les gardes nous font doubler toute la file de touristes qui attendent pour le créneau de 9h. On passe devant tout le monde en mode VIP, sans faire une seule minute de queue, et on pénètre sur le site alors qu’il est encore relativement préservé de la foule.
Et enfin, le Machu Picchu se dresse devant nous. L’ascension est officiellement terminée. On déambule au milieu de ces ruines mythiques. Le site est parfaitement entretenu, c’est indéniable. Mais, si on veut faire nos Français un peu grincheux, on doit avouer qu’on a préféré sa petite sœur, Choquequirao. La saveur d’un site archéologique désert, qui se mérite après des jours de marche, offre une émotion bien différente de l’ambiance ultra-touristique du Machu.
Malgré tout, le bonheur est immense. C’est une case cochée de la plus belle des manières : la première Merveille du monde pour Arnaud, et la deuxième pour Bérénice.
Après 2h30 à explorer le site, il est temps de redescendre sur terre. On récupère nos sacs en bas et on rattaque les 10 kilomètres le long des rails de train en direction d’Hidroeléctrica. On ne va pas se mentir : après 8 jours de marche, ces 10 derniers bornes à plat étaient complètement de trop. Les jambes sont en coton, mais on avance au mental pour choper notre colectivo (mini-bus local) en direction de Cusco.
C’est finalement à 21h, épuisés, qu’on débarque à Cusco. On y retrouve notre cher et tendre Celso. Il nous avait sacrément manqué. Cette fois, le trek Choquequirao – Machu Picchu est bouclé, et on s’en souviendra toute notre vie !
Les chiffres du jour : 20,8 km | +1292m de dénivelé positif
La grande spécialité de Lucmabamba, c’est la production de café. Le lodge propose de montrer comment ils travaillent, et on a passé la matinée avec eux pour tester l’expérience. Être les seuls sur place a rendu le moment assez privilégié. Ce qui nous a le plus touchés, c’est d’apprendre que la femme qui gère le lieu est la fondatrice d’une association de café exclusivement composée de femmes. Elle nous a montré son savoir-faire, et c’est fou de se dire que ce café, produit de manière aussi artisanale dans leur jardin, est exporté partout dans le monde.
Après l’atelier, elle nous a préparé ce qui restera le meilleur petit-déjeuner de tout notre voyage en Amérique du Sud. Sur la table : le café qu’on venait de torréfier ensemble le matin même, des omelettes, du pain grillé, de l’avocat, des tomates et un jus de papaye maison. Un vrai festin.
Cette famille nous a vraiment marqués. Ils restent en retrait, loin du bruit des gros hébergements touristiques, et ils passent presque inaperçus alors qu’ils méritent dix fois plus que les autres. C’est le ventre plein et le cœur un peu serré qu’on quitte nos hôtes.
Dernière étape avant l’ascension finale du Machu Picchu. Pour ce septième jour, on attaque le tout dernier col de notre trek. Récompense au sommet : une vue lointaine sur la fameuse montagne du Machu Picchu. Ça pose le décor et ça donne un sacré coup de boost. Mais la joie est de courte durée. Derrière, on enchaîne sur une très longue descente, raide et glissante, qui achève de détruire nos genoux. Arnaud déguste particulièrement sur cette portion.
Arrivés en bas, au niveau de la centrale d’Hidroeléctrica, il nous reste les 10 derniers kilomètres du trek à parcourir à plat, le long des rails du train. C’est là qu’on prend la décision de terminer la marche de nuit. Objectif : arriver impérativement à Aguas Calientes ce soir pour espérer d’obtenir nos billets dès le lendemain matin à la billetterie officielle.
C’est à ce moment-là qu’un chien errant qu’on surnommera Hector décide de nous escorter. Si sa présence est d’abord rassurante, la situation devient vite pénible : notre nouveau compagnon déclenche les foudres de tous les chiens de garde des environs. On se retrouve au milieu d’émeutes de chiens agressifs qui nous aboient dessus dans le noir, pas franchement le meilleur plan pour rester sereins.
Marcher de nuit sur des rails, sans rien voir, à l’affût du moindre bruit suspect alors que la pluie commence à s’inviter, ça installe une ambiance un peu glauque. Le niveau de parano monte d’un cran quand Alice jure avoir vu un singe se balader sur les câbles électriques au-dessus de nous. Bref, on a surtout une grosse flemme de se faire attaquer ou mordre si près du but.
C’est finalement à 20h qu’on pose les pieds à Aguas Calientes. Soulagement total. On trouve rapidement un hôtel, on s’offre une douche salvatrice, puis on file repérer l’emplacement de la billetterie pour le lendemain avant de chercher un restaurant.
Ce soir, c’est cheat meal obligatoire : pizzas et burgers pour tout le monde. Après des jours de régime strict à base de riz, d’œufs et de poulet (les jours de chance), autant vous dire que c’est le paradis. On reprend des forces et on ne traîne pas, car le réveil va piquer : demain, il faut être devant les portes de la billetterie à 5h30 du matin pour espérer décrocher le précieux sésame. Allez, au lit !
Les chiffres du jour : 17,1 km | +248 m de dénivelé positif
Après les journées galères qu’on venait d’enchaîner, le programme du jour faisait du bien : 17,1 km pour seulement 248 m de dénivelé positif. C’est la journée la plus tranquille depuis le début du trek, celle où on n’a pas eu besoin de puiser dans les réserves.
Au moment de plier le camp, on a eu une surprise pour le moins inattendue : la visite d’un taureau. Oui, oui, un vrai taureau. Même s’il s’est avéré inoffensif, la bête était assez impressionnante pour qu’à son approche, un mouvement de panique générale nous pousse à détaler. C’est là qu’Axel nous a gratifiés d’une cascade digne d’un film d’action : il s’est emmêlé les pinceaux dans la toile de tente, a enchaîné un roulé-boulé mémorable et s’est rétabli d’un coup sec, façon Spider-Man. Une scène mythique qui a bien fait marrer tout le monde et a lancé la journée sur les chapeaux de roue.
On quitte le campement à 9h sans se presser, après un bon petit-déjeuner. Le sentier se résume pratiquement à de la descente le long de la rivière jusqu’au village de Lucmabamba. Pas de gros effort physique, on marche au radar et on prend notre temps pour arriver sur les coups de 16h.
Pour la nuit, on s’éloigne des gros complexes à touristes qui pullulent sur le Salkantay. En fouillant sur l’application iOverlander, on repère un lodge un peu excentré qui propose des chambres insolites ressemblant à de géantes noix de coco. L’application disait vrai, et le spot tombe à pic : la météo annonce de la flotte. Grand bien nous a pris de poser nos sacs ici. Quelques minutes à peine après notre arrivée, des torrents de pluie se sont abattus sur la vallée. Quand on sait que notre tente n’est absolument plus imperméable, l’idée de passer la nuit à tremper notre matos n’était même pas une option.
On se retrouve tous les quatre, seuls dans le lodge. C’est là qu’on va vivre la meilleure expérience humaine du trek. La famille qui tient l’endroit est d’une simplicité et d’une gentillesse rares. Ils s’installent avec nous, partagent le repas et on passe la soirée à discuter de nos vies et de la leur. Pas de chichis, juste un échange vrai. C’est le ventre plein qu’on va se coucher et prochaine étape qui est la dernière ligne droite avant Aguas Calientes.
Les chiffres du jour : 26,6 km | +1274 m de dénivelé positif
Après une nuit réparatrice malgré une isolation toujours aussi inexistante et le givre qui commençait à blanchir les planches de la cabane, nous attaquons la journée avec au programme : 26,6 km avec un profil qui fait peur sur le papier : 10 km de montée pour 1 274 m de dénivelé positif, suivis de 16 km de descente.
L’objectif ultime du jour est hautement symbolique : franchir le col de Yanama (Abra Mariano Llamocca), le point culminant de notre aventure, qui culmine à 4 643 mètres d’altitude.
Autant vous dire que la grimpe a été d’une rudesse absolue. À cette altitude, chaque pas demande un effort conscient. L’oxygène se raréfie, les poumons brûlent, et avec plus de 10 kg sur le dos tout semble plus difficile. On avance au ralenti, en mode « pas de caméléon », chacun dans sa bulle, calé sur le rythme de sa respiration.
À l’arrivée au panneau du col, la pression retombe d’un coup et l’émotion explose : Bérénice s’écroule littéralement au sol, à deux doigts des larmes. Entre le manque d’oxygène qui donne le tournis, la fatigue accumulée des jours précédents et des ampoules qui lui broient les pieds à chaque pas, l’épreuve était immense… mais on l’a fait ! On immortalise le moment avec une photo de groupe devant le panneau, fiers d’avoir vaincu le géant du trek.
Pour fêter ça et reprendre des forces, on s’accorde une pause « sandwich au thon » à l’abri du vent du col. Après la pause, on bascule de l’autre côté pour 16 km de descente intense. Nos genoux et nos cuisses s’en souviennent encore ! L’objectif est de rejoindre le village de Collpapampa, le point de convergence où notre sentier sauvage se connecte au mythique Salkantay Trek, l’autoroute des randonneurs pour rallier le Machu Picchu.
En perdant près de 2 000 mètres d’altitude, le voyage change radicalement de visage. On assiste à un véritable spectacle de la nature : en quelques heures, les sommets enneigés et la roche aride laissent place à une jungle verdoyante. Le climat devient tropical, l’air se charge d’humidité et la chaleur nous frappe de plein fouet. On passe notre temps à enlever des couches de vêtements.
Mais le plus grand choc est humain. Depuis 5 jours sur le Choquequirao, nous étions seuls au monde. Nous n’avions croisé que de rares muletiers et aucun autre touriste. C’était la magie d’un trek sauvage et exclusif. En arrivant sur le tracé du Salkantay, c’est la douche froide : on se retrouve au milieu de centaines de randonneurs. Le contraste est saisissant. Finie la déconnexion totale, place au business du trek : les sentiers sont ultra-balisés, et le village de Collpapampa regorge d’infrastructures développées, de supérettes, de restaurants et même de glampings et lodges haut de gamme avec jacuzzis !
Au bout de ces 16 km de descente, nos articulations crient grâce et on est bien contents d’en avoir « plein les baskets ». Pas de lodge de luxe pour nous : on opte pour la version authentique en plantant nos tentes sur le terrain d’un campement local. Quel bonheur de s’offrir une vraie douche, de laver la poussière de la journée et de savourer un bon repas chaud sans avoir à cuisiner !
Mais l’aventure ne serait pas complète sans une dernière anecdote mémorable. Juste au moment de nous glisser dans nos duvets, épuisés par cette journée dantesque, on remarque une tache géante sur la toile de tente. Un chien a tout simplement décidé de baptiser notre abri en urinant copieusement dessus. Un petit cadeau de bienvenue local qui a immédiatement installé une ambiance… très odorante pour la nuit. On s’endort fatigués, un peu parfumés, mais fiers de ce qu’on a accompli aujourd’hui. Demain, la route continue en direction de Aguas Calientes !
Les chiffres du jour : ~6 km | +600 m de dénivelé positif (le repos du guerrier)
Un réveil plus que difficile… Entre la fatigue de la veille, les douleurs musculaires et le froid matinal, autant dire que s’extraire des duvets a été un défi. Heureusement, une excellente surprise nous attendait. En empruntant le Nuevo Camino, nous avons coupé un sacré bout de chemin. Le verdict du GPS tombe et booste immédiatement notre motivation : au programme aujourd’hui, seulement 6 km et 600 m de dénivelé positif (D+), au lieu des 9,2 km et 1200 m de D+ initialement prévus !
C’est avec cette énergie renouvelée que nous reprenons la marche. Les paysages qui s’offrent à nous sont tout simplement fous, marqués par l’apparition des premiers glaciers andins. Pour affronter la montée, chacun se met dans sa bulle et avance à son rythme. Arnaud et Alice se concentrent en écoutant des podcasts, tandis qu’Axel et Bérénice font les ados : écouteurs vissés sur les oreilles et musique à fond pour se motiver dans les pourcentages les plus raides.
Après avoir longé d’anciennes mines, nous atteignons enfin Yanama vers 13h. C’est le retour à la « civilisation », matérialisé par la présence d’une route. On s’empresse de dénicher une petite auberge qui promet le grand luxe : douche chaude, repas et surtout… du Wi-Fi ! Un point absolument crucial pour Bérénice, qui trépignait d’impatience à l’idée de pouvoir enfin souhaiter un bon anniversaire à sa sœur et également pour voir le match de la coupe du monde France VS Norvège.
Après la nuit dernière, ce break est salvateur. Il faut dire que notre dernier bivouac n’a pas été de tout repos entre l’humidité, le froid, l’absence de douche et, pour couronner le tout, un matelas de sol capricieux qui s’est dégonflé, nous laissant littéralement dormir à même le sol.
Bon, quand on parle de « confort », tout est relatif ! L’auberge se compose de cabanes en planches de bois d’à peine 6 mm d’épaisseur. Autant dire que l’isolation est inexistante, les fenêtres sont en simple vitrage et il n’y a pas l’ombre d’un chauffage. En guise de compensation, nous avons droit à de lourdes et chaudes couvertures en alpaga sur les lits.
On profite de cette après-midi ensoleillée pour improviser une petite opération lessive (chaussettes et sous-vêtements) afin de tenir jusqu’à la fin du trek. Le reste du temps est dédié au repos complet, car demain, une journée particulièrement corsée nous attend…
Les chiffres du jour : ~15 km | + 2 000 m de dénivelé positif (Une étape interminable à plus de 3 600 m d’altitude)
Réveil très matinal à 4h30. L’objectif est clair : atteindre les ruines de Choquequirao pour le lever du soleil. Depuis notre campement, il nous reste 1,5 km de marche et surtout 400 mètres de dénivelé positif pour y accéder. Autant dire que la journée commence sur les chapeaux de roue, mais l’effort est récompensé au-delà de nos espérances.
Au fil de notre ascension, le brouillard matinal, d’abord très dense, finit par se dissiper pour dévoiler un panorama grandiose. La claque est monumentale. Le site est splendide, et surtout, nous sommes seuls au monde. Pas un seul autre touriste à l’horizon, juste nous quatre face au soleil qui embrase les vestiges incas. Souvent qualifiée de « petite sœur du Machu Picchu », Choquequirao est encore préservée du tourisme de masse en raison de son accès difficile. On se sent incroyablement privilégiés, d’autant plus que des projets d’infrastructures (notamment un téléphérique) sont en cours pour l’avenir. Profiter de cette cité mystique dans un tel calme, si bien entretenue, est un sentiment indescriptible.
Dans l’euphorie du moment, on décide de faire voler le drone pour immortaliser l’instant. Mauvaise idée. Il était visiblement encore un peu trop tôt pour Arnaud, qui a réussi à faire cracher l’appareil en plein cœur de la jungle ! Résultat : une chasse au trésor improvisée à 7h du matin au milieu de la végétation dense. Heureusement, tout est bien qui finit bien, on finit par le retrouver intact.
Après avoir passé plus de 4 heures à explorer le site, nous reprenons notre trek à 11h. À ce moment-là, on ne se doute pas une seule seconde que nous entamons la journée la plus éprouvante de tout le voyage. Au programme théorique : 13,7 km et 1 600 m de dénivelé positif.
La première difficulté consiste à sortir du site par un sentier très sauvage et peu emprunté, où la jungle semble avoir repris ses droits. En chemin, nous croisons des locaux qui nous parlent d’un tout nouveau sentier (el nuevo camino) pour rejoindre le village de Yanama. Ils nous assurent qu’il est bien plus beau et mieux aménagé. On décide de leur faire confiance et de modifier notre itinéraire GPS. Ce qu’ils avaient oublié de préciser, c’est que ce chemin réserve un dénivelé absolument « zinzin ».
Le terrain se révèle particulièrement caillouteux. Par endroits, on marche à flanc de falaise sur des sentiers si étroits qu’il faut avancer en file indienne, avec le vide en contrebas. Le paysage est d’une grande diversité, oscillant entre zones arides, végétation tropicale, plantations de cannes à sucre et forêts de bambous. Pour couronner le tout, nous n’avons aucune visibilité sur la distance restante ni sur les campements. Les rares personnes que l’on croise sont des guides locaux venus tester ce nouveau tracé pour leurs agences. Leurs retours ne sont pas franchement rassurants : à 14h, ils nous annoncent qu’il reste encore 6 à 7 heures de marche avant Yanama. Ils insistent aussi lourdement sur la dangerosité de certains passages et sur la présence d’animaux sauvages, notamment des ours à lunettes. Ambiance ! On décide de pousser au maximum tout en restant ultra-vigilants.
Finalement, le vrai danger n’est pas venu des ours… mais des mules.
En fin d’après-midi, nous tombons sur un passage complètement bloqué par une dizaine de mules au repos. Impossible de contourner. Pour passer, il faut impérativement en faire bouger quelques-unes. Alice tente d’en écarter une calmement, sans faire de mouvement brusque. Mais ce sont des animaux semi-sauvages, très facilement effrayés. En un quart de seconde, la mule se retourne et décoche un violent coup de patte arrière à Alice. Le choc est terrible : Alice est éjectée et s’écrase au sol. On a eu la peur de notre vie. Par un immense coup de chance dans notre malheur, le coup a atterri au niveau de la vessie, évitant ainsi des zones encore plus vitales.
Sous le choc, nous appelons le muletier en urgence pour qu’il gère ses bêtes et nous aide à traverser le reste du troupeau. Traumatisés par cette scène, nous avons passé le reste du voyage à attendre systématiquement les muletiers dès qu’une mule pointait le bout de son nez.
Après cette énorme frayeur, nous reprenons notre progression pour terminer la marche à la lueur de nos lampes frontales. À 19h, épuisés physiquement et moralement, nous décidons de nous arrêter par sécurité dans un campement de fortune, sans avoir pu atteindre notre objectif initial. Nous posons nos sacs à plus de 3 600 mètres d’altitude dans le froid des Andes. Par chance, une famille locale habitant là nous prépare un repas chaud salvateur. Quelques minutes plus tard, tout le monde s’écroule de fatigue dans les tentes, encore marqués par les émotions de cette folle journée.
Les chiffres du jour : 7,1 km | + 968 m de dénivelé positif (Court, mais très intense !)
Le réveil sonne à 6h. Après la leçon reçue la veille, hors de question de démarrer sous le soleil de plomb. Mais ce matin, le briefing de départ ne tourne pas autour de l’itinéraire… il tourne autour du dress-code. Le premier jour nous a laissé un souvenir cuisant : on s’est fait littéralement dévorer par les sandflies (mouches de sable). Ce sont des micro-moucherons vicieux qui te piquent jusqu’au sang. Après, ça gratte pendant des jours, ça s’infecte, ça fait du pus… bref, c’est une horreur absolue, bien pire que les moustiques ! Cette fois, pas de négociation : tout le monde enfile son pantalon de trek malgré la chaleur.
Notre objectif du jour ? Atteindre le campement, situé aux portes du site de Choquequirao. Le dénivelé est brutal, la pente ne nous laisse aucun répit. En chemin, on croise régulièrement des convois de mules. Elles transportent de tout : de la nourriture pour les campements, des bouteilles de gaz, les gros sacs à dos de touristes et parfois même les voyageurs eux-mêmes. De notre côté, on a un peu de mal avec ce genre de pratique. Voir ces animaux s’épuiser sous une chaleur pareille pour le confort de certains marcheurs, ça ne correspond pas du tout à notre vision du voyage. On préfère largement en baver avec nos propres sacs sur le dos !
Heureusement, la beauté de la nature nous fait oublier l’effort. Sur le sentier on croise des rivières vive et froide. L’occasion est trop belle ! Pour certains, ce sera une pause fraîcheur rapide pour tremper les pieds, mais pour Arnaud, ça sera un bain froid pour raviver les muscles des jambes, comme les grands champions de l’équipe de France.
La fin de l’étape devient pourtant compliquée pour Bérénice. Le verdict tombe : de magnifiques ampoules ont décidé de s’inviter sur ses pieds. La cause ? Elle a oublié de prendre de vraies bonnes chaussettes de rando adaptées… Erreur de débutante ! Heureusement, la trousse de secours n’est jamais loin. Armés de pansements à ampoules, on panse les plaies pour atténuer la souffrance.
C’est fatigués, les jambes lourdes mais fiers de nous que nous atteignons enfin notre campement pour la nuit. Demain, les ruines de Choquequirao nous attendent !
Les chiffres du jour : 12,87 km | + 851 m de dénivelé positif (et une sacrée descente !)
Réveil à 6h du matin à Cachora pour un départ fixé à 7h. Pour nous mettre en jambes, l’auberge nous sert un petit-déjeuner de rois… ou plutôt de guerriers incas ! Au menu : une assiette de poulet, riz, patates et avocat, le tout arrosé d’un bon café. Un repas ultra-copieux dès l’aube, mais honnêtement, si avec ça on ne grimpe pas la montagne, on ne comprend plus rien !
Le véritable point de départ du sentier se trouve à 30 minutes de voiture du village. On grimpe dans un taxi et, une fois sur place, c’est l’heure de sortir notre arme secrète : nos vieilles cartes étudiantes. Pour rappel, nous ne sommes plus du tout étudiants, mais la feinte passe crème et nous permet de payer nos billets moitié moins cher. Un vrai plan de petits filous, acte II ! On complète nos sacs avec quelques sandwichs et snacks de dernière minute, et nous voilà officiellement lancés.
Dès les premiers kilomètres, la météo est de notre côté : il fait un soleil radieux. Le revers de la médaille ? La chaleur tape contre les parois rocheuses du canyon et réverbère intensément. Pour nous qui marchons avec tout notre équipement sur le dos, c’est une véritable épreuve. On a l’impression d’évoluer dans un sauna géant.
La journée est marquée par une descente abrupte et vertigineuse vers l’imposant canyon de la rivière Apurímac (Arnaud en profite pour piquer une tête). Autour de nous, la nature est fascinante. On reprend le chemin pour cette fois remonter le canyon pour atteindre notre campement du soir.
Le soir, on s’endort au hameau Santa Rosa Baja un campement situé à moins de 2000 m d’altitude. Après une bonne bière, un bon repas et une bonne douche, nous avons la certitude que ce trek va nous marquer à jamais.
Changement d’ambiance au camping, l’heure est aux préparatifs sérieux. On trie, on pèse et on compacte nos affaires. On s’apprête à se lancer dans un grand défi : un trek de 8 jours reliant deux des plus grands sites incas, le mythique et sauvage Choquequirao (souvent appelé « la petite sœur du Machu Picchu », accessible uniquement à pied) et le Machu Picchu lui-même.
C’est un itinéraire encore très peu connu, sauvage, mais particulièrement technique et exigeant : plus de 125 kilomètres de marche et un dénivelé positif qui cumule 7 000 mètres. Autant vous dire que les cuisses vont piquer ! Pour cette aventure hors norme, on fait équipe avec la « Team Hubert », nos potes Alice et Axel.
Au programme du paquetage : tente de trek, duvets chauds, matelas, bâtons de marche indispensables pour les descentes et montés abruptes.
On booke un taxi privé pour nous acheminer jusqu’au point de départ (le village de Cachora). La route est longue environ 6 heures de lacets à travers la cordillère, ce qui nous oblige à partir le soir la veille du départ.
Donc on quitte le confort de Celso pour dormir dans une petite auberge à proximité du point de départ. Une dernière douche chaude, une bonne nuit de sommeil, et demain… place à l’aventure !
Depuis quelque temps, on nous faisait remarquer que notre cher Celso crachait une fumée suspecte, oscillant entre le noir et le gris. Pas très rassurant. Après quelques recherches intensives et grâce au bouche-à-oreille de la communauté des voyageurs, on déniche un mécanicien réputé à Cusco.
On passe finalement toute la journée au garage. Pour Arnaud, c’est le bonheur : il a le droit à un cours de mécanique complet. On passe Celso au peigne fin. Résultat des courses : pour son âge et son kilométrage, notre compagnon de route est en excellente santé !
Le seul point noir (littéralement), ce sont les injecteurs. Ils ne sont ni complètement morts, ni tout à fait neufs. Le mécano nous explique que l’altitude extrême des Andes (qui raréfie l’oxygène) combinée à la qualité parfois douteuse du diesel péruvien pousse le moteur à fumer. Dans un premier temps, on opte pour un additif afin de nettoyer le réservoir. Cependant, il nous recommande chaudement de faire un vrai nettoyage des injecteurs en laboratoire dès que nous atteindrons Lima. Un coût à prévoir, mais indispensable pour la suite du voyage.
Mention spéciale pour la gentillesse absolue de notre mécano : il nous a carrément payé le taxi pour aller manger dans un petit resto le temps que le van soit immobilisé. Le soir même, on recroise notre bande de Français rencontrés la veille en scooter. L’occasion idéale pour partager un bon repas, boire un coup et refaire le monde. Une soirée mémorable !
En consultant les réseaux, on avait repéré qu’il était super facile de louer des scooters à la journée. C’est l’option parfaite pour s’offrir un grand bol d’air et fuir l’effervescence de Cusco. En effet, la ville est en plein cœur de l’Inti Raymi (la célèbre Fête du Soleil), et tout le centre est complètement bloqué.
On avait tenté d’y jeter un œil la veille, mais entre la foule compacte et l’absence totale de sécurité, l’expérience a vite tourné au cauchemar pour les agoraphobes. En PLS, on a préféré s’éclipser !
Une fois nos deux-roues récupérés, nous voilà partis, cheveux au vent (enfin, sous le casque !), direction les mythiques Salines de Maras. Pour la petite histoire, ce site spectaculaire est composé de plus de 3 600 bassins suspendus en terrasses dans un canyon, dont les plus grands ne dépassent pas 20 m². Alimentés par une source d’eau hyper-salée qui jaillit de la montagne, ils permettent de récolter entre 150 et 200 tonnes de sel par an, selon des techniques ancestrales inchangées depuis l’époque inca. Un décor d’exception qui nous en prend plein les yeux.
Juste avant d’arriver sur le site, petite pause locale bien méritée : on s’arrête dans le marché central d’un petit village pour savourer un ceviche bien frais. C’est là qu’on fait une rencontre improbable : un groupe de six Français de notre âge, qui ont eu exactement la même idée de road-trip en scooter ! Le courant passe immédiatement, et après avoir comparé nos itinéraires, on décide de faire un convoi unique pour le reste de l’après-midi.
Pour clore cette journée en beauté, on décide d’aller explorer un site archéologique de la vallée. Seul hic : le groupe de Français possède le Boleto Turístico (le pass obligatoire qui regroupe plusieurs sites), mais nous, nous n’avons pas ce précieux sésame et il est impossible d’acheter un ticket unique à l’entrée. En mode « petits filous », on décide de se fondre dans la masse pour passer le poste de sécurité incognito… Oups ! C’est pas bien, on sait, ne reproduisez pas ça chez vous !
Le retour vers Cusco se fait à la nuit tombée, et là, c’est une autre aventure. Conduire de nuit au Pérou avec leur circulation « très personnelle », disons que c’est une discipline sportive à part entière. Entre les nids-de-poule invisibles, les collectivos qui déboîtent sans clignotant et les chiens errants, on s’est offert quelques bonnes frayeurs, mais surtout d’immenses fous rires. Tout le monde est rentré sain et sauf.
Nous voilà enfin arrivés à Cusco, la capitale historique de l’Empire inca perchée à 3 400 mètres d’altitude. C’est le point de ralliement incontournable de tous les voyageurs venus conquérir le Machu Picchu.
Pour nous, c’est aussi l’occasion de recharger les batteries et de régler quelques petits pépins techniques.
À peine arrivés, nous posons les roues de Celso au Camping Quinta Lala, le repaire mythique de tous les vanlifers de passage. Niché sur les hauteurs de la ville, près des ruines de Sacsayhuamán, ce spot a un avantage énorme : on peut tout faire à pied pour descendre dans le centre historique.
Une fois installés, direction le centre pour vivre un moment un peu surréaliste : le match de Coupe du monde France VS Irak. On déniche un bar local rapidement pris d’assaut par une joyeuse communauté de Français.
Suivre le Mondial en Amérique du Sud est une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie : ici, le football est une véritable religion ! Bon, on met de côté le Pérou qui ne s’est pas qualifié cette fois, mais l’ambiance dans les rues reste électrique. Cerise sur le gâteau : la France se qualifie pour les 16èmes de finale. On est aux anges, la soirée s’annonce festive !
Après une journée bien sportive passée à bricoler et changer les plaquettes de frein, on s’accorde une vraie pause confort avec une nuit dans un hostel. L’objectif était simple : récupérer un peu de chaleur, parce que la nuit précédente avait été bien trop fraîche pour dormir correctement.
Reposés et de nouveau en forme, on reprend la route direction l’un des incontournables du Pérou : la montagne aux sept couleurs, aussi appelée Rainbow Mountain.
Comme souvent dans cette région, la beauté se mérite. La randonnée est éprouvante dès le départ : l’altitude se fait vite sentir, le souffle manque et les pauses deviennent obligatoires pour avancer. Mais progressivement, on grimpe jusqu’à atteindre un premier spot complètement fou : des mains géantes en béton installées face au paysage. On y reste près de deux heures à profiter du lieu, faire des photos, des vidéos, et surtout admirer la vue.
Depuis ce point, le décor est irréel : d’un côté, les montagnes colorées, et de l’autre, une chaîne enneigée. On a vraiment l’impression d’être seuls au monde, dans un endroit hors du temps. Un vrai moment suspendu.
On poursuit ensuite l’ascension jusqu’au sommet pour approcher encore davantage la fameuse montagne Rainbow. Et là, la claque est totale : les couleurs sont encore plus impressionnantes que sur les photos.
On redescend ensuite avec le sentiment d’avoir fait le bon choix en arrivant en milieu de journée. Le matin, le site était envahi de bus touristiques, alors que nous, arrivés plus tard grâce à Celso, avons pu profiter du lieu quasiment seuls. Un vrai luxe en road trip.
En fin de journée, on quitte les hauteurs pour redescendre dans la vallée et s’installer près de ruines incas pour la nuit. Le spot est calme, paisible, parfait pour récupérer.
Le lendemain matin, on en profite pour visiter les ruines abandonnées sous un beau ciel dégagé, avant de reprendre la route vers Cusco pour la suite de l’aventure.
On se réveille dans un camping en pleine vallée, un spot absolument magnifique, mais comme souvent dans la région, la nuit a été bien fraîche. Heureusement, la douche chaude du camping nous sauve encore une fois et permet de bien repartir.
Petit point mécanique au passage : on remarque que Celso fait un bruit suspect au niveau du frein arrière gauche. On avait déjà identifié le souci la veille, mais rien ne nous empêche d’aller au bout du plan du jour : la visite du fameux pont.
Direction donc le pont de Q’eswachaka, un pont suspendu traditionnel inca. Pour la petite histoire, il s’agit du dernier pont de corde encore reconstruit chaque année selon les techniques ancestrales des communautés locales. Entièrement fabriqué en fibres végétales (type paille d’ichu et lianes), il fait partie d’un savoir-faire transmis depuis l’époque de l’Empire inca et est aujourd’hui reconnu comme patrimoine culturel immatériel.
Sur place, la découverte est impressionnante… et un peu intimidante. Face au pont, difficile de se dire qu’on va réellement le traverser : il paraît fragile, étroit, et le vide en dessous ne rassure pas pour autant. On se demande clairement si c’est une bonne idée.
Arnaud monte alors voir les locaux pour s’assurer que la traversée est possible. Réponse simple : oui, mais une personne à la fois.
À ce moment-là, plus trop le choix… on y va.
Arnaud passe en premier, histoire de “tester le terrain”. Puis vient le tour de Berenice avec une bonne dose d’appréhension. Le pont bouge, les lianes craquent légèrement sous les pas, et le vide en dessous ne pardonne aucune distraction. Pourtant, étape après étape, on traverse tous les deux avec succès. Une expérience aussi terrifiante que mémorable.
De l’autre côté, le soulagement est total : on est fiers d’être passés et surtout d’avoir vécu quelque chose d’aussi unique.
La suite de la journée est beaucoup moins exotique mais tout aussi importante : place à la mécanique. On passe plusieurs heures à s’occuper des plaquettes de freins de Celso. Entre démontage, ajustements et bricolage, ce n’est pas une mince affaire, mais après pas mal d’efforts, les nouvelles plaquettes sont installées. On vous racontera cela plus en détail dans le podcast de la semaine.
On quitte Puno, la team Hubert et la team Vamos Dodos, après une belle soirée pour célébrer la victoire de l’équipe de France de football. L’ambiance était parfaite avant de reprendre la route vers la suite de l’aventure.
Direction un nouvel objectif : la montagne colorée de Palay Punchu. Mais avant d’y arriver, petit détour bien mérité par des thermes d’eau chaude. On commence à sentir le froid et surtout les premiers signes de rhume, notamment Arnaud qui n’est pas au top de sa forme. Ces eaux naturelles chaudes tombent donc à pic : on se détend, on récupère de la route et on profite d’un vrai moment de repos.
La fatigue aidant, on finit même par dormir sur place, dans un parking sécurisé.
Le lendemain, cap sur la montée vers la montagne colorée de Palay Punchu. Il faut d’abord grimper très haut avec Celso avant d’entamer un petit trek d’environ 40 minutes. Mais ici, pas de surprise : on évolue à près de 5000 mètres d’altitude, et l’oxygène se fait clairement rare.
La randonnée est difficile. On accuse le coup physiquement, surtout Arnaud qui lutte avec la maladie naissante. Chaque pas demande un effort, le souffle manque, les muscles semblent lourds… mais on avance.
Et l’effort en vaut largement la peine. Arrivés au sommet, c’est une vraie claque visuelle. Devant nous : des montagnes à perte de vue, un lac au loin, des sommets enneigés, et surtout ces fameuses montagnes aux couleurs irréelles. On reste un long moment à contempler ce paysage presque irréel, complètement hypnotisés par la beauté du lieu.
Puis vient la descente. On change de versant, direction le lac cette fois-ci, avant d’emprunter une piste tout aussi spectaculaire à travers les Andes. L’objectif du jour : rejoindre notre spot du soir, installé près d’un pont de lianes, au cœur d’un décor encore une fois complètement incroyable.
Après une nuit paisible, mais plutôt fraîche, on se réveille en pleine forme. Heureusement, les quatre couvertures en alpaga et les bouillottes ont clairement sauvé notre nuit ! Une technique qu’on note précieusement pour la reproduire dans notre tente de toit lors de nos prochaines nuits froides. On en a profité pour acheter 2 paires de chaussettes en laine d’alpaga à Justa. On s’en sert tous les soirs c’est génial.
Au programme de la matinée : atelier fabrication de farine ! À l’aide de pierres volcaniques, on apprend à moudre du quinoa et du maïs, comme vous pouvez le voir sur les photos. On prend rapidement le coup de main et c’est une activité aussi ludique qu’enrichissante, d’autant plus que cette farine sera utilisée pour notre repas. La farine de maïs servira à préparer la soupe, tandis que celle de quinoa permettra de réaliser de délicieux pancakes pour le petit-déjeuner.
L’après-midi est plus tranquille. On en profite pour avancer sur le blog avant de partir gravir le sommet de l’île d’Amantani afin d’admirer le coucher de soleil sur le lac Titicaca. Et là… quelle claque ! La vue est absolument incroyable. On en prend plein les yeux et c’est sans aucun doute l’un des plus beaux moments de notre séjour.
En revanche, entre l’altitude et l’effort de la montée, notre estomac commence sérieusement à réclamer à manger. On crie famine ! On redescend donc tant bien que mal, avec un léger mal de tête et quelques vertiges, mais on finit par rejoindre la maison où une bonne soupe nous attend… oui, encore une soupe, mais après une telle journée, elle fait un bien fou.
Le lendemain, il est déjà temps de quitter l’île. On dit un dernier au revoir à la famille d’Adolfo, qui nous a accueillis avec tant de gentillesse, avant de remonter sur nos mototaxis… sans casque, bien entendu ! Direction le bateau pour retrouver la terre ferme. On rejoint la team Hubert et la team Vamos Dodos, pour regarder le match de l’équipe de France contre le Sénégal. Et quelle victoire ! Allez les bleus 🇫🇷
Après une nuit au bord du lac, nous prenons la direction de l’île Amantani pour passer trois jours chez la famille d’Adolfo, composée de sa femme Justa et de leur fille Tania.
Cette île, située au cœur du Lac Titicaca, est réputée pour être un véritable havre de paix. Et dès notre arrivée, on comprend pourquoi : aucune voiture, presque pas de routes, seulement des chemins paisibles.
Nous prenons une moto-taxi pour rejoindre la maison d’Adolfo et nous nous installons tranquillement. On partage ensuite un bon repas, avec une soupe et un plat traditionnel, accompagné de thé chaud.
L’après-midi est consacrée à une activité artisanale : la fabrication de bracelets en laine de mouton. Chacun crée le sien, et nous repartons tout fiers de nos créations.
Nous profitons ensuite d’une petite balade pour découvrir le village, jusqu’au bord du lac, entre le port et les bateaux.
Le soir, nous aidons à préparer le repas. On épluche les pommes de terre noires, mais on se rend vite compte que nous sommes loin du niveau de Justa, qui va bien plus vite que nous !
Après cette journée bien remplie, nous allons nous coucher tôt. La fatigue se fait sentir, mais nous sommes bien au chaud sous plusieurs couvertures en laine d’alpaga, prêts pour la suite de l’aventure.
Comme prévu, nous prenons tous la direction d’Arequipa pour profiter une dernière fois de nos compagnons de voyage avant de nous séparer. Un moment que nous attendions avec impatience, mais qui avait aussi un petit goût de tristesse.
À notre arrivée, une chose nous saute immédiatement aux yeux : conduire au Pérou, surtout en ville, c’est une véritable aventure ! Ici, les règles semblent être facultatives. Les klaxons résonnent dans tous les sens, les appels de phares fusent, chacun tente de se frayer un chemin comme il peut. Bref, c’est la jungle urbaine.
Après avoir réussi à traverser ce chaos, nous arrivons fatigués de la route. Nous nous accordons donc une soirée tranquille entre restaurant et repos bien mérité.
Le lendemain, place à la découverte d’Arequipa. Nous flânons dans les rues du centre historique, admirons son architecture de pierre blanche et profitons de l’ambiance agréable de la ville. Une petite séance shopping s’impose également avant la grande soirée.
Car le soir venu, c’est l’heure de la fiesta ! Avec la Team Fred ainsi que Marion on en profite d’être en ville pour aller en club house s’il vous plait style de musique rare en Amérique du Sud.
Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, le lendemain arrive vite et il est temps de se dire au revoir. Heureusement, ce n’est qu’un au revoir. Nous sommes déjà certains de nous retrouver bientôt, cette fois-ci de l’autre côté de l’Atlantique, entre la France et la Suisse.
Après avoir avalé les kilomètres sans calé, nous voilà arrivés au Pérou, à Cabanaconde, avec deux objectifs bien précis : retrouver la team Fred ainsi que leur amie Marion, et partir pour une randonnée de deux jours dans le canyon de Colca.
Nous sommes ravis de retrouver nos compagnons de route de longue date déjà cinq mois de voyage partagés ! On est trop content de les retrouver, d’autant plus que ce seront probablement nos derniers moments communs en Amérique du Sud. En effet, ils rentreront en Suisse avant nous et devront donc accélérer un peu le rythme de leur voyage.
Pour cette randonnée, le programme est : 23 kilomètres et 1 700 mètres de dénivelé positif. Luca et Mathilde se sont même chargés de réserver de hébergement pour la nuit, un lodge niché dans une oasis au cœur du canyon.
Pour la petite histoire, le canyon de Colca, situé au nord d’Arequipa, atteint une profondeur de 3 270 mètres. Longtemps considéré comme le canyon le plus profond du monde, il a finalement été détrôné par son voisin, le canyon de Cotahuasi, qui culmine à 3 535 mètres de profondeur.
Ce trek nous a offert de magnifiques paysages, caractérisés par une végétation luxuriante et tropicale que vous pourrez découvrir sur les photos. L’itinéraire se déroulait sur deux jours. La première journée consistait principalement en une longue descente jusqu’au fond du canyon, une excellente remise en jambes pour nous.
Bérénice a tout de même rencontré quelques difficultés lors d’une montée. Avec l’altitude, les efforts deviennent rapidement plus exigeants, mais grâce au soutien et aux encouragements de Mathilde, elle est parvenue à surmonter cette épreuve.
Le soir même, nous avons rejoint un écolodge équipé d’une piscine. Après une baignade rafraîchissante et une bonne douche, nous avons célébré cette première journée autour de quelques mojitos, suivis d’un repas avant d’aller nous coucher.
Car le lendemain, le réveil était programmé à 4 h 50 pour attaquer la deuxième partie du trek : 5 kilomètres et 1 200 mètres de dénivelé positif. Pourquoi partir si tôt ? Tout simplement pour éviter la chaleur et le soleil qui frappent rapidement les parois rocheuses du canyon. Et puis, il y a une certaine satisfaction à terminer une randonnée dès 9 h 30 : on a alors l’impression d’avoir toute la journée devant soi !
Après avoir repris des forces autour d’un jus de fruits maison et d’un sandwich bien mérités, nous avons pris la route vers Arequipa. Tous ensemble, nous avons décidé, sur un coup de tête (ou sous l’influence d’un mojito de trop), de louer un Airbnb pour deux nuits afin de célébrer une dernière fois cette belle aventure avant de nous séparer.
Les geysers d’El Tatio se trouvent à environ 4 500 mètres d’altitude. Autant vous dire qu’on n’a pas dormi sur place, et qu’on a préféré passer la nuit un peu plus bas. Pour bien profiter du site, il faut en effet se lever très tôt et arriver au lever du soleil.
On trouve donc un spot plus bas, mais il fait quand même bien froid comparé à San Pedro de Atacama. On se couche tôt, prêts à partir à 5h du matin le lendemain.
Au réveil, le vent est glacial. C’est dur, mais on se dit que c’est probablement l’un des derniers réveils dans le froid avant un moment, alors on prend notre mal en patience et on se met en route. Celso démarre sans problème, on est soulagés, et c’est parti direction les geysers d’El Tatio.
Et là, c’est la claque. De la fumée s’échappe du sol partout autour de nous, un paysage irréel. On sort pour visiter à pied, et là, c’est encore pire : un véritable congélateur. Je pense que c’est l’endroit le plus froid qu’on ait connu du voyage. Les pieds gelés, le nez congelé, tout y passe… des conditions vraiment extrêmes.
On alterne : 10 minutes dehors, puis retour dans la voiture pour se réchauffer. Mais malgré le froid intense, le spectacle est incroyable, surtout avec le lever du soleil qui rend le paysage encore plus magique.
Après cette immersion glaciale, on avait en visu des thermes d’eau chaude naturelle un peu plus bas. On s’y arrête pour voir, mais l’eau était finalement trop chaude aux endroits accessibles, et avec l’altitude on n’a pas osé se baigner pour éviter tout étourdissement. Cela nous a quand même offert une belle balade et de superbes photos.
Puis c’est reparti sur la route, direction la mer. En une journée, on passe de 4 500 mètres d’altitude au niveau zéro, un changement totalement fou.
On traverse la frontière pour entrer au Pérou et, sur la route vers Arica, on s’arrête pour faire changer le roulement de la roue avant gauche de Celso, qui commençait à faire un bruit inquiétant. Une réparation nécessaire pour repartir sereinement.
Et nous voilà de nouveau sur la route, en direction du canyon de Colca au Pérou, pour retrouver nos amis suisses #teamfred.
Après le Sud Lipez, qui a été une aventure complètement dingue, mais aussi très froide et extrêmement exigeante, autant pour nos corps que pour le véhicule, nous faisons une petite pause à San Pedro de Atacama.
On est ravis de retrouver enfin le soleil et de pouvoir ressortir les t-shirts et les shorts. On en profite aussi pour retrouver Axel et Alice, que nous n’avions pas vus depuis Ushuaia. C’était super de les revoir ! On les rejoint dans un bar, où ils sont accompagnés d’autres voyageurs, Grégoire et Aline. On fait connaissance et on passe tous ensemble une excellente soirée, un peu arrosée, mais vraiment géniale. Ça fait du bien de retrouver du monde et surtout de la chaleur.
On en profite également pour remettre tout à flot : lessive, courses, essence… tout y passe. On profite du soleil pour se reposer un peu et faire quelques tournages pour nos réseaux sociaux (on espère que ça vous a plus).
Bref, une belle pause bien méritée. On était prêts à reprendre la route pour partir découvrir les geysers del Tatio, une véritable merveille naturelle que nous n’avions encore jamais vue jusqu’ici.
On se réveille après cette nuit bien fraîche et on se dirige vers le petit-déjeuner, bonnet vissé sur la tête et manteau de ski sur le dos.
Comme on le disait précédemment, il n’y avait pas de douche dans l’hôtel. À la place, les “douches” étaient en fait des thermes d’eau chaude situés dans le village. On s’y rend donc pour profiter de cette alternative assez incroyable : des bassins d’eau à 38 °C, d’où la vapeur s’élève dans l’air glacé du matin. Le contraste est fou, surtout avec le soleil qui commence à se lever. C’est un moment vraiment unique.
Après ça, on se prépare à repartir… mais le sort en décide autrement. Avec le froid, le diesel a un peu gelé et Celso refuse de démarrer. On insiste pendant près de deux heures, jusqu’à réussir enfin grâce à des pinces de batterie et l’aide de guide local.
Et on reprend la route, toujours sur cette magnifique route des lagunes, qui nous réserve encore des paysages spectaculaires.
Puis direction le Chili, vers la chaleur… et ça fait un bien fou. On est désormais à San Pedro de Atacama, et on a enfin ressorti les shorts et les t-shirts.
La route des lagunes, c’est cette piste mythique qui part du Salar de Uyuni, et file jusqu’au Chili. On nous l’avait recommandée à de nombreuses reprises par d’autres voyageurs, tous unanimes sur une chose : les paysages y sont incroyables. Et franchement, ils ne mentaient pas. On a vraiment l’impression de traverser une autre planète. À chaque virage, on en prend plein les yeux.
Le seul bémol, c’est l’altitude. Et qui dit altitude dit froid, surtout la nuit. Pour essayer de le combattre, on décide de passer la soirée dans un hôtel. Mais ici, “hôtel” est un grand mot : perdu au milieu de nulle part, sans électricité, sans chauffage et sans eau courante… donc pas de douche non plus.
Malgré tout, ça nous permet de nous mettre à l’abri du froid. La nuit, il fera jusqu’à -11 °C. On finit donc par se coucher, les étoiles plein les yeux, déjà impatients de continuer la route le lendemain.
Après une nuit entrecoupée par le froid qui parvenait à s’infiltrer jusque dans nos duvets, nous nous réveillons sans difficulté pour assister au lever du soleil. Et quel spectacle, encore une fois ! Les premières lueurs illuminent l’immensité blanche du Salar.
Après avoir admiré ce magnifique réveil de la nature, nous sortons de nos sacs de couchage, faisons une toilette de chat express, replions la tente et nous préparons à repartir. Mais une petite surprise nous attend : Celso refuse de démarrer. Le froid a mis la batterie à rude épreuve durant la nuit. Pas de panique, nous insistons plusieurs fois et, fidèle à lui-même, Celso finit par reprendre vie.
Nous prenons alors la direction de l’île Incahuasi, une véritable curiosité au milieu du Salar. Cette île rocheuse, couverte d’immenses cactus, semble surgir de nulle part au cœur de cette étendue de sel. Nous en profitons pour prendre notre petit-déjeuner sur place. Le soleil commence enfin à réchauffer l’atmosphère, ce qui nous permet de rester dehors sans avoir les mains et les pieds gelés.
Après quelques clichés, nous reprenons la route pour poursuivre la traversée du Salar, avec un arrêt photo touristique incontournable. Nous espérons que vous appréciez nos photos autant que nous avons pris plaisir à les réaliser, car nous nous sommes vraiment amusés à les mettre en scène !
Finalement, vers 13 heures, nous atteignons l’autre extrémité du Salar. Première mission : nettoyer soigneusement Celso. Avec tout ce sel accumulé, impossible de faire l’impasse. Le sel est particulièrement agressif pour la carrosserie, alors un bon rinçage au jet d’eau s’impose avant de reprendre la route.
Nous mettons ensuite le cap vers la frontière chilienne en empruntant la célèbre route des Lagunes. Mais avant cela, nous décidons de faire une halte dans un hôtel afin de récupérer de la nuit précédente, qui n’avait rien de vraiment reposant. Avec des températures annoncées autour de -5 °C, nous préférons jouer la prudence.
Malheureusement, nous découvrons rapidement qu’ici, le chauffage semble être considéré comme une option ! Heureusement, les couvertures étaient épaisses et nombreuses, car la température dans la chambre ne devait pas dépasser les 10 °C. Une nouvelle nuit fraîche nous attendait, mais au moins nous étions à l’abri du vent.
Nous reprenons la route en direction d’Uyuni pour découvrir le Salar une seconde fois, mais cette fois-ci en compagnie de Celso. Les températures ne plaisantent pas : les nuits sont négatives, alors nous avons décidé de passer une nuit sur deux à l’hôtel. Le but est de profiter de l’aventure, pas de mourir de froid !
À notre arrivée, nous réservons une nuit dans un hôtel entièrement construit en blocs de sel. Les murs, les meubles, une grande partie de la décoration : tout est fait en sel. C’est complètement fou ! Apparemment, posséder ce type d’établissement est même considéré comme un signe de richesse tant sa construction est coûteuse.
Après une bonne nuit de repos, nous avons plusieurs objectifs avant de nous lancer sur le Salar : remplir notre bouteille de gaz, faire quelques courses et acheter une nouvelle carte SD, car les nôtres commencent sérieusement à manquer d’espace. Malheureusement, nous ne parvenons pas à remplir notre bouteille de gaz faute d’un adaptateur compatible avec le système bolivien. Au Pérou, cela devrait normalement être plus simple.
Nous prenons finalement la route du Salar vers 15 heures. L’excitation est à son comble, mais nous ressentons aussi une légère appréhension. Devant nous s’étend un immense désert blanc où tous les repères semblent disparaître. Nous craignons un peu de nous perdre, mais tout se passe finalement très bien. Grâce aux cartes et aux nombreuses traces laissées par les véhicules qui empruntent les principaux axes, l’orientation reste relativement facile.
Nous revisitons quelques lieux emblématiques que nous n’avions pas forcément pris le temps d’explorer lors de notre précédent passage avec les parents de Bérénice. Nous faisons notamment un arrêt aux Escaliers du Paradis puis au célèbre monument du Dakar. Impossible de passer devant sans immortaliser Celso à ses côtés ! Mais le moment fort de la journée reste sans aucun doute le coucher de soleil sur le miroir d’eau.
Le spectacle est tout simplement sublime et irréel. Face à ces couleurs et à ces reflets infinis, nous réalisons à quel point nous avons de la chance de vivre une telle expérience à notre âge, avec notre propre véhicule.
Après ce fabuleux coucher de soleil, nous déplions rapidement la tente et préparons un repas simple. Le froid tombe vite sur le Salar et la météo annonce jusqu’à -6 °C durant la nuit. Une fois le dîner terminé, nous nous réfugions dans notre tente, bien emmitouflés dans nos duvets, prêts à affronter cette nouvelle nuit au cœur de cet incroyable désert de sel.
Finito pipo, l’Argentine pour de bon. Nous passons la frontière et entrons en Bolivie en direction de Tupiza, l’une des rares villes de la région à ne pas être bloquée par les manifestations. Nous nous installons dans un camping pour les deux prochains jours, car autour de Tupiza se trouvent de superbes canyons à explorer… et le plus fun, c’est qu’on peut les découvrir à cheval.
Nous contactons un ranch, et nous voilà le lendemain partis pour un tour privé de cinq heures. Au programme, quatre sites incroyables : le Cañón del Duende, la Puerta del Diablo, la Valle de los Machos et le Cañón del Inca. C’était absolument magnifique.
Bérénice avait pour monture Caribe, un grand cheval blanc, et Arnaud était avec Whisky, un cheval marron. Petit moment inattendu : le cheval de Bérénice, habitué aux randonnées plus sportives, est parti au galop sans prévenir. Surprise générale, mais tout s’est très bien terminé.
Après ces cinq heures de balade, on rentre rincés : mal aux fesses et au dos, mais totalement conquis. Nous retrouvons ensuite le camping et Celso.
Avec un nouvel objectif en tête : débloquer la porte arrière du 4×4. Le matin même, impossible de l’ouvrir, sans comprendre pourquoi. On persévère, et on finit par y arriver (sans même penser à démonter l’aménagement intérieur pour y accéder de l’intérieur…). En réalité, le problème venait de notre barre LED, restée coincée dans la rainure de la porte : en la refermant, le système s’était bloqué par sécurité.
Un peu de dégrippant WD-40, quelques coups bien placés, et la porte finit par s’ouvrir comme par magie. Quelle journée de hauts et de bas… mais au final, tout va bien.
Nous partons faire une balade autour du Cerro de los Siete Colores, une promenade qui permet de se dégourdir les jambes. C’est très joli, mais nous sommes un peu déçus, car pour accéder au sentier il faut payer, alors qu’au final, la vue est quasiment la même que depuis le village. Tant pis, cela nous a tout de même permis de nous promener.
Après cette balade, nous reprenons la route en direction de la frontière entre l’Argentine et la Bolivie, en faisant plusieurs arrêts dans les petits villages que nous traversons. Le principal s’appelle Humahuaca, et nous en profitons pour nous balader dans le centre et manger dans notre dernier restaurant en Argentine, car la frontière approche rapidement.
Nous prenons notre temps, car nous sommes dimanche, et décidons finalement de partir seulement le lendemain. Nous trouvons donc un spot assez tôt dans la journée et profitons du temps pour prendre une douche au soleil, faire un apéro et même nous accorder un petit film, puisque nous captions le réseau. Car le lendemain, c’est bye-bye l’Argentine.
Après une nuit au chaud, nous voilà repartis avec une surprise : Celso ne veut plus coopérer. Impossible de passer la marche arrière, et pour avancer, il faut garder le pied au plancher. On ne panique pas et on se dit que cela vient sûrement du filtre à diesel. Le carburant en Amérique du Sud est de mauvaise qualité, donc cela correspondrait bien au problème. De plus, les symptômes de Celso sont similaires à ceux que nous avions eus il y a cinq mois, lorsque nous avions dû changer le filtre à diesel.
Nous trouvons donc un garage qui accepte de nous remplacer le filtre à diesel, et nous repartons avec, cette fois, toute la puissance retrouvée.
Nous empruntons ensuite la mythique Route 40 en direction des Grandes Salines, un lac de sel situé en Argentine. Moins impressionnant que le salar d’Uyuni, mais cela reste un endroit à voir. La route de ripio est terrible et, une fois arrivés aux salines, impossible d’y accéder sans guide. Nous jugeons que cela ne vaut pas la peine, sachant que nous allons refaire le salar d’Uyuni, et nous continuons notre route vers Purmamarca, un village situé dans la région de Jujuy, entouré de montagnes aux multiples couleurs, dont le célèbre Cerro de los Siete Colores.
Nous visitons le village avec étonnement, car il tourne uniquement autour du tourisme : des marchands, des boutiques de souvenirs et énormément de touristes. Nous partons ensuite chercher un spot pour la nuit, proche du village, afin de pouvoir découvrir le Cerro de los Siete Colores le lendemain. Nous trouvons un spot très sympa, qui nous a demandé de traverser une rivière au pied des falaises.
Cette troisième journée était clairement moins sympa que les deux précédentes.
On se réveille après une nuit très fraîche, entrecoupée par le froid, et on émerge assez tard dans la matinée à cause du froid. Arnaud avait repéré sur iOverlander un village qui proposait des douches chaudes, donc on se dit qu’on va éviter la douche froide et foncer là-bas.
Sauf qu’une fois arrivés, rien ne se passe comme prévu. On demande pour les douches, on nous renvoie vers le camping du village. On s’y rend, mais le camping est complètement vide, fermé, il n’y a pas un chat. On retourne alors à la mairie pour demander si quelqu’un peut ouvrir, ils nous disent que oui, pas de souci, quelqu’un va venir. On retourne donc au camping, on attend une vingtaine de minutes… mais personne n’arrive.
On repart donc frustrés, un peu énervés, et surtout toujours pas lavés. À ce moment-là, on aime bien dire que notre barre de Sims était clairement dans le rouge. On fait un petit stop un peu plus loin pour une toilette de chat rapide et on reprend la route, mais la journée est déjà bien entamée.
Il est déjà 14h quand on continue la mythique route 40, une piste en ripio. Et là, on commence rapidement à prendre de l’altitude : 3000, 4000, puis 4500 mètres. On sent aussi que Celso perd clairement en puissance, surtout à bas régime. La route est sinueuse, parfois exposée, avec des passages de rivière et beaucoup de vide sur les côtés, donc il faut rester concentrés. Mais malgré ça, les paysages sont absolument incroyables.
On en prend plein les yeux tout au long de la montée, jusqu’à atteindre un col à 4800 mètres d’altitude, probablement notre plus haut passage avec la voiture jusqu’ici. On s’arrête pour quelques photos… mais à peine sortis, c’est une tornade de vent, littéralement à décorner les bœufs. On ne traîne pas trop dehors, on rigole de la situation, on prend quelques clichés et on redescend dans la vallée.
On arrive ensuite à San Antonio de los Cobres, où on décide de s’offrir un peu de confort après cette journée compliquée. On prend une nuit en hostel pour pouvoir se laver et surtout dormir au chaud, parce qu’ils annonçaient -4°C au minimum, donc clairement pas une nuit pour camper.
Mais même là, petite galère supplémentaire : dans notre chambre, la douche n’est pas chaude. On signale le problème au propriétaire, très gentil, qui nous propose d’utiliser une autre chambre où l’eau est chaude. Mission finalement réussie.
On retient surtout que rien n’est simple sur la route, et que quand une journée commence mal, elle a tendance à s’acharner… mais au final, on s’en sort bien. Douche chaude, nuit au chaud, et on est prêts à repartir le lendemain vers le nord de l’Argentine, en direction de la frontière bolivienne.
On repart de notre spot et on continue la route de la boucle sud de Salta. Cette fois-ci, direction le parc national Los Cardones, un parc connu pour ses cactus géants et ses paysages assez uniques, entre grands canyons façon western, terre rouge et champs de cactus à perte de vue. L’ensemble donne un décor vraiment splendide. On profite bien de la traversée du parc, en prenant le temps d’admirer les points de vue.
À midi, on fait une pause dans un petit village du coin pour se sustenter avec quelques empanadas. Franchement, elles sont excellentes, parfaites pour casser la croûte avant de reprendre la route.
L’après-midi, on continue la boucle en longeant une rivière, à la recherche d’un spot pour la nuit. Et là, Bérénice, en tant que copilote, repère un endroit qui semble intéressant. Habituellement on s’aide de l’application IOverlander, mais cette fois-ci on se la tente en autonomie.
Et grosse surprise : non seulement on trouve un spot incroyable pour passer la nuit, mais on tombe aussi sur une grotte abandonnée, ancien site classé UNESCO, avec des peintures ancestrales encore visibles. Le tout est entouré de cactus, en plein canyon, complètement isolé du monde. Le soleil est encore là, on profite à fond de ce lieu hors du temps, et clairement chapeau à Bérénice pour cette trouvaille.
La nuit est en revanche très froide, on dort moyen… mais honnêtement, les paysages et ce qu’on a découvert valent largement le coup.
On est de retour en Argentine après nos deux semaines à explorer la Bolivie avec les parents de Bérénice. Le trajet en bus depuis Santa Cruz jusqu’à Salta s’est globalement bien passé, même s’il a été long : deux jours au total. On avait une escale d’une journée à Tarija en Bolivie, ce qui nous a permis de couper le voyage et surtout de nous reposer un peu, parce que le premier bus n’était vraiment pas des plus confortables. Le deuxième, en revanche, était beaucoup plus agréable et on a dormi comme des loirs.
On est ensuite bien contents de retrouver Celso et notre camping chez Franck à Salta. On décide d’y rester une nuit pour souffler, faire le point sur tout ce qu’il faut remettre à jour courses, essence, lessive et repartir sur de bonnes bases.
Le lendemain, on se remet en route pour attaquer la boucle sud de Salta, une route bien connue des voyageurs qui promet des paysages absolument splendides. On en avait déjà parcouru une partie auparavant, mais sans vraiment prendre le temps de s’arrêter, sachant qu’on reviendrait. Cette fois-ci, on profite vraiment : on traverse de grands canyons de terre rouge, c’est magnifique.
Dans l’après-midi, on s’offre une pause un peu différente avec la visite d’une bodega perdue au milieu de nulle part, en pleine campagne argentine. L’endroit est super sympa, et on en profite pour goûter différents vins, notamment du Malbec et du Cabernet Sauvignon. Honnêtement, le vin argentin, surtout le Malbec, est assez puissant et ce n’est pas forcément à notre goût, mais ça valait le coup de visiter cette bodega.
Et pour finir la journée, on se trouve un spot tranquille juste après la bodega. On profite du soleil, on se régale, et ça fait vraiment du bien de retrouver cette vie de nomade.
Après une nuit un peu compliquée pour Arnaud et Bérénice à cause d’un lit pas vraiment confortable, nous prenons le petit déjeuner avant de nous préparer pour notre excursion dans l’Amazonie.
Nous faisons alors la connaissance de notre guide. À 58 ans, il est le président des guides du village et vit ici depuis près de 50 ans. Originaire de Potosí, il parle espagnol et quechua, avec un accent très marqué qui rend parfois les échanges complexes mais cela ne nous empêche absolument pas de passer un bon moment.
Armé de sa machette, il ouvre parfois le passage entre les racines et la végétation dense, autant pour faciliter le chemin que par sécurité.
Nous partons pour une randonnée à travers la jungle jusqu’à une cascade. Sur le trajet, nous découvrons plusieurs piscines naturelles dans lesquelles nous décidons de nous baigner. L’eau est glacée, mais cela ne nous empêche pas de sauter dedans, rire et profiter du moment.
Tout au long de la marche, notre guide nous explique la biodiversité qui nous entoure, les plantes locales et la vie dans cette région reculée. Nous traversons également plusieurs rivières et profitons d’une immersion totale dans cette nature sauvage.
Malheureusement, nous ne croisons aucun animal. Apparemment, il est pourtant possible d’apercevoir des singes-araignées dans les environs. Ce sera pour une prochaine fois.
Nous retournons ensuite au camp pour déjeuner. Le repas, préparé par une adorable dame du village, nous fait un bien fou après cette matinée d’aventure.
Mais il est déjà temps pour nous de repartir vers Santa Cruz de la Sierra, puisque les parents de Bérénice doivent prendre leur vol retour pour la France le lendemain.
Et qui dit retour à la voiture, dit refaire le parcours du combattant… dans l’autre sens.
Cette fois-ci, hors de question de traverser la rivière pieds nus. Les pierres nous avaient suffisamment détruit les pieds à l’aller, alors nous gardons nos chaussures malgré l’eau.
Une fois de retour à “Grenouille”, notre fidèle voiture de location, nous prenons la route vers Santa Cruz avec une longue liste de missions à accomplir avant de rendre le véhicule : trouver un Airbnb, nettoyer entièrement la voiture qui, après plusieurs jours d’aventure était dans un état catastrophique, remettre de l’essence, regonfler les pneus, faire quelques courses et passer chez Entel, l’opérateur téléphonique local car nous n’avions plus aucun réseau.
Pour gagner du temps, nous séparons le groupe en deux et terminons toutes ces tâches seulement vers 20h.
Comme si la journée n’avait pas été assez mouvementée, nous décidons également de lancer des lessives… avec une machine à laver complètement incontrôlable.
Je pense que personne n’oubliera la scène où Sylvie se retrouve à retenir la machine pendant l’essorage pour éviter qu’elle ne traverse littéralement l’appartement et termine au sous-sol tant elle vibrait dans tous les sens.
Une fois prêts, nous descendons dîner dans le restaurant situé au pied de l’immeuble. Sur le papier, l’endroit semblait très prometteur niveau marketing… mais la réalité était bien différente.
Les plats étaient extrêmement gras, servis en quantités gigantesques, comme si nous n’avions pas mangé depuis une semaine. Fait rarissime : absolument personne n’a réussi à terminer son assiette.
Nous rentrons finalement à l’appartement pour préparer le grand départ du lendemain avec un petit pincement au cœur pour Bérénice à l’idée de voir ses parents repartir.
Ce matin-là, nous nous réveillons avec un magnifique lever de soleil sur le lac, visible directement depuis les grandes baies vitrées de notre cabane.
Nous quittons Corani en direction de Villa Tunari, sans imaginer une seule seconde ce que cette journée allait nous réserver. Grâce à Arnaud, cette simple étape va rapidement se transformer en une aventure complètement improbable, au point où personne, en se levant ce matin-là, n’aurait imaginé traverser une rivière pieds nus en pleine Amazonie bolivienne.
Avant ça, nous faisons tout de même une pause à Villa Tunari pour déjeuner au marché central. Un repas complet, local et délicieux pour à peine 1,50 € : difficile de faire mieux.
Nous profitons également d’être en ville pour faire le plein d’essence. Coup de chance : la station-service affichait “fermée” et ne servait plus les habitants à cause des restrictions, mais acceptait encore les voyageurs.
C’est ensuite qu’Arnaud déniche sur IOverlander un hôtel complètement atypique, perdu aux portes de l’Amazonie bolivienne. Mais pour y accéder, rien n’est simple.
Notre interlocuteur nous donne d’abord rendez-vous à un point précis où un homme doit nous attendre pour nous indiquer la suite du chemin. Une fois sur place, cet homme nous envoie vers une autre personne censée nous aider à traverser une rivière. Arrivés à la rivière, un troisième contact nous attend finalement pour assurer la dernière partie du trajet en 4×4.
À ce moment-là, on comprend qu’on est vraiment partis dans quelque chose de totalement hors du commun.
Nous commençons par emprunter une piste off-road avec “Grenouille”, le surnom que nous avons donné à notre voiture de location. Puis vient le moment le plus improbable : traverser une grosse rivière… pieds nus avec nos sacs à dos de backpakeur, car aucun véhicule classique ne peut passer.
De l’autre côté nous attend un énorme 4×4 V6, prêt à nous emmener au bout du parcours, au cœur d’une zone reculée, sauvage et quasiment inaccessible.
Après cette véritable chasse au trésor grandeur nature, nous arrivons enfin à l’hôtel. Et nouvelle surprise : nous dormons tous les quatre dans la même chambre, composée d’un lit double et de deux lits simples.
L’endroit est totalement ouvert sur la nature : pas de fenêtres, pas de volets, seulement des moustiquaires autour des lits. Nous avons presque l’impression de dormir à la belle étoile, en plein milieu de la jungle. Ici, pas d’eau chaude non plus, l’établissement fonctionnant selon un modèle d’écotourisme.
Dans le prix de la nuit est incluse une excursion guidée d’une demi-journée dans l’Amazonie prévue pour le lendemain.
Le soir, nous mangeons directement sur place puisque les repas sont compris, puis nous terminons la soirée autour de quelques parties de cartes. Sans réseau, sans distractions, perdus au milieu de nulle part, l’ambiance est assez unique.
Pour résumer cette journée totalement imprévue : c’était complètement fou.
Nous gardions encore l’espoir que la situation se calme et que nous puissions finalement remonter jusqu’à La Paz. Mais au fil des jours, les tensions restaient toujours aussi fortes. Nous décidons donc de reprendre la route vers Santa Cruz de la Sierra, puisque c’est là-bas que les parents de Bérénice doivent prendre leur vol retour pour la France. À l’origine, ils devaient rejoindre Santa Cruz depuis La Paz avec un vol intérieur, mais les circonstances en auront décidé autrement.
Après une bonne nuit de sommeil à Cochabamba, nous repartons vers 9h, sans véritable plan pour les jours suivants. Nous savons simplement qu’il faut impérativement être à Santa Cruz le 15 mai.
Sur la route, nous découvrons un petit lac nommé Corani. Certes, nous ne verrons finalement pas le lac Titicaca, mais ce lac entouré de montagnes verdoyantes nous offre malgré tout un décor magnifique.
Tout autour du lac se trouvent de petites cabanes en bois à louer. Nous nous arrêtons devant l’une d’elles, typique et pleine de charme, pour demander s’il reste une disponibilité pour le soir même. Par chance, les propriétaires ont justement une cabane libre.
Nous décidons donc de poser nos sacs ici pour la nuit.
Les propriétaires nous recommandent ensuite un restaurant spécialisé dans la truite élevée directement dans le lac. Pour y accéder, ils nous appellent un petit bateau afin de traverser jusqu’à l’autre rive, où se trouve le restaurant, juste en face de notre cabane.
Une journée totalement improvisée, comme souvent dans ce voyage : quelques heures plus tôt, nous étions sur la route sans savoir où dormir, et nous voilà finalement à traverser un lac en bateau pour déguster un plat typique bolivien face à un paysage incroyable.
Nous partageons un énorme “pique” version poisson : un mélange généreux de frites, de truite, de fromage et de légumes. Un vrai régal, encore meilleur avec la terrasse donnant sur le lac et le beau temps qui nous accompagne toute la journée.
En fin d’après-midi, nous repartons en expédition dans le village voisin pour trouver de quoi manger le soir. Après plusieurs recherches, nous revenons avec du riz, du poulet, des oignons, quelques bières et des bananes.
Le poulet étant prévu pour le barbecue, nous devons aussi trouver du bois. Nous finissons par acheter quelques bûches chez un habitant du coin. Comme souvent ici, chaque petite tâche devient une aventure.
Entre le bois humide, l’altitude et le froid, allumer le feu se transforme rapidement en véritable combat. Nous essayons à la fois de lancer le barbecue et le feu de cheminée, mais rien ne prend correctement. Après presque trois heures d’efforts, nous abandonnons finalement l’idée du barbecue pour terminer la cuisson… directement dans la cheminée de la cabane.
Encore une première pour nous.
Au final, nous réussissons quand même à manger avant de nous écrouler dans un énorme sommeil après cette journée aussi improbable qu’inoubliable.
La situation ne semblait pas s’apaiser, bien au contraire : elle empirait de jour en jour. Toutes les routes menant à La Paz étaient désormais complètement bloquées par les manifestants. Nous avons donc pris la décision de modifier notre itinéraire et de faire une croix sur La Paz ainsi que sur le lac Titicaca.
Nous partons alors très tôt le matin en direction de Cochabamba, une ville située au centre de la Bolivie, reliant La Paz à Santa Cruz de la Sierra. Sur le site gouvernemental bolivien, les routes bloquées sont répertoriées en temps réel. Au moment de notre départ, un seul barrage était indiqué sur notre trajet. En arrivant sur place, impossible de passer : un véritable mur composé de pierres, de terre, de ferraille et de branches d’arbres bloquait totalement la route.
Nous tentons de négocier avec les manifestants, mais ils ne veulent rien entendre. Certains deviennent même menaçants, armés de lance-pierres. Hors de question pour autant d’abandonner. Bérénice trouve alors un itinéraire alternatif grâce à l’application IOverlander. Mais ce détour n’est pas gratuit : les habitants des chemins de traverse avaient installé des barrières de fortune avec des tonneaux et réclamaient de l’argent pour laisser passer les véhicules.
Nous essayons de discuter, mais très vite nous comprenons que la négociation est perdue d’avance. Nous payons donc pour pouvoir continuer notre route. Deux passages de ce type seront nécessaires avant de réussir à contourner le barrage principal.
Après plus d’une heure de détour, nous retrouvons enfin la route principale, soulagés et persuadés d’avoir passé le seul blocage du trajet. La route grimpe alors à plus de 4 500 mètres d’altitude sur une simple double voie. C’est assez fou de se dire qu’on peut atteindre une telle altitude avec un accès aussi “facile”, surtout quand on compare avec les routes de montagne en France.
Mais notre soulagement est de courte durée. Quelques kilomètres plus loin, nous tombons sur le début d’un nouveau barrage en cours de construction. Des paysans jetaient des pierres sur la voie rapide, créant une situation particulièrement dangereuse. Steeves a dû freiner brusquement pour éviter un accident.
Cette fois, impossible de négocier : les manifestants nous ignorent totalement malgré plusieurs tentatives. Sans perdre de temps, Bérénice reprend son rôle de cartographe improvisée et repère un chemin de terre permettant de contourner la zone. Nous faisons alors demi-tour… en sens inverse sur la voie rapide. Une première pour nous tous.
Le chemin alternatif s’avère particulièrement technique pour notre véhicule : route étroite, virages en épingle, traversées de rivières et fortes pentes. Pendant que tout le monde stressait à bord, Steeves, lui, semblait presque s’amuser au volant.
Finalement, nous arrivons à Cochabamba après 6h30 de route au lieu des 3h30 prévues initialement. Comme nous étions partis à l’aube, il n’était que 13h à notre arrivée, ce qui nous laissait encore l’après-midi pour profiter un peu de la ville.
Nous récupérons un Airbnb réservé le matin même pendant le trajet, déposons nos affaires, puis Arnaud et Steeves profitent de la piscine sur le rooftop avant de partir explorer la ville.
Nous visitons notamment le Christ de la Concorde qui, anecdote surprenante, est plus grand que celui de Rio de Janeiro. Nous découvrons ensuite le centre-ville, sa place principale, puis terminons la journée dans un bar à tapas tenu par un expatrié espagnol.
Après cette journée intense, nous rentrons épuisés à l’appartement, déjà plongés dans les réflexions sur la suite de notre aventure.
On quitte Uyuni avec des étoiles plein les yeux, direction Oruro.
En arrivant, on profite du coucher de soleil pour prendre le téléphérique et franchement… le spectacle était magnifique. Un ciel orange incroyable, encore un moment où on en prend plein les mirettes.
Petite anecdote sympa : le téléphérique est de la marque Poma et les cabines ont été fabriquées à Veyrins-Thuellin, en Isère, pas très loin de chez nous 😅
Le soir, on se fait une bonne pizza avant de réfléchir à la suite du voyage. Car en ce moment, la Bolivie traverse une grosse période de grèves et de blocus. Les routes autour de La Paz sont toutes bloquées, et c’était justement notre prochaine étape.
On décide donc de changer nos plans et de repartir progressivement vers Santa Cruz, en espérant que la situation se calme.
On reste finalement une journée de plus à Oruro pour souffler un peu : lessive, essence, courses, retrait de cash… une journée simple mais utile avant de reprendre la route.
La Bolivie est magnifique, mais clairement, elle nous donne un peu de fil à retordre !
Le Salar d’Uyuni, toi qui nous a tant charmés.
Le Salar d’Uyuni fait clairement partie de nos plus gros highlights du voyage. Je crois que les photos parlent d’elles-mêmes. Ce fut une journée incroyable, avec des paysages totalement irréels.
On embarque le matin à 10h30 pour une journée qui restera gravée dans nos mémoires.
Premier stop : le cimetière de trains. La région d’Uyuni est connue pour ses nombreux minerais. À l’époque, ils utilisaient des trains à vapeur pour acheminer les ressources depuis les montagnes alentours. Avec le temps, les réparations sont devenues trop coûteuses, alors ils ont été remplacés par des trains à combustion. Aujourd’hui, ces vieilles locomotives servent principalement d’attraction touristique.
On reprend ensuite la route vers les zones de production de sel. On découvre toutes les étapes : du séchage jusqu’à la mise en sachet finale. Tout est encore fait de manière artisanale. On apprend aussi qu’ils utilisent des blocs de sel pour construire des bâtiments ou même des meubles. C’est un matériau très noble ici, qu’on retrouve notamment dans certains hôtels 5 étoiles.
Au passage, Steeves perd ou se fait voler sa casquette Lexus et se retrouve contraint d’acheter une magnifique casquette locale 😅 Je vous laisse admirer ça sur les photos.
Puis vient l’heure du déjeuner. On part se perdre au beau milieu du Salar et notre guide nous dresse la table dans ce décor complètement fou. Honnêtement, on n’a jamais mangé dans un endroit aussi idyllique. On se régale autant avec les yeux qu’avec l’assiette.
Après ce bon repas, direction un petit sanctuaire de statues construites en briques de sel. Ça fait une chouette balade digestive et quelques photos sympas.
On reprend ensuite la route pour les fameuses photos de touristes. On se prend complètement au jeu et on rigole bien. Une vidéo de ce moment fun est sur les réseaux de Bérénice… ça vaut le détour 😅
Puis arrive enfin le moment du coucher de soleil. On se dirige vers la partie du Salar recouverte d’eau pour découvrir ce fameux effet miroir naturel.
Et là… la claque.
C’est absolument somptueux. Les couleurs sont folles. Le guide nous prépare un petit apéro pour profiter du moment. Le temps semble complètement suspendu. C’est, de loin, l’un des plus beaux couchers de soleil qu’on ait vus depuis le début du voyage.
On rentre à Uyuni avec des souvenirs plein la tête… et les visages bien rouges aussi 😅 Le soleil tapait fort ce jour-là.
Pour finir cette journée parfaite, on retourne au restaurant de brochettes de la veille parce qu’on avait adoré. Et franchement… c’est toujours aussi bon.
Notre arrivée sur Uyuni se fait après une route absolument magnifique. On traverse des paysages de toutes les couleurs : des canyons, des montagnes andines, de la terre ocre… c’est un vrai rêve éveillé. On aperçoit pour la première fois du voyage de véritables lamas sur le bord de la route. On fait quelques arrêts pour profiter de ces paysages à couper le souffle.
On arrive à Uyuni en début d’après-midi et on découvre une ville qui vit principalement pour le salar d’Uyuni. On ressent immédiatement toute la culture bolivienne.
On déjeune puis on s’attelle l’après-midi à réparer la voiture de location, car cela fait trois jours que, lorsque l’on freine, il y a un bruit de raclement. On pense d’abord que c’est dû à un caillou coincé dans le système de freinage. On trouve un mécanicien en demandant aux locaux et il s’occupe de nous directement. Il démonte la roue et là, surprise générale : les plaquettes sont complètement finies. Il était grand temps de les changer.
Et oui, en Bolivie, on peut louer une voiture et se retrouver à changer les plaquettes soi-même en plein milieu du voyage. On fait le tour des boutiques pour trouver les bonnes plaquettes : bingo. On les ramène au mécano qui les installe. Tout se passe bien, mais un boulon de la roue refuse de se revisser. On repart alors faire le tour des boutiques de pièces mécaniques et on finit par trouver ce qu’il faut.
On revient, ça fonctionne, et là il faut remettre du liquide de frein. Rebelote, on retourne dans les boutiques, et cette fois c’est tout bon. On envoie la facture totale au loueur de voiture et on repart sur de bonnes bases pour la fin du voyage.
Arnaud en profite pour être en ville et se faire une petite coupe de cheveux avant de profiter de Uyuni by night. Demain c’est la grande excursion au Salar et on a très hâte.
On termine notre journée à Sucre par un restaurant gastronomique bolivien. Au programme : 10 plats accordés avec 5 verres de vin. On se régale et surtout on découvre plein de spécialités locales. Bon… ça reste différent d’un gastro français, mais l’expérience était vraiment sympa.
Le lendemain, direction Potosí. Sur la route, on s’arrête voir un superbe pont avec un petit château, un endroit assez inattendu au milieu du trajet.
En arrivant à Potosí, on remarque tout de suite que l’ambiance est différente de Sucre. La ville paraît plus pauvre, avec beaucoup de maisons non crépies, mais il y a une vraie vie dans les rues et une bonne atmosphère.
On décide alors de partir explorer le marché central et le centre-ville. Et là, surprise : c’est jour de fête. La ville célèbre les 200 ans de son école, donc fanfare, musique et défilés animent les rues.
On goûte quelques spécialités locales, avec un bon choripán pour le midi accompagné d’une glace.
Puis retour au Airbnb pour se poser un peu, parce qu’à 4000 mètres d’altitude, on sent clairement que les organismes travaillent 😅
Journée consacrée à la découverte de Sucre, une ville au charme colonial qui nous a immédiatement séduits par son atmosphère paisible et ses façades blanches impeccablement entretenues.
Nous commençons la matinée par le marché central, véritable cœur vivant de la ville. On y trouve absolument de tout : fruits exotiques, légumes, viandes, épices, mais aussi des vêtements, des produits du quotidien et même quelques stands de fournitures en tout genre. L’ambiance est animée, les odeurs se mélangent et les vendeurs interpellent les passants dans une atmosphère typiquement bolivienne. Nous en profitons pour goûter un jus de fruits frais préparé directement devant nous. Le marché propose également de nombreux petits stands pour manger sur place, mais le jus nous avait déjà bien calé pour la matinée.
Nous poursuivons ensuite notre balade dans les rues du centre historique. Au fil des ruelles, nous découvrons de magnifiques bâtiments coloniaux, des églises et de nombreuses façades colorées parfaitement restaurées. Ce qui nous frappe le plus, c’est l’entretien irréprochable des bâtiments : tout semble propre, repeint et soigneusement conservé, donnant à la ville un charme très élégant.
Notre promenade nous mène jusqu’au Parque Simón Bolívar, un agréable espace vert apprécié des habitants, avant de rejoindre la célèbre Plaza 25 de Mayo, véritable centre névralgique de la ville entouré de bâtiments historiques et de cafés.
Pour le déjeuner, impossible de passer à côté d’un sandwich au chorizo, l’un des snacks typiques du coin. Simple mais délicieux, et surtout incroyablement abordable : à peine 2 euros pour un repas généreux.
Nous terminons la journée par la visite du Museo San Felipe de Neri, un ancien couvent offrant de superbes points de vue sur les toits blancs de Sucre et une atmosphère calme qui contraste parfaitement avec l’animation du marché du matin.
Réveil à 6h30 pour un départ à 8h depuis notre Airbnb : une grosse journée de route nous attend. Le GPS annonce déjà 7 heures de trajet, sans compter les petites péripéties du voyage.
Après une heure et demie de route, à l’entrée d’un village, nous sommes arrêtés : la route principale est fermée à cause d’une fête locale. On assiste alors à un défilé d’écoles, avec des uniformes plus élégants les uns que les autres, accompagné d’une fanfare. Résultat : une trentaine de minutes perdues… mais finalement, cela nous aura surtout permis de profiter un peu plus de la culture locale.
Au fil des kilomètres, les paysages deviennent de plus en plus arides. Nous nous éloignons progressivement de l’Amazonie bolivienne, tandis que la température grimpe jusqu’à atteindre 35°C. Après 5h30 de route, nous arrivons enfin à Sucre… avec une belle surprise à l’entrée de la ville : une grève des transports bloque complètement les accès avec des camions en travers de la route.
Le seul moyen d’atteindre notre logement ? Zigzaguer façon Mario Kart : sens interdit, trottoirs, passages improvisés et un bon mode 4×4 activé. Une entrée en ville mémorable !
Une fois installés, nous repartons aussitôt pour admirer le coucher de soleil depuis un mirador. Malheureusement, nous arrivons avec seulement 30 secondes de retard… mais nous avons tout de même pu profiter des dernières lueurs du soleil sur la ville.
Aujourd’hui, objectif : le parc national Amboró. Sauf que petit détail oublié… il faut obligatoirement un guide et on a pas prévu ça 😅
On se met donc en mission dès le matin pour en trouver un à Samaipata. Après quelques pistes (station essence, moto taxis…), on finit par demander à un café sur la place centrale. La patronne nous sort plusieurs cartes de visite, on tente un numéro… et jackpot : Simon est dispo dans 20 minutes.
Franchement, on ne galère pas tant que ça. Un peu à l’arrache, mais ça fait partie de l’aventure, et on aime bien ce côté débrouille.
On part avec lui direction le parc, après une bonne heure de piste. Heureusement qu’il fait beau, parce que la route est déjà bien abîmée… avec la pluie, ça aurait été mission impossible avec notre 2 roues motrices.
On arrive à l’entrée et c’est parti pour 3 heures de rando en pleine jungle. On découvre un environnement incroyable, avec notamment Los helechos Gigantes, ces fougères géantes qui peuvent monter jusqu’à 6 mètres. Simon nous partage plein d’infos, on apprend énormément.
On termine par un mirador avec une vue magnifique sur toute la région. Clairement, la Bolivie est bourrée de ressources.
De retour à Samaipata, on teste un petit resto au-dessus du marché : ambiance locale, plein de stands… et une addition imbattable. 12€ à 4, boissons comprises, difficile de faire mieux.
On enchaîne avec quelques courses dans le marché central pour le barbecue du soir (asado en préparation 🔥), puis une après-midi chill : sieste, blog, repos… ça fait du bien.
Le soir on se régale. Et demain… 7 heures de route direction Sucre.
On commence la journée comme il se doit : un petit-déj de roi dans un café juste à côté de l’appart. Gaufres, brioche perdue, fruits… clairement, on se régale. Ça met dans le mood direct.
Ensuite, direction la place du 24 Septembre, le cœur de Santa Cruz. C’est un peu le passage incontournable de la ville, avec une belle ambiance et des monuments très sympas. On prend le temps de s’y balader, de profiter, c’est simple mais efficace.
L’après-midi, changement total de décor : cap sur le parc régional des Lomas de Arena. Et là… la route annonce la couleur. Boue, sable, flaques… pas vraiment le terrain de jeu idéal pour notre 2 roues motrices (la grenouille). Mais Steeves gère ça comme un chef et on avance sans se planter.
Le garde du parc nous conseille quand même de s’arrêter avant la fin de la piste et de terminer à pied. Bonne décision : en voyant un 4×4 bloqué dans une énorme flaque, on se dit qu’on a bien fait 😅
On arrive finalement aux dunes, et là… gros coup de cœur. Une ambiance à la Dune du Pilat, sans l’océan, mais avec des paysages magnifiques. Soleil, vue incroyable, petit moment chill… et initiation au maté pour Steeves et Sylvie.
Puis vient le moment de reprendre la route direction Samaipata… et là, c’est une autre histoire. Un camion bloqué en travers, une route défoncée après la pluie, un énorme embouteillage… bref, une vraie ambiance “route de l’extrême”. On finit par rouler de nuit (pas l’idéal), mais on arrive entiers.
Et pour conclure cette grosse journée : burger et croque-monsieur en ville. Parfait pour recharger les batteries avant l’excursion du lendemain dans le parc national Amboró et sa jungle amazonienne.
Réveil à 7h, et pourtant on est loin d’imaginer la journée qui nous attend…
On se prépare et premier combat du jour : réussir à trouver un Uber qui n’exige pas du cash alors qu’on a déjà payé via l’appli. Finalement, on retombe sur le même chauffeur que la veille, plutôt drôle. Entre-temps, Bérénice reçoit un message de sa mère : ils ont atterri et attendent de passer les contrôles. Petit stress de les rater, mais on arrive à temps à l’aéroport… et même avec 20 minutes d’avance.
Puis vient le moment : on aperçoit d’abord Steeves, puis Sylvie… et là, c’est l’émotion. Les retrouvailles, les câlins, tout y est. Les photos parlent d’elles-mêmes.
Ensuite, direction Europcar pour récupérer la voiture… et là, début des galères. Carte de crédit obligatoire pour la caution, sauf qu’on n’en a pas. Gros moment de panique. Et puis, éclair de génie : Arnaud se souvient d’Antonio, un Bolivien rencontré… dans un sauna la veille (oui oui 😅), qui nous avait dit de ne pas hésiter à le contacter.
On l’appelle, il nous oriente vers un loueur qui accepte le cash. Sur le papier, ça semble simple… en réalité, c’est une autre histoire. Il faut trouver du liquide, Antonio insiste à faire un transfert en dollars pour qu’il nous donne des pesos avec un meilleur taux… sauf que la transaction crypto ne fonctionne pas. Direction la banque, où une de nos cartes est bloquée. On doit retirer avec plusieurs cartes, bricoler comme on peut.
Entre deux galères, on achète des cartes SIM… 2 sur 3 ne fonctionnent pas. Le tout dans un marché local, accompagnés par le loueur qui est venu nous chercher directement à l’aéroport.
Bref, après plus de 8 heures de galère, on finit enfin par récupérer une voiture et rejoindre l’Airbnb. Petite douche rapide… puis on repart déjà au marché pour comprendre pourquoi nos cartes SIM ne marchent pas.
Une journée longue, intense… mais mémorable 😅
Après deux jours de bus dont 22 heures passées presque sans interruption à bord nous finissons enfin par arriver à Santa Cruz de la Sierra. L’arrivée n’est pas de tout repos : sans carte SIM ni argent liquide, la situation se complique rapidement. Ici, on comprend vite que tout fonctionne essentiellement en cash, ce qui peut devenir un vrai casse-tête.
Heureusement, entre persévérance, un peu de chance et le fait qu’Arnaud parle très bien espagnol, nous réussissons à commander un Uber l’un des rares à accepter un paiement sans espèces qui nous conduit jusqu’à notre Airbnb.
Nous arrivons avec un jour d’avance sur les parents de Bérénice, attendus le samedi matin. Après ces deux jours éprouvants, on prend le temps de souffler. Cette expérience nous confirme d’ailleurs une chose : le backpacking, ce n’est clairement pas la manière de voyager qui nous correspond le mieux… et on est d’autant plus reconnaissants d’avoir Celso avec nous.
On s’accorde donc une journée off bien méritée : un peu d’administratif, beaucoup de repos, et même quelques moments de détente à la piscine et à l’espace bien-être de l’immeuble avec sauna et hammam. On termine la journée tranquillement devant un film avant d’aller se coucher tôt.
Demain, réveil matinal : on a prévu une surprise pour les parents de Bérénice en allant les récupérer à l’aéroport, alors qu’ils pensent simplement nous retrouver à l’Airbnb.
Aujourd’hui, on quitte Cafayate et on reprend la route direction Salta. L’échéance approche : on va bientôt retrouver les parents de Bérénice en Bolivie, alors on branche le câble et let’s go les kilomètres sans caler.
La route entre Cafayate et Salta est absolument splendide. On traverse des paysages incroyables, avec des parois montagneuses aux couleurs changeantes, presque irréelles par moments. Et au milieu de tout ça, petite scène inattendue : un troupeau de chèvres en plein milieu de la route. Typique, et parfait pour les souvenirs du voyage.
On arrive à Salta en fin de journée et direction la gare routière pourfendre nos tickets. On s’attendait à quelque chose d’un peu compliqué, mais finalement tout se fait assez simplement. Après quelques allers-retours entre compagnies, on finit par trouver notre billet : Salta à Tarija, en bus cama, donc avec sièges type lit. Confort validé. Ensuite, il faudra enchaîner avec un second bus jusqu’à Santa Cruz de la Sierra, où on retrouvera les parents de Bérénice.
Une fois les billets en poche, on se rend dans le camping où Celso séjournera pendant nos deux semaines en Bolivie. Sur place, on tombe sur des gens très sympas, et surtout un couple d’Australiens qui voyagent avec un Toyota Land Cruiser HDJ78 (Troopy), exactement le genre de véhicule qui nous fait rêver. On échange un bon moment avec eux, et ça nous donne des idées pour un prochain projet.
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